La bureaucratie «ronge» le secteur des hydrocarbures, selon Guitouni

 La bureaucratie «ronge» le secteur des hydrocarbures, selon Guitouni
Par Amel Benabi | 11 Juin 2018 | 17:57

L’aveu donne froid dans le dos en ce qui concerne un secteur qui génère et gère des dizaines de milliards de dollars ! Le secteur des hydrocarbures  est  «rongé» par la bureaucratie, selon le ministre de l’énergie Mustapha Guitouni. Le mot est très fort, et le constat cru pour ne pas susciter de grosses appréhensions sur la façon dont fonctionne ce secteur et notamment le géant Sonatrach, la vache à lait de l’Algérie.

S'exprimant lors d'une rencontre sur l'Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), Mustapha Guitouni a fait savoir que son département ministériel était déterminé à poursuivre son combat contre «la bureaucratie qui le rongeait» et s'engageait fermement dans un processus de transparence  permettant une célérité du traitement des dossiers, tout en veillant à l'intérêt suprême de la nation. «Nous allons venir à bout de cette bureaucratie qui nous ronge dans la mesure nous sommes décidés à changer», a promis le ministre.

 Cette volonté de rassurer l’opinion sur les mesures à prendre, cache mal ce défaut de transparence qui caractérise le fonctionnement de tout le secteur de l’énergie et pas uniquement la Sonatrach. La crainte est d’autant plus grande que le ministre a précisé que le combat contre le fléau de la bureaucratie «était difficile». Ces déclarations décapantes du ministre de l’énergie interviennent après celles du PDG de Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kadour, qui avait choqué les algériens en qualifiant le groupe public de «machine bureaucratique».

 Ceci étant dit, on est certes rassurés de savoir que des mesures visant à fluidifier les circuits de ce secteur et mettre un peu de transparence dans les affaires, sont prises. Les algériens souhaiteront également connaitre le manque à gagner de ce secteur stratégique à cause du «fléau bureaucratique» qui le gangrène depuis des années.

 Ils voudront surtout savoir si les scandales de corruption qui avaient ébranlé la Sonatrach en 2010 n’étaient pas liés à ce mode de gestion opaque que dénoncent aujourd’hui son PDG  et le ministre de l’énergie. Parce que, quand on parle de manque de «manque de transparence» et de «bureaucratie», l’algérien lambda pense logiquement aux critères  de choix de partenaires nationaux étrangers et aux contrats en milliards de dollars conclus avec les majors pétroliers notamment. 

Voir tous les articles de l'économie