Commerce de blé: la mise en garde des autorités

Commerce de blé: la mise en garde des autorités
Par Abbès Zineb | 11 Janvier 2011 | 22:57

Le directeur général de l'Office algérien interprofessionnel des Céréales (OAIC),  Noureddine Kehal  est intervenu hier sur les ondes de la radio pour mettre en garde les transformateurs de blé subventionné par l’état contre des attitudes « spéculationnistes ».Des sanctions seront prises à l'encontre des transformateurs "indélicats", qui procèderaient  à la déviation du blé subventionné par l'État vers le marché informel, a-t-il prévenu.

« L’exclusion du transformateur du quota mensuel acquis auprès de l’OAIC est l’une de ces sanctions, a-il précisé en ajoutant que ces mesures pourraient être aussi de nature pénale pour les meuniers qui  procéderaient au détournement de leur quotas.  Le prix du quintal d'orge s'est envolé suite à la sécheresse ayant touché les zones agro-pastorales où est concentré l'élevage ovin, ce qui a poussé certains transformateurs "tentés par le gain facile à dévier une partie de blé tendre destiné à la consommation pour alimenter le marché informel de l'alimentation de bétail", a affirmé M. Kehal.

Ce  comportement de spéculateur qui  était à l'origine des tensions qu'a connu l'approvisionnement des boulangers en farine, notamment dans les grandes villes, a du reste  poussé l'office à mettre en œuvre des conventions interprofessionnelles. La première convention, liant la coopérative et le transformateur, précise les modalités et les conditions de mise à la disposition des meuniers des quantités de blé tendre en fonction de leurs capacités de transformation. La seconde va lier le transformateur au boulanger, et ce, pour permettre aux agents de contrôle de suivre l'acheminement du produit fini après sa sortie d'usine.

"La traçabilité du produit va être régie par des conventions impliquant les services du contrôle du ministère du Commerce", a-t-il dit. "C'est la seule façon de pouvoir assurer le suivi et le contrôle de la bonne utilisation du blé subventionné par l'Etat" fait savoir le responsable du ministère de l’agriculture qui assure par ailleurs que « les stocks de l’Office sont suffisants » pour faire face à l’augmentation du quota des transformateurs qui passera de 50 à 60%. "Probablement nous allons faire des appoints pour faire une jonction entre la nouvelle récolte 2011 et les stocks actuels" tempère t-il en indiquant aux auditeurs de la radio que « la nouvelle stratégie de l'office mise sur l'implication des transformateurs dans l'acte de production nationale »

Selon ce responsable , « l'objectif de la démarche  est de faire en sorte que le transformateur ne soit pas un simple client mais un véritable partenaire des producteurs de céréales à travers des conventions qui vont l'impliquer dans l'acte de production moyennant un accompagnement technique des producteurs » En contre partie de son implication, le transformateur aura une plus-value en terme de production. "Il est anormal qu'on puisse accorder à tous les transformateurs un quota (de 60%) quel que soit l'effort que font les uns et les autres vis-à vis de la production nationale», convient Noureddine Kehal.

Et ce dernier de rassurer que   les partenaires de l'OAIC "auront la possibilité de sortir de cette histoire de quota pour pouvoir recevoir un approvisionnement à la hauteur de leurs efforts engagés dans la production nationale".Sur un autre registre, Noreddine Kehal a déclaré que le ministère de l’agriculture a pris la décision d’accorder 5,3 millions de quintaux (qx) d'orge cette année aux éleveurs pour faire face à la sécheresse qui sévit depuis la fin de 2010. Il a reconnu, dans ce sens, que le marché d'approvisionnement des éleveurs en orge "est tendu actuellement malgré le doublement des quantités par rapport à 2009 (2,5 millions qx)".

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Catégories : Economie Actualité

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