Algérie : Bonne gouvernance, lutte contre les transferts illicites de capitaux et corruption : huit axes directeurs pour le redressement national

Algérie : Bonne gouvernance, lutte contre les transferts illicites de capitaux et corruption : huit axes directeurs pour le redressement national
Par Pr Abderrahmane Mebtoul | 12 Septembre 2019 | 10:36

 Le Conseil des Ministres en date du 09 septembre 2019 a adopté une série de résolutions suite au rapport du Panel, qui malgré d’importantes pressions a réalisé un important travail, une conjoncture très difficile où les pratiques politiques du passé et récentes ont produit une méfiance généralisée faute de morale : pour preuve, la délinquance des plus hauts responsables du pays. Le système politique hérité depuis l’indépendance, 1963/2019,  tissant des liens dialectiques entre la rente et les logiques de pouvoir a trouvé ses limites naturelles, étant  incapable de résoudre les nouveaux problèmes auxquels est confronté le pays, les actuels replâtrages accentuant la crise. Il faut savoir nous respecter, personne n’ayant le monopole du patriotisme à ne pas confondre  avec le nationalisme chauviniste source d’intolérance. Il  faut saluer toutes les   initiatives de dialogue, fondement de la bonne gouvernance et seule issue à la résolution de la crise C’est que l’Algérie traverse une crise politique sans précédent depuis l’indépendance avec les risques d’aller vers une cessation de paiement fin 2021 début 2022 avec les incidences à la fois très graves sur le plan économique, social , politique et des impacts géostratégiques au niveau de la région africaine et méditerranéenne. Pourtant il faut être réaliste : les lois économiques étant insensibles aux slogans politiques, d’où l’urgence d’une réelle volonté politique de changement passant par  de nouveaux mécanismes de régulation macro-micro , de nouveaux réseaux crédibles et une élection présidentielle transparente dans les meilleurs délais afin de résoudre la crise  politique qui conditionne le développement futur du pays 

1.-Surfacturation/corruption  facteurs de blocage et  de la démotivation des citoyens

Selon le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada, qui surveille les télévirements de fonds de plus de 10 000 $ en provenance de l’étranger, « Le Devoir » les chiffres des transferts effectués depuis l’Algérie uniquement vers le Canada  entre janvier et juillet 2019, ont été plus de 78,6 millions dollars. Selon le  quotidien québécois, Selon les analystes, du fait de a  crise politique en Algérie, c’est de l’argent des « dirigeants, de compagnies ou de particuliers qui, craignant la chute de la devise nationale qui « cherchent à protéger la valeur de leurs avoirs dans une monnaie plus forte et plus stable » Qu’en est-il des transferts vers d’autres pays démontrant  que la crise actuelle porte un coup fatal à l’économie et que les règles économiques sont insensibles aux slogans politiques. Selon la majorité des experts internationaux, la majorité des institutions administratives et économiques sont concernés par ce cancer de la corruption. L’on sait que les auteurs de l’IPC considèrent qu’une note inférieure à 3 signifie l’existence d’un « haut niveau de corruption, entre 3 et 4 un niveau de corruption élevé, et que des affaires saines à même d’induire un développement durable ne peuvent avoir lieu, cette corruption favorisant surtout les activités spéculatives. La sphère informelle produit des dysfonctionnements du système, ne pouvant pas la limiter par des décrets et lois mais par des mécanismes de régulation transparents, existant des alliances entre le pouvoir bureaucratique et cette sphère contrôlant plus de 40% de la masse monétaire en circulation, alliances qui favorisent cette corruption qui tend à se socialiser. Selon le  classement de Transparency International  de 2003 à 2018, l’Algérie connait une corruption élevée : 2003 : 2,6 sur 10 et 88e place sur 133 pays-2004 : 2,7 sur 10 et 97e place sur 146 pays-2005 : 2,8 sur 10 et 97e place sur 159 pays-2006 : 3,1 sur 10 et 84e place sur 163 pays-2007 : 3 sur 10 et la 99e place sur 179 pays-2008 : 3,2 sur 10 et 92e place sur 180 pays-2009 : 2,8 sur 10 et 111e place sur 180 pays-2010 : 2,9 sur 10 et 105ème place sur 178 pays-2011 : 2,9 sur 10 et 112ème place 183 pays-2012 : 3,4 sur 10 et 105e place sur 176 pays-2013 -105 rangs sur 107 pays-2014 – note 3,6 et 100ème sur 115 pays-2015 –note, 3,6 et 88 ème sur 168 pays-2016 –note 3,4 et 108ème sur 168 pays-2017 -note 3,3 et 112ème place  sur 168 pays-2018- note 3,5 et 105ème place sur 168 pays.  