Quelles perspectives pour l’amendement de la loi des hydrocarbures et le gaz de schiste ?

  Quelles perspectives pour l’amendement de la loi des hydrocarbures et le gaz de schiste ?
Par Pr Abderrahmane Mebtoul | 05 Octobre 2017 | 18:36

Le premier ministre, dans une  déclaration le 01 octobre 2017, a fait savoir que l’exploitation du gaz de schiste est une option pour l’Algérie.  De l’avis de la majorité  des experts,  un  rapport sous ma direction  ayant été remis au gouvernement que ce sujet  en janvier,  l’énergie étant au cœur de la  sécurité nationale, c’est une opportunité pour l’Algérie, qui doit évaluer ses potentialités, mais compter des risques. Les experts ont recommandé de  s’orienter vers un Mix énergétique. La majorité des experts, notant que ce dossier sensible nécessite une formation pointue et posant une problématique sociétale,  il s’impose une bonne communication en direction de la société. Pour éviter  de perturber la gestion  de Sonatrach, société commerciale  stratégique, les experts ont souhaité  que ses dirigeants évitent  de s’exposer aux débats, devant laisser au premier ministre et  au Ministre  de l’Energie, seuls habilité  politiquement, à exposer leurs arguments. À ce titre, les experts ont préconisé  une institution indépendante  créée,  relevant non d’un département ministériel, évitant d’être juge et partie, associant la société civile de chaque région, des  experts indépendants, des représentants du Ministère de l’Energie et  d’autres départements ministériels, travaillant en étroite collaboration  avec  les institutions. Le dialogue avec les populations concernées est vital. Par ailleurs en maintenant  la règle des 49/51% généralisable à tous les secteurs faisant fuir les capitaux étrangers, c’est  un endettement indirect permettant  le transfert de devises sans que l’opérateur  étranger n’assure souvent le risque et  ayant souvent en face un partenaire peu outillé dans son management stratégique et technologique  et bénéficiant d’une rente pour les réseaux de clientèles surtout privés  qui  en bénéficient sans véritablement apporter une valeur ajoutée et le sombre d'exemples abondent.

1.- Pourquoi le gouvernement  veut  s’orienter vers le gaz de schiste ?

