Algérie-UE: l'Accord d'association de 2005 réadapté

Algérie-UE: l'Accord d'association de 2005 réadapté
Par Nabil Semyane | 10 Janvier 2017 | 15:58

 L’Accord d’Association entre l’Algérie et l’Union européenne, signé en 2005, est appelé à entrer dans une nouvelle phase où l’équilibre des intérêts des deux parties seront pris en compte. Cela consécutivement à un travail d’évaluation de cet accord achevé en décembre et qui sera validé prochainement à Bruxelles.

"Nous sommes parvenus le 7 décembre dernier à conclure l'évaluation par un document conjoint qui sera validé dans les prochains jours à Bruxelles lors de la réunion du conseil de l'Accord d'association Algérie-UE, coprésidé par le ministre, Ramtane Lamamra, et la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini", a expliqué mardi le directeur de la coopération avec l'UE et les institutions internationales auprès du ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Ali Mokrani.

L’accord « up daté » est un document qui contient 21 recommandations permettant "de relancer la coopération entre l'Algérie et l'UE dans le but de mettre les relations économiques au centre de cette coopération, de donner à cet accord toute son importance et d'utiliser tout son énorme potentiel dans ses trois composantes: politique, économique et humaine", poursuit le même responsable.

Il s'agit, précise-t-il, "du partenariat économique dans le sens de l'accompagnement de l'effort du gouvernement algérien dans la diversification de l'économie, de la promotion des exportations hors hydrocarbures, du développement de l'économie du savoir-faire, de l'économie numérique et de la promotion d'une économie inclusive à caractère social".

Il s'agit également "du développement des relations d'investissements et de partenariat entre les entreprises européennes et algériennes et le flux des investissements européens directs productifs en Algérie", avance-t-il. M. Mokrani a aussi fait savoir que l'Algérie et l'UE avaient également finalisé un autre document conjoint portant sur les priorités communes relatives à la Politique européenne de voisinage, qui sera approuvé lors de la réunion du conseil de l'Accord d'association Algérie-UE.

La révision de cet accord, dénoncé par beaucoup d’acteurs économiques algériens influents, était rendu nécessaire, dans la mesure où son évaluation a montré que l’Algérie perdait beaucoup au change. En effet, le cumul des exportations algériennes hors hydrocarbures (HH) vers l'UE n'a même pas atteint les 14 milliards de dollars sur les dix années, alors que le cumul des importations algériennes auprès de l'UE s'est chiffré à 220 milliards de dollars avec une moyenne annuelle de 22 milliards de dollars.

Les exportations algériennes HH vers les pays de l'UE sont passées de 597 millions de dollars en 2005 à seulement 2,3 milliards de dollars en 2014 avant de baisser à 1,6 milliard de dollars en 2015. Une dégringolade, alors que, paradoxalement,         l'Accord d'association avait comme principal objectif de promouvoir les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l'Europe et de développer les investissements européens en Algérie.

Lors du Conseil des ministres du mois d’octobre 2015, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait présenté une communication sur cet accord, suite à quoi il était convenu de réévaluer les volets économique et commercial de l'Accord d'association avec l'UE qui n'a pas réalisé les objectifs attendus. Une réévaluation d’autant plus impérieuse que l’Algérie a perdu près de la moitié du revenu extérieur s, du fait de la crise du marché pétrolier.

Reste à savoir si avec l’entrée en vigueur de cette réévaluation l’Algérie est en capacité de faire jeu égale avec la partie européenne, s’agissant des exportations hors hydrocarbures. Et c’est toute la problématique de l’économie algérienne actuellement à la recherche des modalités pour se diversifier et sortir de l’addiction au pétrole.

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