L’Accord d’association avec l'Europe n’a pas réalisé les objectifs attendus en matière d’investissements européens en Algérie.

L’Accord d’association avec l'Europe n’a pas réalisé les objectifs attendus en matière d’investissements européens en Algérie.
Par Pr Abderrahmane Mebtoul | 20 Aout 2020 | 14:03

Ayant des incidences  politiques, sécuritaires, économiques, sociales et culturelles sur l’économie algérienne   donc devant être impérativement pris en compte dans le plan de relance, l’Accord d’association avec l’Europe , signé le  1er septembre 2005  qui prendra fin le 01 septembre 2020 avec des  démantèlements tarifaires au Conseil des Ministres présidé récemment,  le Président de la république Abdelmadjid Tebboune considère  nécessaire de réévaluer les volets économique et commercial de l'Accord  qui n’a pas réalisé les objectifs attendus en matière d’investissements européens en Algérie.

.1.-Pour pouvoir se projeter sur l’avenir, s’impose sans complaisance, l’analyse de la situation socio économique actuelle et notamment la place de la rente des hydrocarbures où pétrole/gaz avec les dérivés qui représentent  98% des entrées des devises du pays. influant sur le taux de croissance, le taux de chômage, et le niveau des réserves de change ( notre interview Monde.fr/AFP Paris 10/08/2020) . Ainsi, le  cours réel du Brent côté le 20  aout 2020) à 12h Gmt à  44,91 ramené à prix constant  à la période janvier février 2020  est en réalité  de  40 dollars,  ce gain étant contrebalancé par  une  hausse de la facture d'importation libellée en euros, devant donc dresser la balance devises L’évolution du cours du Brent, en moyenne annuelle, avec des fluctuations semaine par semaine  mois par  mois, est la suivante de 2000 à  2020 :  2000, 28,52 dollars le baril - 2005, 54,41 - 2010, 78,92 - 2014, 99,      -2015, 52,36 - 2016, 43,55 -  2017, 54,25 - 2018, 71,05- 2019, 64,34 estimation fin 2020 en moyenne entre un cours très bas  les quatre premiers mois de 2020 et hypothèse un cours qui dépasse 40 dollars le Brent  de juillet à décembre 2020, selon les instituions internationales nous aurons une moyenne de  35 dollars le Brent. Nous aurons plusieurs incidences sur l’économie algérienne. Premièrement, sur  le taux de croissance du  produit intérieur brut (PIB)  à prix courants qui   a évolué ainsi de 2000 à 2019 ?  se calculant  par rapport à la période précédente, un taux de croissance élevé en T1 par rapport à un taux de croissance faible en TO donne globalement un taux faible  : - 2000 5,0%-2005, 6,1%- 2010, - 2015,3,7%--  2018, 1,4 %- 2019, 0,8%. Pour les prévisions 2020  nous avons pour l’ONS  un taux de croissance négatif de 3,9% au premier trimestre 2020, , pour le FMI moins 5,0% et pour la Banque mondiale moins 6,4. Entre 2000/2019 pour une entrée de devises de plus de 1000 milliards de dollars avec 98% provenant de  Sonatrach. avec les dérivées et une sortie de devise s d’environ 935 milliards de dollars de biens et services (le solde étant les réserves de change) le taux de croissance  a varié entre 2/3% alors qu’il aurait du dépasser 9/10% par an. Sur environ 2 milliards de dollars d’exportation ors hydrocarbures en 2019, 70% étant des dérivées d’hydrocarbures restant aux autres secteurs  moins de 600 millions de dollars et l’objectif assigné de 5 milliards de dollars en 2021 dans cette conjoncture tant interne qu’externe , avec la récession de l’économie mondiale sera difficile à atteindre( voir mon interview au quotidien gouvernemental horizon 20/08/2020).  .La structure productrice fait ressortir que le secteur industriel représente moins de 6% du PIB , que le taux d’intégration des entreprises publiques et privées  ne dépasse pas 15% , que plus de 85% des équipements et matières premières sont importées et que 97% des entreprises sont des unités personnelles ou petites PMI/PME peu innovantes, incapables  d’être concurrentielles au niveau international. Deuxièmement, sur le taux de chômage , phénomène mondial, lié à  la pression démographique. La population a évoluée ainsi : 2000, 30,87 millions d’abitants,-2005, 32,90- 2010,  35,97- 2018, 42,57, -2019, 43,4   -2020- 43,9 millions , 51,309 millions en 2030 et 57,625 millions en 2040 avec une La population active en  2006 de  8,86, millions- 2010 10,81- 2016, 11,93- 2018, 12,46  et fin mai 2019, 12,73 . Plus précisément,  la structure de l’emploi, selon le secteur d’activité, fait ressortir un secteur tertiaire (commerce et service –administration  avec des disparités selon l’âge, le sexe et le niveau d’instruction, et dont les conséquences sont néfastes sur le plan socio-économique. L’Algérie subit actuellement les effets de l'accroissement démographique dans les domaines de l'éducation et le marché de travail, avec la présence d’un déficit d’emplois décents et permanents, l’inadéquation entre l’emploi et la formation, la crise économique  avec des flux migratoires. Le taux de chômage selon les statistiques internationales  a évolué ainsi en référence à la population active de l’année  2012, 11,0%- 2013, 9,8%- 2014, 10,6%-2015, 11,2%- 2016 10,5%- 2017, 11,6%- 2018, 13,1%- 2019, 14,3%- 2020, 15,0%- et pour 2020/2021 avant la crise -2021, 15,4%  et 2021 15,8% .Troisièmement l’impact   sur le déficit budgétaire   les prévisions  de la loi de finances complémentaires 2020 qui  se fonde sur le  prix fiscal  de 30 USD  et sur le prix de marché de 35 USD prévoyant la baisse des exportations d'hydrocarbures à 17,7 milliards de dollars ,  contre 35, 2 milliards de dollars prévus dans l'ancienne loi de finances. Le déficit budgétaire devrait atteindre -1.976,9 milliards de dinars, soit -10,4% du Produit intérieur brut (PIB) (contre -1.533,4 milliards de dinars, soit -7, 2% du PIB dans la loi préliminaire). la  balance des paiements enregistrant  un solde négatif de -18,8 milliards de dollars, contre 8,5. Dans ce cadre il faut éviter les utopies de la panacée de la finance islamique qui représente moins de 1% au niveau mondial,  sa réussite reposant sur la visibilité de toute politique socio-économique,  la maitrise de l’inflation   liée à la cotation du dinar , et  surtout de la confiance Etat-citoyens ( voir notre interview mensuel financier Le Capital.fr-Tv France 24 avec l’AFP du 13 aout 2020). Quatrième impact   sur l’évolution des réserves de change qui   ont évolué ainsi :  - 1999 : 4,4 milliards de dollars, - 2005 : 56,2 milliards de dollars, - 2008 : 143,1 milliards de dollars, - 2009 : 147,2 milliards de dollars,    - 2010 : 162,2 milliards de dollars,     - 2011 : 175,6 milliards de dollars, - 2012 : 190,6 milliards de dollars, - 2013 : 194,0 milliards de dollars, - 2017 : 97,33 milliards de dollars, - 2018 : 79,88 milliards de dollars   - 2019 (avril) : 72,60 milliards de dollars fin  2019 :  62 milliards de dollars, - fin 2020, avant l’épidémie du coronavirus , les prévisions de la   loi de finances complémentaire  sont de  44,2 milliards de dollars contre 51,6 prévu dans la loi initiale  Le FMI avant la crise  prévoyait    33,8 milliards de  dollars fin 2020,  le trésor français 36 milliards   et fin 2021, début 2022, entre 12/13 milliards de dollars.   