Il a balayé les craintes des experts et de l’opposition : Ouyahia martèle ses certitudes

 Il a balayé les craintes des experts et de l’opposition : Ouyahia martèle ses certitudes
Par Amel Benabi | 21 Septembre 2017 | 15:50

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia n’était pas sur la défensive ce matin, contrairement à ce que les observateurs attendaient. Que ce soit sur le plan politique ou sur des questions économiques, où il était particulièrement attendu, le chef de l’exécutif, affichait une étonnante sérénité et parfois même une certaine arrogance.

A certains partis de l’opposition, notamment le MSP, qui ne le portent pas dans leur cœur, Ouyahia en a servi des vertes et des pas mures, au point de faire monter le chef du groupe parlementaire de ce parti islamiste sur ses grands chevaux.

Mais là où le Premier ministre a été presque défiant à l’égard des partis et des experts, c’est au chapitre économique.

A rebrousse poil de toutes les analyses, de toutes les projections, sur la délicatesse  de la situation et l’inefficacité des mesures annoncées, Ouyahia est resté droit dans ses bottes et plus que jamais sûr de ses choix. Ainsi au sujet du très controversé recours à la planche à billets (financement non conventionnel) et le risque d’inflation, Ahmed Ouyahia écarte cet effet d’un revers de la main.

«La masse monétaire de l’Algérie n’égale pas le montant des réserves de change (…) on ne va rien inventer  concernant le financement non conventionnel» a-t-il asséné. Et de déconstruire les conclusions des experts : «C’est de la démagogie de dire que la planche à billets conduirait à une baisse du dinar », tonne t-il.  Avant d’ajouter péremptoire : «Il n’y aura une inflation ni à quatre chiffres, ni à deux chiffres. En tous cas, le gouvernement est là et les experts sont là. D’ici trois ou six mois, on va voir si cette décision est juste ou pas ».

L’heure des comptes

Et comme pour appuyer ses engagements et convaincre du bien-fondé de sa mesure, Ouyahia annonce la création par décret présidentiel d’un organisme indépendant chargé de contrôler le travail du gouvernement et la mise en œuvre du financement non conventionnel. 

Une manière de suggérer que l’application de ce mode de financement sera rigoureusement contrôlé et qu’il servira à la relance économique et non pas à la consommation. Mieux encore, le Premier ministre a promis que « année après année le gouvernement va solliciter de moins en moins» le financement non conventionnel.

Autrement, il s’attend à un rééquilibrage du déficit budgétaire à l’horizon 2019. C’est un grand défi que se lance le Premier ministre et qui parait difficilement surmontable compte tenu de la «crise financière étouffante», comme il l’a lui-même qualifiée.

Mais Ouyahia semblait vouloir prendre date devant les députés et l’opinion publique qu’il va réussir là où ses prédécesseurs avaient lamentablement échoué. Il a même donné rendez-vous à ses contradicteurs dans «trois à six mois» pour faire un premier bilan sur l’impact social du financement non conventionnel.

Au final, c’est un Premier ministre parfaitement à l’aise et sûr de lui qui a affronté des députés de l’opposition qui ont dressé un tableau sombre de l’Algérie et esquissé des lendemains tout aussi obscurs. On en fera les comptes dans quelques mois.  

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