La crise économique mondiale et son impact en Algérie sur le taux de croissance, le taux de chômage, les réserves de change et la cotation du dinar

La crise économique mondiale et son impact en Algérie sur le taux de croissance, le taux de chômage, les réserves de change et la cotation du dinar
Par Pr Abderrahmane Mebtoul | 03 Aout 2020 | 16:14

Le Président de la république Abdelmadjid TEBBOUNE lors des deux derniers conseils des ministres a demandé au gouvernement un bilan serein de la situation actuelle et des solutions adéquates pour faire face à la crise qui secoue pas seulement l’Algérie mais le monde. Un bilan ne saurait être la compilation des départements ministériels mais implique une vision globale ,tenant compte tant de la situation interne qu’externe,  les actions sectorielles devant se mouler au sein d'une fonction objectif stratégique. En effet, selon les prévisions de l’OCDE, du FMI, de la Banque mondiale, le monde connait une récession inégalée depuis la crise de 1928/1929, qui durera plusieurs années avant que l’économie mondiale ne retrouve son niveau d’avant 2019  avec des incidences sociales, dramatiques avec la récession  annoncée de l’économie américaine et de la zone euro représentant environ 45% du PIB mondial avec des effets sur tout le reste du monde, la Chine dépendant fortement de la demande extérieure.  L’Algérie autant que l’ensemble des pays émergents n’échappe pas à la règle et il est important  d’analyser l’impact de la baisse du taux de croissance en Algérie  sur le taux de chômage qui s’ajoute aux taux officiel au 31/12/2019, en distinguant les emplois dans les segments productifs et les emplois rente improductifs tenant compte de la forte pression démographique, Les tensions géostratégiques au niveau de la région, la chute des prix du pétrole, avec la baisse drastique des réserves de change, ont suscité à l'extérieur des analyses prévoyant de sombres scénarios sur l'avenir de l'Algérie 2021/2023, notamment l’épuisement des réserves de change,  une dépréciation accélérée de la monnaie nationale et e vives tensions sociales.  Pourtant, en ce mois de aout  2020, l'Algérie n'est pas au bord de l'effondrement contrairement aux vues de sinistrose. Mais il faut être réaliste et ne pas verser dans la démagogie.  La situation pourrait prendre une autre dimension et s'aggraver sans un changement dans le système de gouvernance.

