Pétrole : le rééquilibrage du marché en bonne voie, selon l’OPEP

Pétrole : le rééquilibrage du marché en bonne voie, selon l’OPEP
Par Nourredine B | 06 Janvier 2018 | 15:34

Le prix du panier de référence du brut de l`Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s`est établi jeudi à 66,13 dollars le baril, contre 65.12 dollars la veille, a indiqué vendredi  l'organisation sur son site web.

Introduit en 2005, le panier de référence de l'OPEP comprend quatorze (14)types de pétrole, dont le Sahara Blend (Algérie), l'Iran Heavy (Iran),Es-Sider (Libye), Basra Light (Irak), Bonny Light (Nigeria), Arab Light(Arabie Saoudite), Girassol (Angola) et le Mery (Venezuela). Il est utile de noter que jeudi, les cours du pétrole maintenaient leur hausse en fin d'échanges européens, les deux références du marché évoluant à des niveaux élevés alors que les réserves américaines de brut ont reculé la semaine dernière.

Les cours de l'or noir, qui avait atteint mercredi leur plus haut niveauen clôture depuis décembre 2014, ont continué de grimper jeudi pour atteindre leur plus haut en séance depuis mai 2015 en matinée à 68,27 dollars le baril de Brent et 62,21 dollars le baril de WTI.

Le marché scrute par ailleurs les producteurs privés américains, qui profitent de la hausse des prix pour augmenter leur activité.La production américaine a ainsi atteint environ 9,7 millions de barils par jour, selon le rapport hebdomadaire du Département américain de l'Energie (DoE). Alors que la production américaine est pour l'instant dictée par les industriels du pétrole de schiste, les marchés devront à plus long terme garder un œil sur les exploitations offshore, alors que l'administration Trump a fait part jeudi de son intention d'ouvrir la quasi-totalité des eaux littorales des Etats-Unis.

Sous cet angle, un autre analyste, a prévenu que «Le processus va prendre du temps et n'aura pas d'effet sur l'offre de pétrole dans les deux prochaines années, mais, sur le long terme, il sera crucial», a-t-il fait remarquer.

Par ailleurs, le marché lorgne également la production mondiale, tiraillée entrel'effort de l'Opep et de ses partenaires, qui limitent leurs extractions pour faire remonter les prix.

Il est à rappeler, sur ce plan, que l'Opep et ses partenaires, dont la Russie, ont renouvelé, fin novembre, jusqu'à fin 2018 un accord de baisse de la production, qui vise à rééquilibrer le marché mondial et à redonner des couleurs aux prix du baril.

Pour rappel, l'Opep, dans son dernier rapport a indiqué qu’en 2018, laproduction de brut de l'Opep devrait atteindre 33,2 mb/j, un chiffresupérieur aux niveaux de production de cette année (32,8 mb/j), mais moins qu'anticipé jusqu'alors.

En novembre, la production de brut de l'organisation a baissé, selon le rapport qui précise que, les quatorze pays du cartel ont pompé un total de 32,45 mbj en novembre, soit 133.000 barils par jour de moins qu'en octobre.

Le déclin a surtout été marqué en Angola, en Arabie saoudite, au Venezuela et aux Emirats arabes unis.

La croissance de la demande mondiale de pétrole devrait pour sa part atteindre 1,51 mb/j en 2018 (contre une précédente prévision de 1,26 mb/j),pour atteindre 98,45 mb/j, estime par ailleurs l'Opep selon qui la demande a aussi été plus forte que prévu cette année.

Pour les pays non-Opep, l'offre devrait progresser de 0,99 mb/j pour atteindre un total moyen de 58,81 mb/j sur l'année 2018. La croissancedevrait encore être forte aux Etats-Unis avec l'essor des pétroles non-conventionnels.

L'Opep table toutefois dans l'ensemble sur "une nouvelle réduction desstocks mondiaux excédentaires, conduisant à un marché équilibré d'ici lafin 2018".

Le rapport a noté, par ailleurs, des "indications grandissantes sur le faitque le marché s'achemine tranquillement vers un rééquilibrage" sur fond de stocks en diminution, de demande saine et de tensions géopolitiques.

«Le processus de rééquilibrage du marché est en bonne voie, soutenu par des niveaux de conformité historiquement élevés de la part des pays participant» aux accords de limitation de la production, a  estimé, dans cette veine,  le secrétaire de l'organisation Mohammed Barkindo. 

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