Le gaz non conventionnel est contenu dans des roches sédimentaires argileuses très compactes et très imperméables, qui renferment au moins 5 à 10% de matière organique. Généralement la profondeur d'exploitation des shale gas est de l'ordre, en moyenne générale, selon les gisements, de 500, souvent 1.000 à 3.000 mètres de profondeur, soit de un à plusieurs kilomètres au-dessous des aquifères d'eau potable, la profondeur étant moindre aux USA, ce qui réduit les coûts. La fracturation de la roche suppose  d'injecter un million de mètres cubes d’eau douce pour produire un milliard de mètres cubes gazeux à haute pression et du sable. Une partie de l'eau qui a été injectée pour réaliser la fracturation hydraulique peut être récupérée (20 à 50%) lors de la mise en production du puits après traitement. Ce qui suppose des investissements  pour des installations appropriées et des unités de dessalement en cas où l’eau est saumâtre. Le sable injecté combiné d’additifs chimiques a pour but de maintenir les fractures ouvertes une fois la fracturation hydraulique effectuée, afin de former un drain pérenne par lequel le gaz va pouvoir être produit. De nombreux gisements sont enfouis sous des nappes phréatiques et avec la remontée du gaz, le liquide de fracturation peut parfois atteindre ces nappes, et se mêler à l'eau, qui devient alors impropre à la consommation.  Pour l’Algérie, pays semi aride,  zn l’absence de technique alternative à la facturation hydraulique grande consommatrice d’eau, l’impact de cette exploitation sur la ressource en eau demeure l’une des principales préoccupations. Pourquoi le gouvernement  veut  s’orienter vers le gaz de schiste ? Les hydrocarbures constituent l’épine dorsale de l’économie algérienne.  . Ils ont permis à l’Etat algérien de constituer des réserves de change bien qu’en baisse étant passées de 194 milliards de dollars, en  clôture fin 2017 inférieur à 97 milliards de dollars, des recettes de devises  de  Sonatrach 28 milliards de dollars en 2016 pour une sorties de devises de 60 milliards de dollars et entre 55/60 milliards de dollars  fin 2017. et selon le PDG de Sonatrach fin 2017 à 31 milliards de dollars fin 2017. Cela a permis une dépense publique sans précédent  entre 2000/2016 estimée incluant la partie dinars entre 950/ 1000 milliards de dollars pour une croissance moyenne n’ayant pas dépassé les 3%.   Nos  calculs largement publiés dans la presse nationale et internationale  à partir des statistiques douanières donc officielles, année par année , montrent qu’entre 2000/2016  les  sorties de devises de biens ont été d’environ 520 milliards de dollars( 560 milliards de dollars à juillet 2017 selon certaines sources ) ,  plus les services 120/140 souvent oubliés dans les  déclarations officielles ( 10/11 milliards de dollars/an entre 2010/2016)  et les transferts légaux de capitaux  de plus de 730 milliards de dollars , pour une entrée de devises  d’environ   850 milliards de dollars, la différence étant les réserves de change  au 31/12/2016 de 114 milliards de dollars.  L’économie algérienne est  toujours une économie rentière après plus de 50 années d’indépendance politique, 97/98% d’exportation représentées  par les hydrocarbures à l’état brut et semi brut, la pétrochimie étant embryonnaire, et important 70/75% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15%.  Sonatrach, c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach.  Cet artifice statistique  peut cependant  cacher la dure réalité. Le  chômage apparemment maîtrisé (10 %) mais  dominée par les emplois improductifs ( administration) au niveau de la sphère réelle et plus de 50%de la population active  étant  localisée  dans la   sphère informelle  selon le  rapport  gouvernemental  de l’ONS(2012).  Aussi, cette décision  stratégique a été prise probablement après que le gouvernement  ait estimé que l’Algérie serait une importatrice nette de pétrole dans moins de 10 ans et dans 20 ans pour le gaz conventionnel.  La consommation  intérieure triplera horizon 2030  et quadruplera horizon 2040, selon le Ministre  de l’Energie. En cas de non  découvertes substantielles et surtout rentable selon le vecteur prix international, l’Algérie pourrait commencer à importer du pétrole à partir de 2025 et du gaz à partir de 2030 pour satisfaire la demande locale. La solution est –elle en le pétrole-gaz de schiste ? Et ce, en tenant compte tant des exportations que de la forte consommation intérieure du fait du bas prix un des plus bas  au niveau du monde  bloqués par  la décision de subventions des carburants et de l’énergie.  Pour le gaz il est cédé à Sonelgaz entre le sixième et le  dixième du prix international sur le marché libre, ce taux variant selon les fluctuations des prix internationaux, largement influencés par l’entrée du gaz non  conventionnel américain, coté actuellement entre trois et quatre dollars le MBTU. Or les besoins de financement de Sonelgaz selon les déclarations fin septembre 2017 du PDG seraient  de 30 milliards de dollars par  an soit 150 milliards de dollars pour les cinq prochaines années  sans compter les besoins  de financement  de Sonatrach   revus à la baisse de 100 milliards de dollars à 70 milliards  de dollars pour les cinq prochaines années. Comment dès lors trouver ce capital argent d’environ 45 milliards de dollars/an  dont 70% en de devises , la partie dinars  ne contribuant  qu’à hauteur de moins  30%, du fait que , la part de la masse salariale dans en dinars  dans la valeur ajoutée étant relativement faible , pour ces deux grandes sociétés et les  sous traitants de Sonatrach et Sonelgaz tributaires des importations  pour leurs besoins en grande partie en devises. Alors que les recettes entre 2017/2020 risquent de ne pas dépasser 35 milliards de dollars si le cours est de 55 dollars le baril.  Pour Sonelgaz , ce  montant tient compte des décisions  d’installer des capacités d’électricité supplémentaires à partir des turbines de gaz.  Dès lors avec cette augmentation de la consommation intérieure, du fait de la décision de ne pas modifier les prix intérieurs, il y a risque d’aller vers plus de 70/75 milliards mètres cubes gazeux horizon 2030 de consommation intérieure. En effet,  si l’on prend les extrapolations  d’exportation de 85 milliards mètres cubes gazeux  et 70 milliards de mètres cubes gazeux  de consommation intérieures, il faudrait produire plus de 155/160 milliards de mètres cubes gazeux supposant d’importants investissements  dans ce domaine et surtout du gaz. Ici doit être  prendre en compte les couts, les concurrents  ayant déjà amortis leurs installations, des énergies substituables et des importantes mutations énergétiques mondiales. L’intérêt des autorités algériennes  pour les hydrocarbures non conventionnels s’explique donc par la nécessité d’assurer la transition énergétique du pays mais également d’éviter des remous sociaux. Mais l’objectif stratégique  pour l’Algérie n’est-il pas d’aller vers un Mix énergétique combinant certes  le gaz/pétrole traditionnel, le pétrole/gaz de schiste et les énergies renouvelables et de prévoir  une nouvelle  politique de subventions des carburants  ciblées et un nouveau management stratégique  afin de réduire les couts.

