Pas de trêve pour cause de présidentielle : la guerre à fleurets mouchetés continue entre Ahmed Ouyahia et Tayeb Louh

Pas de trêve pour cause de présidentielle : la guerre à fleurets mouchetés continue entre Ahmed Ouyahia et Tayeb Louh
Par Nabil Semyane | 07 Février 2019 | 17:23

La nécessité de faire bloc derrière la candidature du président Bouteflika pour un cinquième mandat, plus que jamais refusé par une opposition, qui n’entend pas faire dans la dentelle, est loin de mettre un sparadrap à la guéguerre fratricide entre le FLN et le RND.

On en a eu mercredi une éloquente démonstration lors du passage du ministre de la Justice  à l’APN pour défendre son amendement du dispositif de prévention et de lutte contre la corruption, s’en prenant sans jamais le citer  à son ennemi intime, Ahmed Ouyahia.

Les députés du RND, qui n’ont toujours pas digéré la spoliation de leur parti de son siège de sénateur à Tlemcen, ont enchaîné des interventions incisives  pour mettre en doute les propos de Tayeb Louh qui en Don quichotte anti-corruption, avait prévenu que « l’achat des consciences  et des voix pendant les élections sera combattu de façon résolue »

Et qu’il appliquera « les instructions du président de la République et je combattrai l’achat des consciences lors des élections, notamment en ce qui concerne le Conseil de la Nation, car le phénomène abîme la démocratie en Algérie ».

Dans ce qui semble être une pique toute destinée à Ahmed Ouyahia, qu’il ne porte pas particulièrement dans son cœur, Tayeb Louh soutien que « personne ne pourra bloquer cette démarche (lutte contre la corruption), par des déclarations ou des critiques ».

Dans la même veine et un brin menaçant, il ajoute « personne, qu’elle qu'elle soit ne  nous fera peur, ni nous bloquera, car nous avons la volonté politique et le peuple et le président nous soutiennent et nous ne reculerons pas ».

Il en remet une autre louche : « Ou on est engagé en tant qu’algériens avec la patrie et avec le président ou non, il faut une part d’audace dans certains cas sensibles, malgré les frustrations », poursuit le ministre de la Justice, visiblement à cran.

C’est donc la réponse du berger à la bergère quatre jours après qu’Ahmed Ouyahia avait encore dénoncé avec une violence du propos « la fraude » qui avait émaillé le déroulement des élections sénatoriales, accusant la Justice de Tayeb Louh d’avoir pris fait et cause pour le FLN qui aurait spolié le RND de plusieurs sièges au sénat.

Cette nouvelle passe d’arme à distance entre Ouyahia et Tayeb Louh constitue un nouvel acte  dans la guerre en sourdine qui oppose les deux hommes contraints à un mariage de raison  alors qu’ils ne sont pas fait l’un pour l’autre pour faire bon ménage.

L’élection présidentielle du mois d’avril  et le changement nécessaire du Gouvernement  viendra certainement mettre un point final à cette dissonance, signe du climat délétère qui prévaut au sommet d’un Etat tiré, aujourd’hui , à hue et à dia.  

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