Les 16 axes directeurs du chantier du futur président de la république

 Les 16 axes directeurs du chantier du futur président de la république
Par Pr Abderrahmane Mebtoul | 09 Décembre 2019 | 20:54

Le monde connait une métamorphose impliquant des stratégies d’adaptations perpétuelles aux  nouvelles mutations tant géostratégiques, militaires, politiques et économiques mondiales 2020/2030,  n’existant pas  de situation statique. Des chantiers complexes impliquant une mobilisation générale  et un dialogue productif entre les  différentes forces sociales s’imposent  pour le futur président de la république autour de16 questions stratégiques impliquant des solutions concrètes.

1.-Les 16 axes directeurs

Premièrement,  la loi des hydrocarbures 2019  pour être opérationnelle  devrait s’inscrire dans le cadre  d’une loi organique de la transition et de la nouvelle consommation énergétique ( efficacité énergétique  et dynamiser les énergies renouvelables) et  afin, au vu  de la  forte consommation intérieure  et des nouvelles mutations énergétiques mondiales, que l’Algérie puisse honorer ses engagements internationaux. 

Deuxièmement,   le récent  découpage administratif, vision bureaucratique administrative avec d’importantes dépenses alors que l ‘objectif  comme dans tous les pays développes afin de rapprocher l’Etat du citoyen  est d’utiliser les nouvelles technologies ( e-administration) et d’aller vers de grands pôles économiques régionaux et indirectement comment réformer l’administration et  lutter contre la bureaucratie néfaste.

Troisièmement,   comment mettre en place des subventions ciblées inter socioprofessionnelle et interrégionale  passant par un  système d’information fiable en temps réel, qui s’est totalement effrité. 

Quatrièmement,  quel impact sur les équilibres financiers de  l’annonce du gouvernement  d’augmenter le SMIG sans aborder  la sphère  informelle qui permet un revenu collectif qui risque de provoque une  spirale inflationniste.

Cinquièmement  comment éviter l’épuisement des réserves de change courant 2022 et le retour au FMI devant analyser objectivement l’impact de la mauvaise allocation des ressources, du financement non conventionnel, de l’endettement extérieur ciblé.  Les importants scandales financiers mis en relief récemment devant l’opinion publique impliquent de saisir les liens entre la production de la rente ( (refonte de la gestion de Sonatrach), le système financier lieu de distribution de la rente ( refonte de tous les segments du ministère des finances).

Sixièmement,   comment mettre en place de nouveaux mécanismes de régulation pour combattre la corruption, afin qu’elle ne soit pas  conjoncturelle, les mêmes causes reproduiront les mêmes pratiques.

Septièmement, comment redynamiser deux institutions stratégiques inscrites dans la Constitution , la Cour des comptes et du conseil économique et social en berne  depuis plus  de 20 ans.

Huitièmement, comment rapatrier les fuites de capitaux à l’étranger  devant distinguer la part  dinars dont celle  dans la sphère informelle insaisissable, celle à l’étranger  placés dans des paradis fiscaux ou en bons anonymes également  insaisissables   sauf  bien entendu pour les biens réels tangibles  avec de longues procédures judicaires pour l’étranger.

Neuvièmement, comment s’adapter au nouveau monde  au sein de sous intégrations régionales (espace méditerranée et Afrique, espace naturel de l’Algérie) au sein de sous segments de filières internationalisées  devant distinguer le marché intérieur du marché extérieur où l’Algérie fin 2019 a un produit intérieur brut seulement de 180 milliards de dollars  irrigué à 80% directement et indirectement par la rente des hydrocarbures qui procurent directement et indirectement avec les dérivées environ  98% des recettes en devises.

Dixièmement, définir les segments stratégiques et non stratégiques qui sont historiquement datés, revoir la règle des 49/51% comme  je le  recommande depuis 2010, et quels sous segments privilégier où l’Algérie a un avantages comparatif en termes de cout/qualité aux normes internationales et ce sans démagogie : tourisme,(qui ne se limite pas seulement aux infrastructures mais surtout à l’environnement) , segments agriculture, segments industrie, nouvelles technologies et la culture -sport souvent oublié  qui par le monde procurent du capital argent et créent des emplois.

 Onzièmement, comment mobiliser le capital humain pilier du développement et financier (moyen), en intégrant la diaspora, pour créer 350.000/400.000 emplois par an, pas des emplois administratifs mais des emplois créateur de valeur ajoutée, où les nouvelles technologies modifieront 2020/2030, et la gestion des institutions militaires et civiles , des entreprises , la structure de l’emploi et le comportement des ménages,  supposant de faire le bilan de toutes les institutions supposées de créer des emplois ‘Andi, Ansej avec le bilan de tous les avantages fiscaux et financiers) et  la  réforme profonde du système socio-éducatif du primaire au supérieur en passant par  la  formation professionnelle ;

Douzièmement, comment régler le problème du foncier industriel et agricole pour ce dernier, ne devant pas être utopique, l’Algérie ayant un climat semi aride,  la production étant fonction essentiellement  des aléas climatiques.  