Sour réserve d’une reprise de l’économie mondiale, d’une meilleure gouvernance, lutte contre les surfacturations, une allocation des ressources plus rationnelle ,  les réserves de change pourraient être clôturées fin 2021 début  2022  entre 21/22 milliards de dollars. A court terme,  si le cours moyen 2020 est d'environ 40 dollars en termes réel et le cours du gaz naturel supérieur à 5 dollars le MBTU qui a chuté de plus de 75% entre 2008/2020, environ 2 dollars le MBTU  en juillet 2020),procurant selon le bilan de  Sonatrach de 2019,environ  33% de ses recettes brutes, devant soustraire les couts et la part  des associés,   et  le manque à gagner de la réduction de la production décidée par l’OPEP pour l’Algérie d’environ 3 milliards de dollars en moyenne annuelle, au cours moyen de 40 dollars, les recettes fin 2020 devraient clôturer entre 21/22 milliards de dollars. Cinquième impact ,   sur la cotation du dinar où  la valeur  d’une monnaie dépend avant tout  du niveau de la production et de la productivité interne  et la capacité d’un pays à pénétrer  le marché international  et où   l'évolution du cours officiel   du dinar est  fortement corrélé aux réserves de change via les recettes d'hydrocarbures à plus de 70%( voir notre interview en arabe sur le site américain Maghrebvoice du 18/08/2020). Pour la période 2010  au 17 aout 2020 nous avons la cotation suivante avec une cotation suivante   - 2010, 74,31 dinars un dollar et 103,49 dinars un euro :   -2015, 100,46 dinars un dollar et 111,44 dinars un euro :  -2016 :100,46 dinars un dollar et 111,44 dinars un euro :  -2017 : 110,96 dinars un dollar  et 125,31 dinars un euro :   - 2018 : 116,62 dinars un  dollar et  137,69 dinars un euro :   -2019 :119,36 dinars un dollar et 133,71 dinars un euro :- 17 aout 2020 :128,19 dinars un dollar  et 151,74 dinars un euro.  Tout dérapage du dinar par rapport au dollar et à l'euro permet d'augmenter artificiellement la fiscalité hydrocarbures ( reconversion des exportation hydrocarbures en dinars) et la fiscalité ordinaire( via les importations tant en dollars qu’en euros convertis  en dinar dévalué) , cette dernière accentuant l'inflation  ( équipements, matières premières, biens finaux, montant accentué par la taxe à la douane s'appliquant à la valeur dinar,  étant supportée en fin de  parcours, par le consommateur comme un impôt indirect, l’entreprise ne pouvant supporter ces  mesures que si elle améliore sa productivité. Quant à la finance islamique comme moyen de financement,  qui est de promouvoir  l'investissement dans des actifs tangibles, il faut éviter l’utopie représentant 2019 moins  de 1% du financement global de l’économie mondiale ( 2500 milliards de dollars sur plus de 260.000  milliards de dollars), encore qu’il faille l’encourager . Pour suppléer au déficit budgétaire, le recours à la planche à billets    après l'épuisement du  Fonds de stabilisation du pétrole (FRR) pour financer  le déficit budgétaire,  la Banque Centrale ayant recouru à ce mécanisme  de  mi-novembre 2017 à avril 2019, ayant  mobilisé 55 milliards de dollars, soit l'équivalent de 32 % du PIB de 2018. aura un impact négatif à terme.  Ce financement , outre l ‘effet inflationniste, comme au Venezuela, favorise , contrairement à certains discours, la baisse la baisse des réserves de change puisque en mettant à la disposition de certaines entreprises des dinars, (70% des matières premières et des équipements des entreprises publiques et privées étant importées, le taux d'intégration ne dépassant pas 15/20%) ces dernières se porteront importatrices en devises en biens et services.   En cas de baisse drastique des réserves de change à 10/12 milliards de dollars, qui tiennent la cotation du dinar algérien à plus de 70%, ( voir l’expérience vénézuélienne) la banque d'Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200/220 dinars un euro avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctue en fonction du taux d'inflation, la cotation actuelle sur ce marché n’étant pas  significative du fait de l’épidémie du coronavirus qui limite la demande.. Il sera difficile de combler l'écart avec le marché parallèle pour la simple raison que l'allocation de devises pour les ménages est dérisoire. 

