Avec le démarrage de l’usine de Relizane : L’Algérie file enfin du bon coton !

Avec le démarrage de l’usine de Relizane : L’Algérie file enfin du bon coton !
Par Amel Benabi | 20 Mars 2018 | 15:56

L’usine de filature du Complexe des Textiles de Relizane qu’on attendait comme le croissant lunaire du Ramadhan a fini  par démarrer et c’est tant mieux pour cette filière totalement détricotée par la vague chinoise et les errements managériaux des ministres qui se sont succédés sur ce secteur.

En effet, les machines de l’usine de Relizane ont été mises en branle le 15 mars dernier pour un démarrage progressif, le temps d’effectuer les essais de chaque phase du process selon les explications du ministère de l’industrie ; une étape qui s’étalera jusqu’au 15 avril prochain pour l’ensemble de la ligne filature Denim qui est de l’ordre de 20 tonnes/jour/équipe.

En attendant la réception des installations de tissage, finissage de tissus Denim et la confection, prévues fin de l’année en cours et cela d’une façon progressive, les filés seront destinés à l’exportation conformément aux engagements du partenaire, précise un communiqué du département de Youcef Yousfi.

L’usine de Relizane première du genre, de production de filature Demin et non Denim (toile et coton) d’une capacité de 30 millions de mètres/an a été réalisé dans le cadre d’un partenariat, conclu selon la règle des 51/49%, conduit par la société mixte algéro-turque Tayal, détenue par des actionnaires composés des entreprises publiques algériennes C&H, Texalg et la SNTA et la société turque Intertay, filiale du groupe turc Taypa.

Recoudre une filière

Ce projet devant relancer la filière du texte porte sur la réalisation, dans une première phase, d’un complexe intégré de production de tissu et d’habillement constitué de huit (08) usines de production avec une prévision de production annuelle de l’ordre de 44 millions mètres linéaires (M/L) pour le tissage, 12.200 T pour la filature et 30 millions de pièces pour les différents produits pantalons, tricots, chemises dont 60% destinés à l’export.

Dans une seconde phase, elle portera sur l’installation de dix (10) usines spécialisées dans la production des matières premières de tissus (fibres synthétiques) ainsi que des tissus techniques et autres linges maison.

Et pour soutenir cette usine, les concepteurs du complexe ont prévu des unités annexes notamment une école de formation dans les métiers du textile, une cité d’hébergement de 547 logements, une centrale d’énergie (électricité et vapeur) d’une puissance de 35 mégawatts et une station d’épuration conçue pour traiter 10.000 m3/jours.

D’un coût global de 170 milliards de dinars, ce projet qui emploiera 25.000 personnes au bout de la seconde phase de son développement, devrait servir a recoudre cette filière qui était le parent pauvre des politiques publiques et partant un moteur de croissance économique.  

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