 Treizièmement, comment, assurer la nécessaire cohésion sociale (lien entre efficacité économique et justice sociale) instaurer une économie de marché concurrentielle à finalité sociale,  et réformer le système de retraite afin d’éviter son implosion.

Quatorzièmement,  comment en conciliant la modernité et notre authenticité,(un pays sans son histoire est comme un corps sans âme), restructurer les partis du pouvoir et de l’opposition et les organisations de la société civile , afin qu’ils  deviennent des intermédiaires crédibles entre l’Etat et le citoyen, comment redonner confiance à la jeunesse et  promouvoir le rôle de la  femme signe de la vitalité de toute société.

Quinzièmementcomment redonner confiance  en l’avenir, par la refonte de l’Etat devant définir le régime (présidentiel- semi présidentiel- parlementaire)  et du système judiciaire qui devra être véritablement indépendant et non instrumentalisé.

 Seizièmement, comment réformer notre diplomatie bureaucratisée et la politique étrangère qui devrait se fonder sur des réseaux afin qu’elle soit un soutien actif aux affaires économiques et de nos actions internes et quelle stratégie de notre appareil de défense /sécurité face aux tensions géostratégiques à nos frontières et comment l’adapter aux nouvelles technologies.

2.- Urgence d’une vision stratégique et d’une nouvelle gouvernance : réformes et démocratie 

Sans vison stratégique, sans  bonne gouvernance et la valorisation du savoir en ce monde instable et turbulent, il ne faut pas s’attendre à des miracles, mais à une régression économique et  sociale de l’Algérie. Nous sommes à l’ère de la mondialisation où les lois économiques sont insensibles aux slogans politiques : pour preuve une étude Bloomberg/le quotidien  le Monde du 07 décembre 2019  donne pour la capitalisation boursière  de trois géants : Aramco 1700 milliards de dollars, Apple 1180  milliards de dollars  et Microsoft 1144 milliards de dollars sur un PIB mondial  en 2018 d’environ 84.740 milliards de dollars ,pour une population totale de 7,534 milliards  (pour l’ensemble des pays du Maghreb –population  environ 100 millions, le PIB ne dépassant pas 420 milliards de dollars). Le poids économique est  déterminant dans les relations internationales, l’Economique, ne pouvant distribuer ce que l’on  n’a pas préalablement produit, quitte à conduire le pays au suicide collectif. Je tiens à réaffirmer, mes postions  constantes, ayant des amis de toutes tendances et de toutes les régions du pays, que je respecte toutes positions contraires, devant éviter  tout dénigrement. Je respecte  le choix contraire mais l’on doit respecter mon choix.  Nous sommes tous algériens et chacun aime l’Algérie à sa manière, personne n’ayant le monopole du  patriotisme, à différencier du nationalisme chauviniste source d’intolérance

Il faut apprendre à tolérer  nos différences à nous  respecter, à  écouter les  avis contraires, source d’enrichissement mutuel, ceux qui sont contre l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 et ceux qui sont pour, appartenant au 24  millions d’électeurs en leurs âmes et conscience de décider.  Personne n’a le droit en Démocratie d’imposer par la violence son point de vue et le plus grand ignorant  étant celui qui prétend tout savoir. Je citerai le grand philosophe Voltaire : «  monsieur je ne suis pas  d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai toujours de toutes mes forces pour que vous puissiez le dire ». Le  déterminant est la résolution de la crise politique rapidement, sans laquelle aucun investisseur sérieux ne viendra. Aussi,  espérons une élection transparente, l’ANP pour sa part  s’étant  engagée auprès de l’opinion nationale et internationale de ne favoriser  aucun candidat. Mais attention au bureau qui détient une part importante du  véritable pouvoir en Algérie, devant  être attentif aux anciens réseaux dont une partie de l’administration liée aux intérêts de la rente qui a été habituée aux trafics de toutes les élections, jouant  sa survie. Il appartiendra  aux citoyens  d’être attentif  et de dénoncer tout dépassement et  à l’actuel président de l’Etat  de décréter  une circulaire  qui stipulerait  une  condamnation et une sanction exemplaire à toute personne ou institution de la  république  qui par ses actions nuiraient à la  crédibilité de l’élection présidentielle et par là,  à la crédibilité internationale de l’Algérie. 

ademmebtoul@gmail.com

Voir tous les articles de l'éclairage éco