2- Quelle   rentabilité le gaz de schiste  et pourquoi l’amendement de la  Loi des hydrocarbures  de 2013 ?

Le groupe algérien Sonatrach avait déjà  de foré son premier puits de gaz de schiste (shale gas) dans le bassin d’Ahnet, situé au sud d’In Salah, qui devait être  suivi de d’autres. Pour développer ces réserves, Sonatrach  devrait  conclure  des partenariats avec les groupes internationaux  dont  Shell , Exxon Mobil, Total,  Talisman, INIE ect. Selon le   groupe Sonatrach des études récentes, réalisées  durant le second trimestre 2012 sur une superficie de 180 000 km2,  font  état d’un potentiel  de gaz de schiste dépassant plus de 19800 milliards de mètres cubes gazeux donnant avec un taux de récupération de 25% plus de 4000 milliards de mètres cubes gazeux.  Mais  l’Algérie a-t-elle établi une carte géologique fiable confirmant ces statistiques ? On peut comme pour le gaz conventionnel découvrir des milliers de gisements mais non rentables financièrement. Selon le chef de département d’analyse des bassins du groupe Sonatrach, lors du workshop international sur le gaz de schiste en 2014 , les  coûts de réalisation d’un forage pour l’exploitation du gaz de schiste en Algérie varient entre 10 et 15 millions de dollars, alors qu’aux USA le cout moyen d’un puits varie entre 5 à 7 millions de dollars. Aussi la commercialisation pour l’Algérie ne pourrait se faire, selon l’ex Ministre de l’Energie actuellement ministre de l’Industrie pas avant 2020/2025, supposant une parfaite maitrise technologique afin de réduire les couts. Par ailleurs, outre la maitrise technologique, dont il conviendra  d’inclure dans le cout par  l’achat du savoir faire,  l’avantage de certains pays comme les USA c’est la disponibilité d’un réseau de transport de gaz pratiquement sur l’ensemble du territoire en plus du fait que les gisements ne sont pas profonds. Qu’en sera-t-il des coûts des canalisations additionnels pour l’Algérie ? La rentabilité dépend donc de l’évolution future du prix de cession du gaz sur le marché international qui est  actuellement bas sur le marché libre avec la révolution du gaz non conventionnel. C’est que la gestion de l’exploitation est complexe, les forages perdant 80% de la productivité au bout de 5 ans, à moins de technologies nouvelles. Sans compter la maitrise technologique qui demande une  formation pointue dans la ressource humaine. La question de la rentabilité renvoie à  la carte énergétique  mondiale, à la consommation énergétique mondiale horizon 2030/2040  tenant compte également  des couts des énergies renouvelables qui peuvent décroitre si les investissements sont massifs. L’épisode de Fukushima et la volonté affichée par certains de sortir du nucléaire, la dynamique des pays émergents gros  consommateurs d’énergie,  s’ils maintiennent l’actuel modèle, ce qui n’est pas évident, la Chine ayant décidé à partir de 2020 de réduire de 50% le par  véhicules fonctionnant au diesel et l’essence, (source AFP 9 septembre 2017). Pour l’Algérie l’on doit impérativement  protéger l’environnement d’où l’importance de centres de formation recrutant en priorité la population du Sud qui doivent être impliquées pour une éventuelle exploitation. Par ailleurs Ainsi se pose  l’opportunité par des grands groupes internationaux de  l‘exploitation du gaz schistes avec la règle restrictive  imposée par le gouvernement algérien des 49/51% généralisable tant à l’amont qu’à l’aval et aux canalisations ( taux de profit inférieur de 30% par rapport à l’amont)  d’où  nécessité de modifier la loi sur les  hydrocarbures notamment la  partie fiscale  qui prévoir une taxation progressive de 5 à 50% au-delà un cours de 530 dollars , fiscalité insaturée lorsque le baril était à plus de 100 dollars et le prix de cession du gaz naturel entre 10/11 dollars le million de BTU.. La reformulation de la loi des hydrocarbures permettra-t-elle de relancer l’exploration sur des bases opérationnelles ? A moins et comme cela se passe pour la majorité des entreprises publiques structurellement déficitaires, le Trésor supporte les surcouts d’exploitation du gaz schistes  dont  70% des entreprises sont revenues à la case de départ. Le Conseil des ministres a d’adopté le 17 septembre 2012 des amendements relatifs à l’ordonnance n°06-10 du 29 juillet 2006 modifiant et complétant la loi n°05-07 du 28 avril 2005,objet de cette contribution.  