2.-Qu’en est-il de l’Accord afin de permettre une mise à niveau de l’économie algérienne? Les principes de l'Accord d'association  sur le plan économique du libre-échange sont identiques à ceux que l’on retrouve avec les règles de l’OMC, les pays membres accaparent plus de 95 % du commerce mondial et la majorité des pays de l’OPEP et hors OPEP  dont le niveau de production est bien plus élevé que celui de l’Algérie, dont  l’Arabie Saoudite et la Russie, sont membres de cette organisation.  Or, les pays membres accaparent plus de 95 % du commerce mondial et la majorité des pays de l’OPEP dont le niveau de production est bien plus élevé que celui de l’Algérie, les derniers en date étant l’Arabie Saoudite et la Russie, sont membres de cette organisation  dont l’Algérie est observatrice depuis plus de 20 ans.  Il y a lieu de préciser que les principales résolutions de la quatrième Conférence ministérielle, tenue à Doha, en novembre 2001, a examiné les problèmes que rencontrent les pays en développement pour mettre en œuvre les Accords actuels de l’OMC, c’est-à-dire les accords issus des négociations du Cycle d’Uruguay. La décision sur la mise en œuvre a porté  au titre de la balance des paiements avec des conditions moins rigoureuses énoncées dans le GATT. Cela est applicable aux pays en développement s’ils restreignent leurs importations pour protéger l’équilibre de leur balance des paiements. Puis un engagements en matière d’accès aux marchés : clarification des conditions à remplir pour pouvoir négocier ou être consulté sur la répartition des contingents agriculture incluant  le développement rural et la  sécurité alimentaire ; des délais plus longs sont accordés aux pays en développement pour leur permettre de s’adapter aux nouvelles mesures SPS des autres pays. Ensuite il y a l’assistance technique aux pays les moins avancés et examen de l’assistance technique en général dont le transfert de technologie aux pays les moins avancés. Nous avons également les modalités d’application d’une disposition spéciale  qui reconnaît que les pays développés doivent prendre spécialement en considération la situation des pays en développement lorsqu’ils envisagent d’appliquer des mesures antidumping ; la prorogation du délai impartie aux pays en développement pour mettre en œuvre l’Accord ; l’élaboration d’une méthode pour déterminer quels pays en développement satisfont au critère selon lequel leur PNB par habitant doit être inférieur à 1 000 dollars pour qu’ils puissent accorder des subventions subordonnées à l’exportation. De nouvelles règles autorisent les pays en développement à accorder des subventions dans le cadre de programmes qui visent « des objectifs légitimes en matière de développement », sans que cela donne lieu à une action en matière de droits compensateurs ; et enfin, l’examen des dispositions concernant les enquêtes en matière de droits compensateurs. Du point de vue de l’Accord d’association, l’on devra distinguer les incidences générales des incidences sur les services énergétiques. En ce qui concerne les incidences générales : l’interdiction du recours à la « dualité des prix » pour les ressources naturelles, en particulier le pétrole (prix internes plus bas que ceux à l’exportation) ; l’élimination générale des restrictions quantitatives au commerce (à l’import et à l’export) ; obligation de mettre en place les normes de qualité pour protéger la santé tant des hommes que des animaux (règles sanitaires et phytosanitaires). Les conséquences de tels accords sont : le démantèlement des droits de douanes et taxes pour les produits industriels et manufacturés sur une période de transition ; les relations de partenariat entre les deux parties seront basées sur l’initiative privée. Tous les monopoles d’Etat à caractère commercial sont ajustés progressivement pour une période à négocier. La coopération économique devra tenir compte de la composante essentielle qu’est la préservation de l’environnement et des équilibres écologiques. En ce qui concerne les incidences sur les services énergétiques, l’Algérie se doit d’être attentive à la nouvelle stratégie énergétique qui se dessine entre 2020/2030  tant au niveau européen qu’au niveau mondial. Les accords dont il est question devraient faire passer les industries algériennes du statut d’industries protégées à des industries totalement ouvertes à la concurrence internationale. Ces accords prévoient  la suppression progressive  des obstacles tarifaires et non tarifaires, avec d’énormes défis aux entreprises industrielles de notre pays. Si ces accords ne peuvent avoir que peu d’impacts sur le marché des hydrocarbures en amont, déjà inséré dans une logique mondiale (pétrole),  il en va autrement de tous les produits pétroliers à l’aval qui vont être soumis à la concurrence européenne et internationale. Ainsi, la dualité des prix mesure par laquelle un gouvernement maintient des prix internes à des niveaux plus bas que ceux qui auraient été déterminés par les forces du marché et les restrictions à l’exportation. Autre incidence, l’ouverture à la concurrence du marché des services énergétiques qui concernent toutes les activités et l’urgence d’intégrer la sphère informelle domaine en Algérie. Enfin, l’environnement considéré comme un bien collectif, l’Algérie doit s’engager à mettre en œuvre les différentes recommandations contenues dans les chartes sur l’énergie.