Ces indicateurs renvoient à l’urgence de lutter contre les transferts illicites de capitaux à travers les surfacturations. Devant différencier acte de gestion pratiques normales de la corruption, afin d’éviter la démobilisation des managers,  les services de sécurité et les différents organisâmes de contrôle devant vérifier l’origine de ces montants de transferts illicites de devises , l’objectif stratégique est  d’établir la connexion entre ceux qui opèrent dans le commerce extérieur soit légalement ou  à travers les surfacturations  et les montants provenant essentiellement d’agents possédant des sommes en dinars au niveau local légalement ou illégalement , non connectés aux réseaux internationaux. Il   s’agira par une analyse objective, de quantifier sérieusement ces transferts illicites de devises qui portent atteinte à la sécurité nationale, d’où  l’urgence d’une nouvelle régulation de l’économie nationale, de quantifier   objectivement l’impact de l’écart d’environ 50% entre le cours du dinar sur le marché parallèle et la cotation officielle du dinar algérien qui dépend largement de l’évolution du montant des réserves ( via la rente des hydrocarbures)  qui tiennent à plus de 70% la cotation du dinar  et donc  l’essence de la sphère informelle  ainsi que de revoir  la politique des subventions généralisées et sans ciblages.qui permettent  le trafic des marchandises  aux frontières,  avec des connexions avec le terrorisme via la drogue  Il  ne faut pas se tromper de cibles, devant différencier stratégie et tactiques pour paraphraser le langage des stratèges militaires,  existant  souvent   une confusion entre les sorties de devises résultant des importations de biens et services d’environ 700 milliards de dollars entre 2000/2018 selon les statistiques du gouvernement  et le   total des dépenses d’environ 1100 milliards de dollars( document officiel du FMI  , budget équipement et fonctionnement (constitué en grande partie de salaires). Il  s ‘agit de différencier les surfacturations en dinars (pour des projets  ne nécessitant pas ou peu de devises) des surfacturations en devises, existant deux sphères d’agents ceux reliés uniquement au marché interne ( dinars) et ceux opérant dans le commerce extérieur (devises), ce processus se faisant en complicité avec les étrangers,  bien que certains agents économiques opèrent sur ces deux sphères.  Prenons  l’hypothèse d’un taux de 15% de surfacturation, ce n’est qu’une hypothèse,  étant  plus facile pour les services où certaines surfacturations peuvent atteindre plus de 20%. Les  sorties de devises de biens et services entre 2000/2018, étant estimées à environ  700  milliards de dollars,  cela donnerait  un montant total de sorties de devises  de 105 milliards de dollars sans compter la période 1970/1999  où bon nombre d’estimations contradictoires ont été données  avec des montants faramineux ramenés au pouvoir d’achat 2019.  Effet, ces transferts illégaux de devises  ne datent pas d’aujourd’hui devant ramener pour des comparaisons sérieuses la valeur du dinar qui est coté en septembre  2019 à 118 dinars un dollar et en 1974 nous avions 5 dinars pour un dollar( fixation administrative) , 45 dinars  un dollar vers les années 1974/1975, avec un dérapage accéléré entre 2009/2019 afin de combler artificiellement , le déficit budgétaire et accélérant l’inflation importée compressée partiellement par  les subventions, notamment pour le carburant et les produits de première nécessité. Ces transferts représentent plus que   les réserves estimées  à 72 milliards de dollars  en avril 2019 qui devraient terminer à 58 milliards de dollars fin 2019, 36 fin 2020, 16 fin 2021 avec le risque de cessation  de paiement  début 2021 en cas de la non résolution de la crise politique.  