Ces amendements introduisaient  essentiellement des dispositions permettant de renforcer l’approvisionnement en hydrocarbures et des aménagements fiscaux à même d’encourager l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans des zones peu prospectées ou exigeant l’utilisation de moyens complexes. Ces amendements ne s’appliquent pas aux gisements actuellement en production, qui restent soumis au régime fiscal en vigueur et i attribue également à l’entreprise nationale Sonatrach le droit exclusif en matière de transport d’hydrocarbures par canalisations et lui garantit la majorité dans les partenariats, aussi bien dans la production que dans la transformation des hydrocarbures. Je rappelle que depuis la loi d’avril 2005 ce n’est plus à Sonatrach d’attribuer les permis de prospection pour de nouveaux gisements et qu’elle reste propriétaire de tous ses domaines miniers, et pour les nouvelles superficies non exploitées, c’est à l’institution Alnaft, dépendante du ministère de l’Energie, de les attribuer, et dans ce cadre aucune modification de la loi. Le constat est que les derniers appels d’offres entre 2008 et 2016 se sont avérés un véritable échec ayant attiré que des compagnies marginales, n’ayant pas de savoir technologique et comptant sur Sonatrach pour supporter la majorité des coûts, les grandes compagnies n’ayant pas soumissionné.  La taxation des superprofits au-delà de 30 dollars dans l’actuelle loi ne répond pas à la situation actuelle du marché au moment ou le cours dépassait 100 dollars,  tout en précisant que dans le droit international une loi n’est jamais rétroactive sauf si elle améliore la précédente, expliquant les litiges au niveau des tribunaux internationaux entre Sonatrach et des compagnies installées avant la promulgation de cette loi litige réglée à l’amiable où Sonatrach a été contrainte de revenir en arrière en versant des plus values. Dans ce cadre, l’annonce d’un assouplissement fiscal est  nécessaire, car l’Algérie n’est pas seule sur le marché mondial face aux importantes mutations énergétiques qui s’annoncent, mais des concurrents qui veulent attirer les compagnies. Mais reste la contrainte des 49-51%. Si pour l’amont gazier et pétrolier pour les grands gisements la règle des 49/51% peut être applicable, pour les gisements marginaux, cette règle risque de n’attirer que peu d’investisseurs sérieux. La non-soumission des grandes compagnies, l’expérience du retrait de la Chine au niveau de la raffinerie d’Adrar, Sonatrach supportant toute seule dorénavant les surcouts, doit être méditée. Egalement, il ne faut pas s’attendre à un flux d’investissement étranger avec l’actuelle loi pour la prospection dans l’offshore et surtout le gaz non conventionnel qui requiert des techniques de pointe à travers le forage horizontal maîtrisé par quelques firmes, les recherches actuelles se concentrant sur les techniques anti-pollution. Sonatrach depuis des années n’a pas découvert de réserves rentables substantielles tant du pétrole et du gaz importants, malgré certaines déclarations fracassantes car pouvant découvrir des milliers de gisements mais non rentables financièrement. Sonatrach n’a pas les capacités technologiques, bon nombre de cadres compétents ayant depuis des années quitté cette compagnie, surtout avec l’erreur que j’ai dénoncée à maintes reprises de mettre les cadres à la retraite à partir de 60 ans sans préparer la relève. Comme il y a lieu de signaler que le taux de profit dans les canalisations est inférieur de 30% en moyenne par rapport aux grands gisements de l’amont. Sonatrach