3.- La révision de l’Accord  ne remet  nullement en question la  modification de l’Accord cadre, mais des modifications  qui permettraient de relancer la coopération entre l’Algérie et l’UE dans le but  de donner à cet accord toute son importance et d’utiliser tout son énorme potentiel dans ses trois composantes: politique, économique et humaine. L’Europe n’est pas contre une révision de l’Accord mais souhaite  la création d’un cadre juridique stable et transparent, propice à l’investissement, ainsi que la réduction des subventions, la modernisation du secteur financier, et le développement du potentiel des partenariats public-privé qui  font partie des réformes structurelles nécessaires qui doivent encore être menées. Pour l’Algérie, qui a introduit une série de mesures protectionnistes, invoquant une détérioration de la balance de paiements,  Il n’est pas question de rompre l’Accord d’Association qui la lie à l’Europe mais de favoriser un partenariat gagnant/gagnant. l’Europe ne devant pas  considérer l’Algérie uniquement du point de vue d’un marché, étant consciente   que la   situation du pays reste toutefois tributaire de l’évolution des marchés d’hydrocarbures, des ventes dont le pays tire l’essentiel de ses revenus, en rappelant que la coopération énergétique, basée sur un protocole spécifique, est au centre de la coopération avec l’UE. C’est que  l’Europe reste un partenaire clef  pour l’Algérie comme en témoigne la structure du commerce extérieur de l’Algérie pour 2019.  Pour les  principaux fournisseurs , les cinq premiers fournisseurs de l’Algérie représentent 50,33 % des importations globales,   la Chine étant le principal fournisseur ayant contribué à hauteur de 18,25 % des importations de l’Algérie, suivie par la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne avec des parts respectives de 10,20 %, 8,13 %, 6,99 % et de 6,76 %. Pour les  principaux clients , durant l’année 2019, les cinq premiers clients de l’Algérie représentent près de 50,85 % des exportations algériennes,  la France étant  le principal client de l’Algérie avec une part de 14,11 %, suivie par l’Italie, l’Espagne, la Grande Bretagne et la Turquie avec des parts respectives de 12,90 %, 11,15 %, 6,42 % et de 6,27 %.. En termes de répartition des échanges commerciaux (import et export) de l’Algérie par zone géographique au cours de l’année 2019, l’exploitation montre clairement que l’essentiel de ces échanges reste toujours polarisé sur les partenaires traditionnels. En effet, les pays de l’Europe enregistrent une part de 58,14 % de la valeur globale des échanges commerciaux au cours de l’année 2019, soit un montant de 45,21 milliards USD contre 51,96 milliards USD enregistré durant l’année 2018. Les pays de l’Asie viennent en seconde position des flux commerciaux avec une part de 23,92 %, en passant de 19,07 milliards USD à plus de 18,60 milliards USD pour les périodes considérées. Sur le plan géostratégiquepour l’Europe l’Algérie est un acteur déterminant de la  stabilité régionale  et de l’approvisionnement en énergie de l’Europe .  Selon l'exécutif européen dans son rapport sur l'état d'avancement des relations UE-Algérie en date du 03 mai 2018 et dans  plusieurs rapports  entre 2019/2020, l’Union européenne salue  les efforts de l’Algérie en matière de sécurité et de défense au niveau de la région. Selon ces rapports, « l'effort continu, (...) de modernisation des équipements, ainsi que les nombreux effectifs de sécurité dont l'Algérie dispose, ont permis au pays de contrer de façon efficace les menaces terroristes. L’évolution de la crise libyenne et la situation complexe dans la région du Sahel ont amené l'Armée nationale populaire (ANP) à déployer des forces de sécurité supplémentaires aux frontières ». L’effort continu, de l’ANP et des forces de sécurité   ont permis au pays de contrer de façon efficace les menaces terroristes. Concernant l’énergie, où l’Algérie doit s’orienter ver s un Mix énergétique afin  d’honorer ses engagements internationaux du fait de la forte consommation intérieure liée à l’urgence de la révision de la politique des subvention s ( voir étude réalisée sous ma direction  8 volume s avec els cadres de Sonatrach et le bureau d ‘études américain  Ernest Young sur la politique des carburants Ministère Energie 2008) ,  l’Algérie par exemple à travers les canalisations Medgaz et Transmed est un acteur stratégique pour l’approvisionnement en énergie de l’Europe. (voir nos interviews   à l’American Herald Tribune du 28 décembre 2016 -au quotidien financier français la Tribune.fr  en février 2017 et le 10/08/2020 à la télévision américaine Al Hurra) . Sur le volet économique, les négociations entre l’Algérie et l’Europe  ont connu des divergences qui se sont accentuées suite aux décisions du gouvernement courant 2009 de postuler 51 pour cent aux Algériens dans tout projet d'investissement, l’Europe saluant la décision récente d’assouplir cette règle mais  attendant le décret d’application pour un éclaircissement de ce qui est stratégique et de ce qui ne l’est pas.  