Ce montant serait plus important si les surfacturations étaient d’environ de 20/25% par rapport aux normes internationales. Malheureusement nous avons assisté à des discours creux populistes de ceux qui devaient donner l’exemple et dont les actions de justice actuelles ont montré qu’ils étaient guidés par leurs propres intérêts et leurs familles et non par les intérêts supérieurs du pays, ayant contribué à la dilapidation de l’Algérie. Des actions urgentes pour récupérer ces biens mal acquis tant au niveau national qu’international sont nécessaires pouvant également jouer comme tampon social. Mais il faut être réaliste. Si les transferts illicites de capitaux  sont dans des paradis fiscaux ou en actions ou obligations anonymes, il sera difficile  de les récupérer, concernant uniquement des biens ou placements réels tangibles tant en Algérie qu’à l’étranger  en cas où l’Algérie a des accords internationaux avec certains pays où les procédures risquent d’être longues.  Ayant  eu à diriger le dossier du bilan de l’industrialisation entre 1965 et 1978 pour le gouvernement  de l’époque ayant quantifié d’importants surcouts par rapport aux normes internationales,  et le dossier des surestaries en 1983 en tant que directeur général es études économiques et haut magistrat comme  premier conseiller à la Cour des comptes, pour la présidence de l’époque  au moment du programme anti-pénurie , au vu des importants montants  illégaux  détectées à travers des échantillons, j’avais conseillé à la présidence de l’époque d’établir un tableau de la  valeur en temps réel, reliant toutes les institutions concernées aux réseaux internationaux (prix, poids, qualité) , tableau qui malheureusement n’a jamais vu le jour du fait que la  transparence des comptes s’attaquait à de puissants intérêts occultes. Car  si la corruption existe dans tous les pays du monde, comme en témoigne les scandales financiers, et s’il y a des corrompus existent forcément des corrupteurs impliquant tant une moralisation des gouvernants internes que l’urgence d’une moralisation des relations internationales. Pour les pays développés, elle est relativement faible en rapport à la richesse globale créée, ce qui n’est pas le cas pour des pays ayant un faible PIB. En Algérie elle s’est socialisée remettant en cause la sécurité nationale du pays. L’on devra aller vers le contrôle démocratique de deux segments stratégiques la production de la rente des hydrocarbures (Sonatrach) et la distribution de la rente des hydrocarbures, le secteur financier) puisque l’ensemble des secteurs publics et privés sont irrigués par cette rente.

2.-La mauvaise gouvernance induit forcément la corruption

Etant une question de sécurité nationale, il  s’agit de privilégier les intérêts supérieurs  du pays en s’adaptant  tant aux nouvelles exigences sociales internes  que mondiales, évitant les replâtrages actuels qui risquent d’accentuer la crise. L’on devra  traiter avec la plus grande rigueur  la gouvernance et l'efficacité des institutions en s’appuyant sur de nouveaux réseaux, les forces réformistes devant intégrer les forces conservatrices dans une dynamique nouvelle pour assurer la cohésion tant politique que sociale. Comme je l’ai rappelé souvent, la lutte contre la mauvaise gestion et la corruption renvoie à la question de la  bonne gouvernance, de la démocratie pour des contrepoids politiques et sociaux , la concurrence loin de tout monopole dans le domaine économique, de la rationalisation de l’Etat dans ses choix en tant qu’identité de la représentation collective. Concernant l’aspect économique en Algérie il faut se demander pourquoi le faible impact de la dépense publique entre 2000/2018, plus de 1100 milliards de dollars  (part dinars et devises) sur la sphère économique et donc sur la sphère sociale. Les études internationales montrent que l’Algérie  avec ces dépenses en référence aux  pays de la région MENA qui ont  des résultats supérieurs   avec trois fois moins de dépenses : corruption, surfacturation ou mauvaise gestion des projets ? Le constat également est l’inefficacité des institutions de contrôle, une cour des comptes en léthargie avec un président non changé depuis 1996  et des Ministères où nous assistons à une gestion administrative avec différentes interférences où souvent les gestionnaires ne sont pas libres de manager leurs entreprises. L’Algérie a les meilleurs textes du