3.- Conclusion  : un  nouveau modèle de consommation énergétique fondé sur le dialogue social

L’Algérie doit impérativement penser à un nouveau modèle de consommation énergétique relevant du Conseil National de l’Energie présidé par le président de la république, Sonatrach étant une entreprise commerciale devant aller vers un mix énergétique dont les  énergies renouvelables, dossier abordé également plusieurs fois en conseil des ministre. Selon l’Agence spatiale allemande (ASA), pour l’Algrie, le potentiel est estimé à 169,440 téra-watts heure/an (TWH/an) pour le solaire thermique, et de 13,9 TWH/an pour le solaire photovoltaïque, ce qui équivaut à environ 60 fois la consommation de l’Europe des 15 (estimée à 3 000 TWh par an). L’énergie solaire journalière dans le désert équivalent- pétrole est estimée à 1,5 baril par km². Le programme retenu par le passé visait à produire, à l’horizon 2030, 40% de l’électricité à partir des énergies renouvelables devant se traduire par l’installation d’une puissance de 12 000 mégawats en solaire et en éolien. Concernant le pétrole-gaz de schiste, il doit répondre à trois critères : la  protection de l’environnement, éviter toute pollution de l’eau, le prix de cession  de l’exploitation du pétrole-gaz de schiste   devant impérativement couvrir  les couts  avec une marge de profit raisonnable. Selon le Ministère de l’Energie la commercialité  n’est pas pour demain, peut être horizon 2020/2025. La plus grande réserve de gaz et de pétrole  pour l’Algérie,  ce sont les économies d’énergie pouvant aller à 15/20%, pouvant économiser au vu de la consommation actuelle 4 milliards de mètres cubes gazeux par an . Cela implique  de revoir notamment  les politiques actuelles désuètes de l’habitat et du transport  et un large débat national sur les subventions actuellement non ciblées source de gaspillage et de fuites de produits hors des frontières0 En  maintenant la règle des 49/51%  instaurée en 2009 plus pour des raisons plus idéologiques qu’économiques, donnant des rentes  de situations à certains opérateurs, règle instaurée sous  le gouvernement Ouyahia  sans qu’aucun  bilan ‘n a té fait à ce jour ,généralisable  à tous les  gisements, et à toute la chaine de valeur  (raffinage, pétrochimie , canalisations) selon nos informations internationales , l’Algérie  »ie risque d’attirer peu d’investisseurs .surtout dans le pétrole/gaz de schiste , à moins que l’Algérie supporte tous les  surcouts , suicidaire pour le pays,  avec l’amenuisement des réserves de change. Aussi,  il y a lieu d’être réaliste. Concernant le pétrole/gaz de schiste, il y a  d’éviter les  débats stériles, pour ou contre  et d’associer les populations à la décision ne pouvant imposer par la force, surtout pour ce cas précis, au sein d’une région qui connait des tensions géostratégiques, d’éviter une décision centralisée sans concertation,  supposant une autre gouvernance tant centrale que locale.  Seuls les USA maîtrise, encore imparfaitement, cette technologie de fracturation hydraulique, mais de nouvelles techniques sont en expérimentation économisant 90% de con sommation d’eau et plus de 80% d’injection de produits chimique.  Un co-partenariat incluant ces nouvelles techniques dans des clauses restrictives avec d’importantes pénalités en cas de non-respect de l’environnement et la formation des Algériens pour tout opérateur étranger, USA et autres, est indispensable. Mais l’objectif stratégique est   de penser  au futur modèle de consommation énergétique, (le Mix énergétique), ce qui nécessite des  arbitrages de politique économique : énergies fossiles classiques –pétrole/gaz conventionnel, gaz/  énergies renouvelables. Aussi,    l’opérationnalité d’un éventuel  amendement de la loi sur les hydrocarbures de 2013 renvoie à l’éclaircissement de toute