1.-Le  produit intérieur brut (PIB)  à prix courants  a évolué ainsi de 2000 à 2019 : 2000, 5500 milliards de dinars- 2005,  7200 milliards de dinars, – 2009, 7100 milliards de dinars (effet de la crise),-2012  , 7600  milliards de dinars, –2016, 15000  milliards de dinars, 2017 de 15100  milliards de dollars – 2018,  17160 milliards de dinars- 2019, 20110 milliards de dinars   au cours moyen de 119 dinars un dollar. Pour 2021, avec  le cours actuel du dinar par rapport au dollar, baisse d’environ 15%  et une baisse du PIB  d’environ 4/5% négatif par rapport à 2019, le PIB devrait se situer  entre 135/140  milliards de dollars.  Quant au taux de croissance qui se calcule par rapport à la période précédente, nous avons  : - 2000 5,0%-2005, 6,1%- 2010, - 2015,3,7%--  2018, 1,4 %- 2019, 0,8%. Pour les prévisions 2020  nous avons pour l’ONS  un taux de croissance négatif de 3,9% au premier trimestre 2020, , pour le FMI moins 5,0% et pour la Banque mondiale moins 6,4%.  La valeur du PIB en dinars ou dollars courants peut être trompeuse de plusieurs manières, en particulier lors de comparaisons entre deux ou plusieurs années. D'abord, parce qu'elle peut être gonflée à cause de l'inflation (ou l'inverse à cause de la déflation). C'est pour cette raison que l'on a souvent recours au PIB en dollars constants. On doit aussi tenir compte de la population; il est alors utile d'examiner le même indicateur par habitant. Pour des comparaisons internationales plus adéquates on doit examiner la donnée formulée en PPA (parité pouvoir d'achat) Il suffit que la banque d’Algérie dérapage la valeur du dinar par rapport au dollar de X % pour que le PIB  fléchisse  dans la même proportion.  Pour une appréciation objective, il faut prendre en compte la pression démographique. La population a évoluée ainsi : 2000, 30,87 millions d’abitants,-2005, 32,90- 2010,  35,97- 2018, 42,57, -2019, 43,4   -2020- 43,9 millions d’ habitants avec une population masculine de 50,5% et une population féminine de 49,5%. Les projections de l’ONS (Office national des statistiques) sur la croissance démographique sur les vingt prochaines années — sous réserve d’atteindre un indice conjoncturel de fécondité (ICF) de 2,4 enfants par femme et une espérance de vie à la naissance de 85 ans – se décline ainsi :  44,7 millions d’habitants en 2021 ; 51,309 millions en 2030 et 57,625 millions en 2040. L’accroissement naturel de la population, en 2019 a cru de  837 000 personnes, en raison du maintien du rythme des naissances vivantes au-dessus de la barre du million et l’estimation de l’espérance de vie à 77,8 ans (77,6 pour les femmes et 77,2 pour les hommes),  la légère hausse de la mortalité (198 000 décès au 1er janvier 2020 contre 193 000 à la même date l’année précédente) n’ayant  pas influé sur la courbe. La part de la population en activité économique se contracte à moins de 60% au profit de celle des enfants (30,4%) et des personnes âgées (9,3%, soit en volume 4,14 millions de seniors) et  la période de transition démographique  se traduit par l’élargissement de la base de la pyramide et le rétrécissement de la tranche des 15-24 ans. La population active a évolué ainsi : 2006, 8,86, millions- 2010 10,81- 2016, 11,93- 2018, 12,46  et fin mai 2019, 12,73  nécessitant de créer  plus de 350.000 emplois par  an qui s’ajoute au taux de chômage  actuel, ce qui influe  sur  le  taux d’emploi qui est fonction du taux  de croissance et des taux  sectoriels e productivité. La croissance a  évolué ainsi de 2000 à fin 2019 pour une entrée de devises ayant dépassé 1000 milliards de dollars dont 98% avec les dérivées proviennent   de Sonatrach et une sortie de devises d’environ 935 milliards de dollars , le solde au 31/12/2019 étant les réserves de change.. Au sein  du PIB au sein de Sonatrach ces dernières années  la part Energie représente seulement  30/35% du PIB, mais en inversant la matrice du PIB  par la méthode de la triangularisation  ,le constat est que les  hydrocarbures irriguent tout le corps économique  et avec les  effets indirects contribuent à plus de 75% du PIB. Par ailleurs le taux de croissance ne correspond pas  aux montants de devises engrangées  et à la valeur des importations qui ont implosée depuis 2010 malgré toutes les restrictions  montrant un gaspillage des ressources financières  comme le montre l’évolution du taux de croissance Concernant la répartition de la population occupée par secteur d'activité, il est constaté que les plus gros employeurs sont le secteur de la construction avec 1,9 million de travailleurs (17,2% de l'ensemble de la population occupée), suivie de l’administration publique (hors secteur sanitaire) avec 1,73 million d'employés (15,7%), du commerce avec 1,71 million (15,5%), de la santé et l’action sociale avec 1,56 million (14,1%), des industries manufacturières avec 1,33 million (12%) et de l'agriculture avec 1,14 million (10,4%), alors que les travailleurs des autres services sont au nombre de 819.000  Plus précisément,  la structure de l’emploi, selon le secteur d’activité, fait ressortir un secteur tertiaire (commerce et service –administration, le  salariat constituant  la forme d’emploi dominante avec 65,3% tant au niveau du secteur privé formel qu’au niveau du secteur public mais avec d’importantes disparités salariales et également selon le sexe. l’emploi féminin se caractérisant  par une plus grande concentration dans le secteur public (61,2% de l’emploi). Concernant les retraités, où cohabitent deux systèmes, l’un régissant les cadres de la nation et l’autre concernant la majorité ,  selon le  ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale  sont au nombre en mai 2020 de  3.266.000 personnes retraitées et selon le DG du Trésor Public d’ici fin 2020, le déficit de la CNR pourrait atteindre les 700 milliards de dinars. C’est que la CNR  connaît de sévères contraintes où actuellement, seuls 2 personnes sont actives pour 5 retraités. Face à ce constat, l’Exécutif a dû recourir au  financement non conventionnel (planche à billets) où   500 milliards de dinars a été injecté dans la CNR, dont une partie a servi à rembourser la CNAS. 