monde mais l’expérience  montre clairement que les pratiques sociales quotidiennement contredisent le juridisme, renvoyant à la démocratisation des décisions politiques et économiques. Comment mobiliser les citoyens au moment où certains responsables au plus haut niveau ou leurs proches sont impliqués ou supposés impliqués dans les scandales financiers et peuvent-ils avoir l’autorité morale auprès tant de leurs collaborateurs que de la population algérienne ? En fait la lutte efficace contre la corruption implique d’avoir un système judicaire indépendant avec une moralité sans faille des juges, d’éviter les luttes d’influence des différentes instituions de contrôle tant techniques que politiques concernant l’utilisation des deniers publics. La mise en place du contrôle est tributaire d’un management efficace des institutions, des comptabilités publiques claires et transparentes pour la rationalisation des choix budgétaires afin d’optimaliser l’effet de la dépense publique. La pleine réussite de cette entreprise qui dépasse largement le cadre strictement technique, restera tributaire largement d’un certain nombre de conditions dont le fondement est la refonte de l’Etat au sein d’une économie mondiale de plus en plus globalisée et des grands espaces, et une concertation permanente entre les différentes forces sociales politiques, économiques et sociales loin de toute vison d’autoritarisme, vison largement dépassée, conditions stratégiques qui doivent constituer les éléments fondamentaux de la nouvelle gouvernance. La stagnation de l’Algérie de la notation par l’indice de perception de la corruption est significative de l’existence de ce mal qui menace gravement la stabilité et la sécurité du pays, qu’il s’agit de combattre concrètement. Il s’agit à l’avenir de favoriser le dialogue productif  où nous assistons à la léthargie du conseil économique et social dont la composante n’a pas changé depuis des décennies alors que la société a évoluée. Il s’agit également de favoriser des contre-pouvoirs, par plus de dynamisme des institutions de contrôle tant politiques que techniques dont notamment le conseil national de l’énergie, la Cour des Comptes, les autres organes qui se télescopent dépendant de l’exécutif étant donc juge et partie, l’action des services de sécurité ne pouvant être que ponctuelle. En fait, la lutte contre la corruption gangrénant  le corps social, implique un véritable Etat de Droit une nouvelle gouvernance si l’on veut la combattre efficacement, constituant  le plus grand danger, pire que le terrorisme qu’a connu l’Algérie entre 1990/2000. La corruption trouve fondamentalement  son essence dans les dysfonctionnements des appareils de l’Etat, dans la faiblesse des institutions, dans l’absence de contrepouvoirs démocratiques, dans la dominance de la bureaucratie qui produit   la sphère informelle et de la distorsion du taux de change  entre l’officiel et le marché parallèleCependant  il   s‘agit d’éviter cette confusion  dans le  calcul du montant de la sphère informelle en différenciant différents ratios qui donnent des montants différents soit  par rapport au produit  intérieur brut( PIB) , par rapport à la masse monétaire en circulation et le montant des devises échangé sur le marché parallèle.  Concernant la situation actuelle, l 'Algérie souffre actuellement d'une  crise de gouvernance et non d'une crise financière. Mais cette crise de gouvernance risque de se transformer  dans deux   années  en crise financière, économique et politique avec l'épuisement des réserves de change. Avec un  endettement extérieur faible,  une  rigueur budgétaire, une meilleure gouvernance, un changement de cap de la politique économique actuelle, avec un baril entre 60/65 dollars, l'Algérie peut sens sortir.. Le défi de l'Algérie 2019/2025/2030 est de soit   réussir les réformes qui seront douloureuses à court terme mais porteuses d'espoir à moyen et long terme pour  ou rester   en statut quo en  retardant  les  réformes  structurelles , ce qui  conduira inéluctablement à la  régression et la marginalisation du pays.  