la politique économique et sociale face à la Remondialisation et aux nouvelles mutations énergétiques mondiales. Sans visibilité et cohérence de la réforme globale, comme facteur d’adaptation à ces mutations, les impacts seront forcément limités d’autant plus qu’existe une concurrence internationale féroce surtout dans le domaine du gaz. Le problème central qui se pose à l’Algérie, du fait de la faiblesse de ses capacités d’absorption, est d’éviter de se focaliser uniquement sur les  hydrocarbures et d’avoir une stratégie claire pour une économie diversifiée. L’objectif stratégique est  pour l’Algérie d’opérer la transition rapide d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures, supposant également une nouvelle transition énergétique en utilisant au mieux cette ressource éphémère.  Cela implique forcément un Etat de droit, un large débat national sur cette ressource propriété de toute la population algérienne donc une gouvernance renouvelée, de profondes réformes politiques et économiques solidaires, la valorisation de l’entreprise et son support, la ressource humaine, richesse bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures. Et pour terminer selon  le communiqué du conseil des ministres,  l’avant projet de loi de finances 2018,  affiche 6521 milliards DA  en recettes et près de 8628 milliards DA en dépenses  une différence de  20 milliards de dollars, le déficit global du Trésor s’élevant  ainsi à près de 9% du Produit intérieur brut contre plus de 14% pour l’exercice 2016 , un  déficit qui sera couvert par le financement non conventionnel c'est-à-dire  la    planche à billet. Le budget de fonctionnement s’élèvera à 4584 milliards DA  en baisse de 7 milliards DA par rapport à 2016 et pour le budget d’équipement,  les crédits de paiements inscrits  s’élèvent à 4043 milliards DA contre 2291 milliards DA pour 2016,   contenant une provision de 400 milliards DA pour le remboursement des entreprises locales et étrangères qui détiennent des créances sur l’Etat et ses démembrements. Le budget prévoit 1760 milliards de DA alloués aux transferts sociaux, montant en hausse de près de 8% par rapport à 2017, et qui est destiné notamment, aux soutiens aux familles, à l'habitat, à la santé, ainsi qu'aux subventions des prix des produits de première nécessité, à savoir les céréales, le lait, le sucre, et les huiles alimentaires. Aussi, face aux tensions budgétaires, les dernières données du DG du trésor  le 03 octobre 2017  contredisent  la sinistrose généralisée que l'on a propagée sur la situation financière du pays, , ayant eu un impact négatif  tant au niveau national qu’international, « le déficit du Trésor public s’est établi à 287,32 milliards de dinars à la fin mai 2017 contre 1.783,13 milliards à la même période de 2016, soit une baisse de 84% »(source APS) .La déclaration du conseil des ministres en date du 04 octobre 2017, un discours apaisé,  contraste avec les déclarations alarmistes propagées ces dernières semaines qui ont fait un dégât social. Certains méconnaissent la  réalité du corps social  de 21017 composé à) plus de 70% e jeunes qui  selon nos enquêtes ont rejeté ce discours, pouvant avoir l’effet inverse ce qui est recherché accroissant les tensions sociales, n’ayant pas connu la période des années 1990/1997, je  les cite «  on n’a pas peur ».  .On ne gouverne pas par la peur mais par la bonne gouvernance et le dialogue productif permanent.   Mais l’on doit être réaliste ,   la distribution de revenus sans contre parties productives et la non vision stratégique étant à l’aube de la quatrième révolution économique et sociale mondiale ont , et  ayant des incidences négatives, politiques et sociales et géostratégique du fait de la position névralgique de l’Algérie au niveau du bassin méditerranéen et de l’Afrique.