Catherine Ashton, ex-commissaire européenne au Commerce, avait invoqué que l'Algérie aurait violé les articles 32, et 37, 39 et 54 de cet Accord. lors de sa visite à Alger les 6/7 juin 2010, l’ex commissaire européen à l'Elargissement et à la Politique de voisinage, M.Stefan Füle, avait indiqué que la part de l'UE dans les importations de l'Algérie a régressé au bénéfice de la Chine avec un important déficit  commercial au dépend de l’Algérie, que pout toute analyse objective, qu’il faille inclure les importations européennes de pétrole et de gaz. En dehors des hydrocarbures que peut exporter l’Algérie en direction de l’Europe  et  que si l'Algérie n'a pas tiré profit de l'Accord d'Association, c'est parce que les réformes structurelles n'ont pas été menées. Pour l’Algérie c’est l’Europe qui n’ pas rempli ses engagements avec un déséquilibre croissant de sa balance commerciale hors hydrocarbures  s’étant engagée à favoriser une économie diversifiée et que   l’Algérie a  toujours plaidé pour le renforcement du «dialogue et de la concertation» entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) en vue de «densifier» les relations bilatérales dans «l’intérêt mutuel et l’équilibre des intérêts afin de  faire face aux défis communs de sécurité et de développement   dans le cadre d’un partenariat gagnant -gagnant , ne voulant pas  être considérée comme un simple marché. Aux préoccupations soulevées par l’UE concernant ses parts de marché en Algérie suite aux mesures de rationalisation des importations prises par le gouvernement algérien dans un contexte bien particulier, cela n’est pas propre à notre pays comme en, témoigne bien avant  l’épidémie du coronavirus les mesures restrictives de bon nombre de pays  tant pour les USA que l’Europe et les tensions avec la Chine,  mais   restant  convaincu que les discussions engagées par les deux parties sur ce dossier permettront d’arriver à des solutions pragmatiques et acceptables qui prennent en ligne de compte les intérêts légitimes de chaque partie.   La volonté serait de « densifier » cette coopération, , pour qui  la démarche d’évaluation réclamée par l’Algérie ne vise nullement à remettre en cause l’Accord, mais, bien au contraire, à l’utiliser pleinement dans le sens d’une interprétation positive de ses dispositions permettant un rééquilibrage des liens de coopération, Du côté européen, on évoque des discussions « constructives , la relation bilatérale, prometteuse aussi bien dans le domaine de l’énergie que dans l’activité des entreprises et du commerce, avec  un potentiel inexploré, même si grevé par des lourdeurs administratives.

4.-Alors quelles perspectives pour préparer l’Algérie  aux nouveaux défis mondiaux ? Mener   de profondes réformes structurelles politiques et économiques, ne n’oubliant pas social et  le culturel qui seront déterminants en ce XXIème siècle,  au profit exclusif de  l’Algérie , réformes qui trouveront  des résistances des tenants de la rente. Outre les réformes institutionnelles, dont   la révision constitutionnelle,  renvoyant à la refonte de l’Etat  pour de nouvelles missions adaptées des relations dialectiques Etat- Marché, et donc lutter contre  la bureaucratie centrale et locale, qui enfante la sphère informelle et la corruption, le grand défi  pour le Président de la  république Abdelmadjid TEBBOUNE, enjeu énorme car déplaçant des intérêts de rente,  , sont la transparence  de la gestion de Sonatrach lieu de la production de la rente et  le système financier, lieu de distribution de la  rente,  afin  de l’autonomiser afin qu’il ne soit  plus dans le sillage des sphères de clientèlesLes débats contradictoires en association avec toutes les composantes de la société, tolérant les différentes sensibilités et la nécessaire cohésion sociale me semblent être la seule voie pour dépasser la crise multidimensionnelle actuelle, car les ajustements sociaux seront douloureux.  Il existe un théorème universel en sciences politiques : 80% d’actions mal ciblées  ont un impact seulement de 20% sur l’activité économique et sociale avec un gaspillage des ressources financières ; par conte 20%d’action bien ciblées ont un impact  de 80%.  Nous devons   être réaliste  devant éviter de raisonner en termes d’Etat-Nation  car seules  des entreprises publiques ou privées concurrentielles au niveau international peuvent exporter,  l’Etat régulateur ( les ambassades (bureaucratisées pour le cas Algérie)  jouant en tant que facilitateur, où des segments de marché sont contrôlés  par les grandes firmes par grands espaces géographiques.  