2-. Qu’en est-il  de l’impact sur le taux de chômage  ?   L’Algérie, comme tous les autres pays du monde, est menacée par le chômage, qui selon les statistiques internationales  a évolué ainsi en référence à la population active de l’année  2012, 11,0%- 2013, 9,8%- 2014, 10,6% 2015, 11,2%- 2016 10,5%- 2017, 11,6%- 2018, 13,1%- 2019, 14,3%- 2020, 15,0%- et pour 2020/2021 avant la crise -2021, 15,4%  et 2021 15,8% Les chiffres de  l’ONS précisent que pour l’année 2019, 45,8% de la totalité des chômeurs algériens ne sont détenteurs « d’aucun diplôme »; tandis que les 62,9% restants, soit six chômeurs sur dix, sont des chômeurs de longue durée à la recherche d’un emploi depuis « au moins une année ,  en augmentation permanente avec l’accroissement de la démographie.  .  Chez les personnes dont l’âge est compris entre 16 et 24 ans, le taux de chômage est estimé 26,9% en mai 2019, contre 29,1% en septembre 2018. Pour l’OCDE dans son rapport  de mai 2020, une baisse d’un point de taux de croissance engendre un accroissement du chômage en stock de 350.000, Si l’on prend les données pour 2019, taux de croissance moyen de 2% en Algérie et celles la banque mondiale du 08 juin 2020 –moins 6,4% ( recul 8,4%) celles de la banque africaine de développement de début juillet 2020 – scénario pessimiste moins de -5,4% et modéré -4,4%, et les données de l’ONS de juillet 2020,  de moins 3,9%,   nous aurons un stock additionnel de chômeurs pour 2020 en Algérie qui varierait entre 2.500.000    et 1.800.000, pas propre à l’Algérie avec la  situation de l’économie mondiale comme le montre le rapport alarmant de l’OIT de mai 2020,  plusieurs centaines  de millions de chômeurs, avec un accroissement des inégalités et de la pauvreté,  frappant particulièrement les pays les plus vulnérables.  Aussi, face à cette situation sociale difficile , le gouvernement  continue de privilégier la nécessaire cohésion sociale .   Le SMIG  était de  8000 dinars en 2001, à 15.000 dinars en 2010  et à  18.000 dinars en 2012.  En  Conseil des ministres  le  03 mai 2020, a été décidé la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) de 2000 dinars; et la suppression de l’impôt sur le revenu global pour les revenus faibles (inférieurs à 30.000 dinars,  le salaire national minimum garanti (SNMG) de 2.000 dinars pour le porter à 20.000 dinars; et ce, à partir du 1er juin 2020.    Le salaire net mensuel moyen en Algérie (hors Agriculture et Administration) a été estimé à 41.000 DA en 2018 contre 40.325 DA en 2017, selon l`Office national des statistiques (ONS). Cependant, un  salaire moyen n’a pas  de signification car voilant les disparités inter socio professionnelle et inter régionale  devant mettre en relief les liens entre la croissance, la répartition  du revenu par couches sociales et par grands espaces régionaux , la structuration du   modèle de consommation   et devant  revoir le panier des biens de consommation qui préside au calcul de l’indice, le besoin étant   historiquement  daté , évoluant avec le temps. Des millions de personnes notamment dans l’éducation nationale sont payés sans travailler , en  plus de la sous-utilisation des capacités dans bon nombre d’unités, car contraints, des taux d’intérêts bonifiés, des reports   dans le paiement des impôts , dans la loi de finances complémentaire il est prévu que le maintien des  transferts sociaux budgétisés inchangés par rapport à 2019, s’établissant à 1.798,4 Mds de DA, soit 8,4% du PIB,  la reconduction jusqu’en 2025 de l’abattement de 50% en matière d’IRG et d’IBS au profit des revenus réalisés dans les régions du Sud, l’exonération totale de l’IRG pour les revenus n’excédant pas 30.000 DA par mois applicable à compter du 1er juin 2020, la révision du seuil du SNMG qui passe de 18.000 à 20.000 DA au bénéfice des bas revenus,   Sans entre exhaustif, nous avons les subventions du prix du pain, de la semoule et du lait, les subventions des carburants et  de l’électricité , l ’Algérie  étant classée parmi les pays où le prix du carburant est le moins cher au monde, les subventions  de l’eau, les  subventions de la santé avec la médecine gratuite et la  distribution de la carte Chiffa à la majorité de la population pour le remboursement des médicaments ,  les  subventions dans le  transport, les  subventions pour le soutien au logement social et à l’emploi, des subventions  à certaines  entreprises publiques  déficitaires par l’assainissement, l’octroi  d’avantages financiers et fiscaux pour les nouvelles créations  et nous avons   l’éducation gratuite avec la prise en charge    financière du transport des étudiants, de la restauration et de l'hébergement y compris certains  CEM et lycées .Par ailleurs   le Ministre des Finances, avait  révélé le 18 juillet 2020 , lors de la rencontre du avec les partenaires sociaux et les opérateurs économiques, les pertes financières seulement pour deux à trois mois,  qu’ont encaissé certaines entreprises publiques suite à la crise du Coronavirus. . Certes à court terme l’Algérie possède des tampons sociaux comme  la crise du logement, le regroupement de la cellule familiale qui concerne une grande fraction de la population et les charges sont payées grâce au revenu familial global, mais résoudre la crise du logement sans relancer la machine économique prépare à terme l’explosion sociale ;  également grâce aux subventions bien  qu’inégalitaires, étatiques, les familles algériennes ayant  accumulé une épargne sous différentes formes, mais  cette épargne est  en train d’être dépensée face à la détérioration de leur pouvoir d’achat ;  la sphère informelle qui pourvoit par différents mécanismes à la faiblesse de l’offre pour satisfaire la demande sociale. qui n’est pas propre à l’Algérie, où selon les rapports du FMI et de l’OIT, les taux d’informalité varient considérablement d’un pays à l’autre, allant de 30 % dans divers pays d’Amérique latine à plus de 80 % dans certains pays d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du Sud-Est . Pour l’Algérie   du fait qu’en dehors des hydrocarbures sur une population active dépassant 12 millions, nous avons près de 45/50% de l’activité est concentrée dans la sphère informelle, plus de 5 millions de personnes actives,  sans protection sociale, principalement dans les  services/,les petits boulots, plombiers, électriciens maçons ect…  et l’agriculture pour les saisonniers.  Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, courant mai 2020 a révélé que le décompte des zones d’ombre qui a eu lieu au niveau des wilayas a permis le recensement d’environ 8,5 millions d’Algériens vivant dans 15 000 zones d’ombre. 