(1) Références 

Abderrahmane MEBTOUL (docteur d’Etat-1974 en management) -Professeur des Universités, Expert International en management stratégique- expert comptable de l’Institut supérieur de gestion de Lille (France )- directeur d’Etudes Ministère Energie/Sonatrach 1974/1979-1990/1995-2000/2007 auteur de nombreux ouvrages et de contributions internationales sur les mutations énergétiques mondiales., membre du conseil scientifique de l’ADAPES Paris France, composé d’éminents experts internationaux et de PDG de groupes sur l’Energie

-Voir Professeur Abderrahmane Mebtoul étude « face aux mutations énergétiques mondiales, le Ministère de l’Energie via Sonatrach a besoin d’un nouveau management stratégique » publiée dans la  revue internationale de Management de HEC Montréal novembre 2010 (45 pages) ainsi que la revue stratégie-défense « Agir » (2012 – Paris France) – conférence sur ce thème du  Pr Mebtoul au Sénat français novembre 2014  en présence du professeur Jean Pierre Chevènement

-Voir le  rapport sous la direction du Pr Abderrahmane Mebtoul assisté de 20 experts de hauts niveaux nationaux et étrangers,  remis à l’ex premier ministre 25 février 2015 et pour éviter toutes mauvaises interprétations  ,  intitulé « Pétrole-gaz de schiste : opportunités pour  l’Algérie et risques »  Volume I : Synthèse  à partir de la  sélection  de rapports  transmis  de managers de différents horizons d’experts internationaux  et nationaux   -Volume II- Données technico-économiques  Sur le gaz de schiste par les experts internationaux -Volume III- Ceux qui mettent en relief le  danger contre l’environnement et prônent la maîtrise  technologique -Volume IV-  Ceux qui prônent son  exploitation mais sous condition d’une formation pointue -Volume V-   Les nouvelles techniques comme alternatives à la fracturation hydraulique   -Volume VI -  Etudes sur la rentabilité économique du pétrole-gaz de schiste  aux USA et dans le monde -Volume VII- Avis des experts de  Sonatrach et du Ministère de l’Energie    et débats contradictoires entre experts-algériens -Volume VIII- Annexe -Extrait du  rapport pour le gouvernement  américain en date du 27 octobre 2014  sur les  mutations des filières énergétiques dont le pétrole-gaz de schiste : 2015/2040- (plus de 100 experts-480 pages) A Reality Check On US. Governement Forecasts For A Lasting Tight Oi,  Shale  Gas Bom.

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