Comme il y a lieu d’éviter  le mythe de l’exportation des matières premières brutes dont les prix notamment du fer et du phosphate, nécessitant de lourds investissements exigeant un partenariat étranger,  ont chuté depuis 10 ans d’environ 30/40% , procurant juste un profit moyen, et si les projets  sont opérationnels  2022, le seuil de rentabilité ne sera atteint pas  avant cinq à six ans.  Cependant , ne versons pas  dans la sinistrose tout en étant réaliste. L’Algérie possède encore quelques leviers pour dépasser la situation actuelle,  dont le   stock de la dette extérieure au 01 janvier 2019 étant  relativement faible, ayant    atteint 5,710 milliards de dollars, selon la Banque mondiale, contre  5,707 milliards de dollars à fin 2017. Par contre la  dette publique pourrait s’établir à  61% du PIB fin 2020 selon le trésor français,  contre 36% en 2018  et  46,3% du PIB en 2019,  d’autres  estimations donnant 57% entre 2019/2021. Cela n’est pas propre à l’Algérie avec l’accroissement de la dette publique des Etats.  L’Algérie ne peut continuer à fonctionner entre le budget d'équipement et de fonctionnement, selon le FMI,  à un cours variant entre 95/100 dollars le baril et donc  a besoin d'une cohérence dans sa politique socio-économique (pour un bilan et les défis de l’Algérie face aux enjeux géostratégiques -interview 11 aout 2018 American Herald Tribune USA  « Dr. Abderrahmane Mebtoul: “Algeria Still Faces Significant Challenges »  et sur l’impact de l’épidémie du coronavirus sur les tensions sociales au niveau de l’économie  mondiale American  Herald Tribune  février 2021 et  AfricaPresse  Paris  mai 2020) . L’égalité n’est pas celle du modèle de l963-2019 mais recouvre la nécessité d’une transformation de l’Etat gestionnaire à l’Etat régulateur, par la formulation d’un nouveau contrat social, renvoyant à  la refondation de l’Etat. Pour   se projeter sur l'avenir , l’Algérie nouvelle  impose une nouvelle gouvernance, un langage de vérité, la moralité des gouvernants,  de rétablir  la confiance pour sécuriser son avenir, de s'éloigner des aléas de la mentalité rentière, de réhabiliter le travail et l'intelligence, de rassembler tous ses enfants et toutes les forces politiques, économiques et sociales, en tolérant les différentes sensibilités mais  évitant la division sur des sujets secondaires. Il y va de la sécurité nationale.   L’avenir  de l’économie algérienne repose sur six  paramètres stratégiques ( voir nos contributions site www. google.com ww.google 20000/2020) : premièrement la lutte contre la bureaucratie centrale et locale, renvoyant à la refondation de l’Etat  qui  enfante la corruption. La majorité des   rapports internationaux, donnent  des résultats mitigés,  sur le climat des affaires en Algérie où le pouvoir bureaucratique décourage les véritables investisseurs, le  cadre macro-économique étant stabilisé artificiellement par la rente des hydrocarbures( note interview le Mondefr /AFP 10/08/2020), donc  une plus grande cohérence des institutions ,  autour de cinq à six grands pôles régionaux, donc une véritable décentralisation qui paralyse les initiatives créatrices  et non une déconcentration néfaste;   deuxièmement,  la réforme urgente du système socio-éducatif, du primaire au secondaire  et le supérieur y compris la formation professionnelle , le savoir pilier du XXIème siècle, le foncier  ;  troisièmement, , la  maitrise de la dépense publique ,  des couts et la lutte contre les surfacturation et la  corruption;  quatrièmement,   à moyen et long terme l’économie est dépendante de  la croissance hors hydrocarbures s’insérant dans le cadre de la quatrième révolution économique mondiale fondée sur la transition numérique  et énergétique;    cinquièmement, la maitrise  de la pression démographique et de l’urbanisation pour un  espace équilibré et solidaire;  sixièmement,, la réforme du   système financier( douane, fiscalité, domaine, banques) , lieu de distribution de la  rente  enjeu énorme du pouvoir et la transparence de la gestion de Sonatrach dans la mesure  où   l’économie reposera encore pour longtemps   sur  le  cours des hydrocarbures, impliquant un nouveau management de Sonatrach, expliquant l’audit exigé par le Président de la république,  sixième facteur déterminant pour l’avenir du pays. (Pr Mebtoul- Quotidiens gouvernementaux - Al Massa quotidien gouvernementaux  du 17 aout 2020 ‘ l’Algérie/Europe deux partenaires stratégiques » et El Moudjahid  du 19 aout 2020 Abderrahmane Mebtoul, expert international : «l’Algérie possède des leviers pour dépasser la situation actuelle»  Interview 18/08/2020 à la radio publique arabophone chaine 1 «  les axes du discours du président Abdelmadjid Tebboune).