3.-Comme impact sur les équilibres financiers -fin 2020, avant l’épidémie du coronavirus , les prévisions de la   loi de finances complémentaire  sont de  44,2 milliards de dollars   de réserves de change , contre 51,6 prévu dans la loi initiale  Le FMI avant la crise  prévoyait    33,8 milliards de  dollars fin 2020,  le trésor français 36 milliards   et fin 2021/ début  2022, entre 12/13 milliards de dollars.   Mais tout dépendra à la fois des importations ne pouvant pas tout restreindre, quitte à étouffer  tout l'appareil productif, produire plus au niveau interne fonction de la balance devises pour éviter l'expérience malheureuse des usines de montage de voitures et bon nombre d'autres projets "fictifs" ,   lutter contre les surfacturations et une meilleure gestion interne, Sour réserve de ces conditions, les réserves de change pourraient être  courant  2022  entre 21/22 milliards de dollars. Si  le cours moyen 2020 est d'environ 40 dollars en termes réel et le cours du gaz naturel supérieur à 5 dollars le MBTU qui a chuté de plus de 75% entre 2008/2020( moins de 2 dollars le MBTU  en juillet 2020),procurant selon le bilan de  Sonatrach de 2019,environ  33% de ses recettes brutes, devant soustraire les couts et la part  des associés,   et  le manque à gagner de la réduction de la production décidée par l’OPEP pour l’Algérie d’environ 3 milliards de dollars en moyenne annuelle,  les recettes de Sonatrach   fin 2020 devraient clôturer entre 21/22 milliards de dollars. Mais attention aux faux calculs car le cours réel du pétrole, doit être rattaché au pouvoir d’achat du dollar  qui s’est déprécié depuis le début de l'année 2020  étant cotée à 1,08- 1,07 dollar un euro et est coté le 31 juillet 2020 à 1,19 dollar un euro en raison des  incertitudes de l'économie américaine et surtout du gonflement du déficit budgétaire soit une baisse d'environ 11 pour cent. Ainsi, le  cours réel du Brent coté le 02 aout 2020  est coté à  43,34 dollars,  ce gain étant contrebalancé par  une  hausse de la facture d'importation libellée en euros, devant donc dresser la balance devises, est en réalité  à  prix constant en référence à janvier /février 2020,  le 02 aout  2020 à  38,40 dollars  le baril en termes de parité du pouvoir d’achat.  Cela influe sur la cotation du dinar corrélée à la création de valeur ajoutée et  aux réserves de change cotée le - 02 aout 2020 :127,95 dinars un dollar  et 150,93 dinars un euro.  Tout dérapage du dinar par rapport au dollar et à l'euro permet d'augmenter artificiellement la fiscalité hydrocarbures ( reconversion des exportation hydrocarbures en dinars) et la fiscalité ordinaire( via les importations tant en dollars qu’en euros convertis  en dinar dévalué) , cette dernière accentuant l'inflation  ( équipements, matières premières, biens finaux, montant accentué par la taxe à la douane s'appliquant à la valeur dinar,  étant supportée en fin de  parcours, par le consommateur comme un impôt indirect, l’entreprise ne pouvant supporter ces  mesures que si elle améliore sa productivité. Pour suppléer au déficit budgétaire, le recours à la planche à billets    après l'épuisement du  Fonds de stabilisation du pétrole (FRR) pour financer  le déficit budgétaire,  la Banque Centrale ayant recouru à ce mécanisme  de  mi-novembre 2017 à avril 2019, ayant  mobilisé 55 milliards de dollars, soit l'équivalent de 32 % du PIB de 2018. aura un impact négatif à terme.  Ce financement , outre ‘effet inflationniste, comme au Venezuela, favorise , contrairement à certains discours, la baisse la baisse des réserves de change puisque en mettant à la disposition de certaines entreprises des dinars, (70% des matières premières et des équipements des entreprises publiques et privées étant importées, le taux d'intégration ne dépassant pas 15/20%) ces dernières se porteront importatrices en devises en biens et services.   