kits automobiles CKD/SKD : la factures des importations explose au premier trimestre 2019

 kits automobiles  CKD/SKD : la factures des importations explose au premier trimestre 2019
Par Amel Benabi | 08 Juin 2019 | 11:27

Même si le Gouvernement a pris  en date du 8 mai  la décision  de réduire  de façon drastique  la gamme de « boulonnage »  de kit CKD/SKD à quatre marques seulement, par souci d’économie, l’impact de cette mesure est loin de se traduire dans les faits, car  l’érosion de devises se poursuit.

En témoignent les derniers chiffres révélés par la Direction générale des Douanes à l’APS, selon lesquels durant les quatre premiers mois de 2019, plus  de 1,234 milliards de dollars ont été « pompés » du Trésor public contre 1,025 dollars à la même période de 2018, soit une hausse de près de 20,36%.

En détail, le montant de l'importation des collections SKD pour le montage de véhicules légers a atteint 928,07 millions de dollars durant les quatre premiers mois de 2019, contre 882,44 millions de dollars à la même période de 2018, soit une hausse de 45,63 millions de dollars (+5,17%), a précisé la Direction des Etudes et Prospectives des Douanes (DEPD).

Pour leur part, les importations de collections SKD, destinées au montage des véhicules de transport de personnes et de marchandises, ont également augmenté de plus de 100%, en atteignant 306,64 millions de dollars durant les quatre premiers mois de 2019, contre 143,41 millions de dollars à la même période de comparaison en 2018, soit une hausse de 163,23 millions de dollars (+113,82%).

Cette tendance haussière a concerné aussi les importations des parties et accessoires des véhicules automobiles servant à l'entretien des véhicules d'occasion, qui ont atteint 140,10 millions de dollars contre 112,80 millions de dollars, en hausse de 27,3 millions de dollars, soit (+24,20%).

Le montant des machines et appareils destinés à l'agriculture a été évalué à 24,07 millions de dollars, contre 12,97 millions de dollars, en hausse également de 85,6%, précisent les données statistiques des Douanes.

La facture des machines, des appareils et des engins pour la récolte ou le battage des produits agricoles a, quant à elle, totalisé 8,86 millions de dollars, contre 3,46 millions de dollars, soit une hausse de 155,79%.

En revanche, les importations des machines pour le nettoyage, le triage ou le ciblage des grains ou légumes secs, ont baissé à 10,96 millions de dollars au cours des quatre premiers mois 2019, contre 27,02 millions à la même période de 2018, en baisse de plus de 59,40%.

Cette tendance baissière a touché aussi la facture des importations des tracteurs, qui a atteint 89,17 millions de dollars, contre 101,93 millions de dollars (-12,52%).

 La poursuite de la hausse des importations des kits CKD/SKD, a incité le gouvernement à prendre des décisions pour limiter les importations afin de réduire le déficit de la balance des paiements et préserver les réserves de change.

Des décisions "importantes" ont été prises, le 8 mai dernier, lors d'une réunion du Conseil du gouvernement. Elles visent, essentiellement, la réduction de la facture d'importation des kits CKD/SKD destinés au montage des voitures touristiques, et ceux destinés à la fabrication des produits électroménagers.

Pour ce faire, une correspondance a été adressée par le ministère de l'Industrie et des Mines, aux principaux opérateurs de montage de véhicules de tourisme en Algérie, dans laquelle il leur fixe le montant des importations de collections SKD pour l'année 2019 et qui ne couvre que les modèles validés par le Conseil national de l'investissement (CNI).  

A noter, que le ministère de l'Industrie et des Mines ne s'est pas encore exprimé sur cette correspondance, signée par son secrétaire général, Ziani Belkacem, et dont l'APS et d'autres médias, ont obtenu des copies via les fabricants eux-mêmes.

Dans le même contexte, le ministre des Finances et celui du Commerce ont été chargés d'élaborer une conception sur les mécanismes juridiques permettant au citoyen d'importer les véhicules d'occasion de moins de trois ans.

Ce retour, projeté par le gouvernement, de l'importation des véhicules d'occasion, permettra de "faire pression" sur le marché des véhicules assemblés localement, selon le ministre du Commerce, Saïd Djellab.

"L'un des objectifs de l'importation des véhicules d'occasion est de faire pression sur les prix des véhicules fabriqués localement. Ca va constituer un facteur externe favorisant la baisse des prix, et permettre de donner une chance au citoyen d'acquérir un véhicule selon ses moyens", a déclaré M. Djellab à la presse, en marge d'une rencontre d'évaluation tenue dernièrement avec les directeurs du secteur.

En 2018, la facture globale d'importation des collections CKD/SKD destinées au montage de véhicules (de tourisme et utilitaires) et l'importation des véhicules de Transport de Personnes et de Marchandises (produits finis) s'est chiffrée à plus de 3,73 milliards de dollars en 2018, contre 2,2 milliards de dollars en 2017, en hausse annuelle de 1,53 milliard de dollars (+70%).                    Le montage local des véhicules a réalisé une production de 4.500 véhicules industriels de 180.000 véhicules de tourisme en 2018, contre 110.000 véhicules de tourisme en 2017.

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