Sans la résolution de la crise politique, il ne faut pas être utopique, pas de développement pour l'Algérie du fait de la faiblesse  tant de l’investissement national qu’international créateur de valeur ajoutée, la dépense publique avec la chute des recettes de Sonatrach ayant montré ses limites. L’élection présidentielle devra être transparente, devra reposant sur  trois axes : une commission de surveillance des élections totalement transparente indépendante de l’exécutif et des actuels élus centraux et locaux, la révision du fichier et du code  électoral  afin que les pratiques du passé (fraude massive) ne se renouvelle pasLe  président par intérim pouvant continuer à assurer  les charges sans s’immiscer dans les élections, Etant un acte politique, sans le changement de gouvernement , une démission prévue par la Loi l’actuel président par intérim ne pouvant mettre fin aux fonctions du gouvernement,  étant accusé à tord ou à  raison d’obstacles, tant au dialogue que la réussite d’une participation honorable, selon la majorité des acteurs politiques et Al Hirak , il y a risque de reconduire l’échec du 04 juillet 2019 ce qui porterai un coup fatal au crédit tant national qu’international de l’Algérie que nul ne souhaite. Ceux  qui s’accrochent à ce gouvernement en s’appuyant  sur les anciens réseaux non crédibles, font perdre un temps précieux à l’Algérie au risque d’accentuer la crise. Il est souhaitable un gouvernement de techniciens « neutre » transitoire » en attendant que le futur président mette en place son équipe, qui aura toute la légitimité pour mener à bien les réformes économiques et politiques  mais devant être réaliste, devant s’appuyer sur de nouvelles institutions  et nouveaux réseaux crédibles. Il   faut s’attaquer à l’essentiel et non au secondaire et pour paraphraser les militaires insérer les tactiques au sein  de la fonction stratégique à moyen et long terme.  Sans une nouvelle régulation centrale/locale (liens dialectiques entre démocratie et développement) , la réforme des institutions par la décentralisation, non la déconcentration ,pour une participation citoyenne,  la débureaucratisation,  l’indépendance réelle de la justice, un nouveau management de Sonatrach, lieu de production de la rente,  pour plus de transparence, et la refonte du Ministère des finances lieu de distribution de la rente, à travers toutes ses directions banques qui autorisent les transferts, la fiscalité qui ne recouvrent pas les impôts, les domaines ou nous avons assisté à la dilapidation du foncier, et les douanes il ne faut pas s’attendre à une lutte réelle contre la corruption, les nouveaux dirigeants reproduisant forcément les mêmes pratiques l’Algérie  sera ce que les Algériennes et les Algériens voudront qu’elle soit, loin de toute immiscions étrangères ayant besoin d’un climat politique et social apaisé. Car avec la corruption combinée à la détérioration du climat des affaires, selon la majorité des rapports internationaux, il est utopique de parler d’une véritable relance économique. Sans l’amélioration de la gouvernance locale et centrale comme j’ai eu à le démontrer dans une interview à l’American Herald Tribune,(aout 2018)  il ne faut pas s’attendre à une lutte durable contre la corruption. Cela suppose une nouvelle régulation, de nouvelles institutions et une   grande moralité de ceux qui dirigent la Cité. Sinon les discours équivalent à des slogans creux et  il ne faut pas s’attendre à une dynamisation de la production et des exportations hors hydrocarbures Ces pratiques condamnables qui portent atteinte à la sécurité nationale et au développement futur du pays, existant des liens entre trafic de devises, de drogue et terrorisme ( voir intervention du Pr Abderrahmane Mebtoul  « l’Algérie face aux trafics et au terrorisme   au niveau de la  région sahélienne »-  Ministère de la défense nationale -Institut  de Documentation, d’Evaluation et  de  Prospective trafic des frontières et la sécurité au Sahel 27 mars 2018-).  

3.- Huit axes de redressement national 

J'émets  huit    propositions, portant tant sur  les perspectives futures 2019/2025/2030 largement développées depuis juin 2014 ( voir A. Mebtoul www.google.com)   en précisant que toute politique  est forcément portée par des forces sociales, politiques et économiques, tout en n'oubliant pas les facteurs  géostratégiques, étant à l'ère de l'interdépendance mondiale des économies. 