En cas de baisse drastique des réserves de change à 10/12 milliards de dollars, qui tiennent la cotation du dinar algérien à plus de 70%, ( voir l’expérience vénézuélienne) la banque d'Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200/220 dinars un euro avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctue en fonction du taux d'inflation, la cotation actuelle sur ce marché n’étant pas  significative du fait de l’épidémie du coronavirus qui limite la demande. La baisse de l'offre de devises par les anciens réseaux (tarissement de l’envoi de l’ émigration )  a été contrebalancée par les fortunes acquises régulièrement ou irrégulièrement par la communauté algérienne localement et à l'étranger qui font transiter irrégulièrement ou régulièrement des devises en Algérie montrant clairement que le marché parallèle de devises est bien plus important que l'épargne de l'émigration. Ces montants fonctionnant comme des vases communicants entre l'étranger et l'Algérie renforcent ainsi l'offre. Il existe donc un lien dialectique entre ces sorties de devises dues à des surfacturations et l'offre, sinon cette dernière serait fortement réduite et le cours sur le marché parallèle de devises serait plus élevé, jouant, comme amortisseur à la chute du dinar sur le marché parallèle. Cependant,  évitons la sinistrose. l’Algérie possédant  d(importantes potentialités  et a encore quelques leviers.  Le    stock de la dette extérieure au 01 janvier 2019 est relativement faible, ayant    atteint 5,710 milliards de dollars, selon l'édition 2020 des statistiques sur la dette internationale de la Banque mondiale, contre  5,707 milliards de dollars à fin 2017 et à 5,463 milliards de dollars à fin 2016.  Bien que  la  dette publique pourrait s’établir à  61% du PIB fin 2020 selon le trésor français,  contre 36% en 2018  et  46,3% du PIB en 2019,  d’autres  estimations donnant 57% entre 2019/2021. Cela n’est pas propre à l’Algérie puisque la  dette publique totale uniquement pour  l'ensemble de la zone euro , qui a déjà atteint 1 865 milliards de dollars en 2019, pourrait donc dépasser les 2 000 milliards de dollars fin 2020.   Pour  se projeter sur l'avenir, loin de tout populisme dévastateur, la nouvelle situation  impose une nouvelle gouvernance, un langage de vérité et la moralité des gouvernants.  L'Algérie devra   s'adapter au nouveau monde, de rétablir  la confiance pour sécuriser son avenir, de s'éloigner des aléas de la mentalité rentière, de réhabiliter le travail et l'intelligence, de rassembler tous ses enfants et toutes les forces politiques, économiques et sociales, en tolérant les différentes sensibilités mais  évitant la division sur des sujets secondaires. Il y va de la sécurité nationale. 

 03/08//2020

ademebtoul@gmail.com

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-Toutes les données statistiques dans cette présente contribution sont extraites soit des institutions internationales ou de données officielles algériennes.

(1) Audit réalisé sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul avec une équipe pluridisciplinaire composée d’experts algériens  de différentes spécialités –sans rémunération-  « quelle politique de l’emploi et des salaires pour l’Algérie (Présidence de la République 8 volumes 2008/2009) www.algerie1.com l’impact de la crise sur le niveau des réserves de change et la cotation du dinar  -30 juillet 2020.

Pour un bilan et les défis de l’Algérie face aux enjeux géostratégiques -interview 11 aout 2018 American Herald Tribune USA  « Dr. Abderrahmane Mebtoul: “Algeria Still Faces Significant Challenges »  et sur l’impact de l’épidémie du coronavirus sur les tensions sociales au niveau de l’économie  mondiale American  Herald Tribune  février 2021 et sur l’ économie algérienne AfricaPresse  Paris  mai 2020.

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