 En résumé ’accord  d’Association du fait qu’il engage la sécurité nationale, il est souhaitable que ce dossier soit piloté par le Ministère des affaires étrangères et non le Ministère du commerce  incluant des volets politiques, sécuritaires et institutionnels  à la différence des négociations avec l’OMC qui se limite  aux aspects commerciaux.  Malgré ces divergences conjoncturelles, il s’agit comme je l’ai souligné il y a quelques années lors d’une conférence, à l’invitation du parlement européen à Bruxelles, de dépassionner les relations car la stabilité des deux rives de la Méditerranée et de l’Afrique , nous impose d’entreprendre ensemble   ( voir notre étude IFR Institut Français des Relations Internationales Paris 2011 la coopération Europe Maghreb face aux enjeux géostratégiques et mon  interview qui sera publiée prochainement  à l’AFP/Reuters sur la révision de l’Accord).  L’assouplissement de la règle des 49/51% en attendant la publication des décrets exécutifs pour voir clair de ce qui est stratégique et de ce qui ne l’est pas, pouvant imaginer des minorités de blocage, le dernier discours du président de la république de la volonté d’une ouverture sur le secteur privé national et international productif ont été bien accueillis par nos partenaires.  Je suis persuadé que grâce au dialogue productif les relations entre l’Algérie et l’Europe trouveront  une solution garantissant les intérêts réciproques, n'existant pas  dans la  pratique des affaires de sentiments. Afin de favoriser   un partenariat gagnant-gagnant, il  s'agit  de dépassionner les relations entre l'Europe et l'Algérie,  la stabilité des deux rives de la Méditerranée et de l'Afrique ,  nous imposant  d’entreprendre ensemble.En  conclusion  le Premier ministre, devant, les Walis récemment avoue  à l’opinion publique,  que 80% des décisions du Président de la république   n’ont pas été appliquées : à  qui la faute et la responsabilité n’est-elle pas collective ? Comme je l’ai souligné lors d’une longue contribution/ pour la conférence nationale du 18/19 aout 2020 transmise à la présidence de la république et au premier ministère, suite à l’aimable invitation, n’ayant pu me déplacer, il  faut éviter toute ambiguïté, devant s(attaquer à l’essentiel et non  au secondaire, devant loin de paroles aller vers du concret palpable et  les  réformes, condition sine qua non  pour une  économe diversifiée,   dépendent des algériens eux-mêmes et non de l’extérieur qui peut influer négativement en l’absence d’un front intérieur solide.  Si   certaines  conditions sont remplies, à savoir adaptation  aux nouvelles mutations mondiales,  bonne gouvernance, lutte contre la mauvaise gestion  et la corruption,  libérer les énergies créatrices grâce à une libéralisation maitrisée et non  anarchique comme par  le passé, la  valorisation du savoir,  les  responsables  à l’écoute des préoccupations des citoyens, loin de leurs bureaux climatisés avec des séminaires et réunionites interminables  de peu d’effets, (combien cela coute à la collectivité nationale) ,   l’Algérie, fortes de ses importantes potentialités, et cela est reconnu par les grandes puissances et plusieurs rapports internationaux de défense/sécurité , 2018/2020, l’Algérie  peut asseoir  une  économie diversifiée  et  devenir un pays pivot et facteur  de stabilité de la région méditerranéenne et africaine   20/08/2020 ademmebtoul@gmail.com

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