Les chiffres douteux du mini bilan semestriel du gouvernement

Les chiffres douteux du mini bilan semestriel du gouvernement
Par Khidr Ali | 09 Aout 2011 | 18:19

Les services du Premier ministre ont, un peu, pris de court les observateurs, en publiant lundi des chiffres qui sont une sorte de mini bilan du gouvernement pour le premier trimestre 2011. L’exercice est peu inhabituel, dans les mœurs de communication du gouvernement, pour être suspect. Qu’est-ce qui motive en effet, ce surprenant souci de transparence.

Pour quoi Ouyahia, grand défenseur devant l’eternel des institutions légales, n'a pas attendu par exemple l’ouverture de la prochaine session parlementaire pour communiquer ses chiffres et, du coup, redonner un brin d’utilité à une Assemblée « bni-oui-ouiste ». D’autant plus qu’il n’y a pas urgence à rendre public ce mini bilan.

A moins que cet exercice de communication inédit ne réponde à des considérations occultes. Mais par delà la forme, c’est le contenu des ces chiffres qui pose problème. Et les rares spécialistes qui se sont exprimés hier ont exprimé leur incrédulité, sur la fiabilité de ces chiffres. Notamment celui relatif à la création d’emplois. Il est invraisemblable. 1.090435 emplois créés en six mois ! C’est une prouesse que mêmes les grandes puissances économiques, en phase de croissance, sont incapables de réaliser.

Un millions d’emplois en six mois pour un pays qui en compte dix, c’est énorme. A moins que tous les petits boulots occasionnels et précaires créés dans le cadre des dispositifs d’emploi mis en place par le gouvernement soient comptabilisés et encore. Ce qui tiendrait alors de la supercherie pour créer chez les observateurs un effet d’illusion. L’expert international Abderrahmane Mebtoul a exprimé lui aussi des doutes sur ces chiffres, notamment sur l’emploi invitant « nos dirigeants à visiter les wilayas d’Algérie pour vérifier leurs données ».

En fait, les chiffres viennent conforter une évidence, à savoir qu’en Algérie, les chiffres sont manipulés en fonctions des enjeux politiques, loin de toute rigueur, pourtant nécessaire à une approche réelle de la situation. .« En Algérie, il n'y a pas de statistiques fiables et cela résume tout. Chaque institution a ses propres statistiques », souligne pour sa part le politologue Rachid Tlemçani.  La seule institution produisant des statistiques fiables et sans manipulation était le CNES, à l’époque où il était dirigé par feu Mohamed Salah Mentouri. Ses rapports de conjonctures, qui étaient une référence n’étaient pas du goût du Gouvernement, notamment Ouyahia, qui a fini par le mettre au pas.

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Catégories : Economie Focus

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