Premièrement, .la condition fondamentale, existant un lien  dialectique entre sécurité et développement,  est la sécurité et la paix condition de la stabilisation de l'Algérie qui d'ailleurs détermine la stabilité de la région méditerranéenne et africaine , devant éviter le retour au drame qu'a connu l'Algérie entre  1990/1999 et récemment , les drames irakiens, syriens ou libyens , qui implique  la mise en place d'un minimum de Smig social  où les différentes sensibilités puissent dialoguer dans un cadre organisé se fondant sur la tolérance et le droit à la différence, s'adaptant à la quatrième révolution mondiale fondé sur l'intelligence artificielle et le digital. Dans ce cadre il faut saluer les  efforts de l’ANP et de toutes nos forces de sécurité pour l’important travail réalisé. Deuxièmement, il y a lieu de se poser la question centrale de la mise en place d'un Etat de droit et de véritables contrepoids politiques, les partis actuels et leurs satellites suscitant une méfiance généralisée de la population algérienne incapables de mobiliser et surtout de susciter une adhésion qui influent négativement sur l'économie, favorisant une corruption socialisée.  Les objectifs stratégiques doivent se    fonder  sur une société plurielle plus  participative  des partis politiques, la promotion de la femme signe de la  vitalité de tout société,  permettant  la responsabilisation pleine et entière de l'ensemble de la société civile, conciliant la modernité et la préservation de notre authenticité,  la léthargie, l'activisme et le populisme conduisant à la régression  car en ce nouveau monde n'existe pas de statut quo, toute Nation qui n'avance pas recule forcément. Troisièmement, ayant un impact tant sur le fonctionnement du système politique et économique, poser correctement la question de la place de la sphère informelle produit de la bureaucratie fonctionnant dans un espace qui est le sien avec des organisations informelles (une société civile informelle dominante) expliquant la dualité institutionnelle drainant plus de 40% de la masse monétaire en circulation, plus de 50% de la valeur ajoutée et de l'emploi total : comment donc l'intégrer par des mécanismes transparents loin des mesures administratives autoritaires de peu d'effets.  La nouvelle politique économique devra s'inscrire, comme je l'ai démontré dans plusieurs contributions internationales, dans le cadre de l'espace Europe/Maghreb/Afrique  et plus globalement de l'espace économique Méditerranée/ Afrique. Quatrièmement, la   régulation nécessaire de l’Etat doit améliorer le  fonctionnement des marchés en définissant clairement  les missions  du futur rôle de l'Etat  dans le développement économique et social devant poser forcément les relations dialectiques des rôles respectifs et complémentaires  Etat-marché   et   loin des discours, avoir une   nette volonté politique d'aller vers une économie de marché à finalité  sociale, conciliant efficacité économique et la nécessaire  cohésion sociale , évitant que les relations marchandes ne détruisent les liens de solidarité. La nouvelle politique économique  devra être caractérisée par l'adaptation à l'universalisation de  l'économie  de marché, tenant compte des spécificités sociales,  où la dominance est le consommateur et l'arbitre, les marchés financiers. Le  véritable  patriotisme à ne pas confondre avec le nationalisme chauviniste étroit, source d'intolérance,  se mesurera par la capacité des Algériens d'améliorer leur niveau de vie grâce à leur contribution à la  valeur ajoutée locale et mondiale.  Il s’agira d’éviter la politique économique utopique du passé, notamment la politique industrielle, l’actuelle reposant sur des schémas démodés des années 1970/1980,conduisant le pays à l’impasse, dont le sous segment énergie reposant sur un mix énergétique combinant efficacité énergétique( le plus grand réservoir d’économie de l’énergie renvoyant à la politique des subventions) , et combinant les différente sources d’énergie dont l’Algérie a un avantage comparatif ( énergies renouvelables , fossiles classiques) ne devant pas être utopique l’Algérie dépendra encore longtemps des recettes d’hydrocarbures impliquant un nouveau  management de Sonatrach pour plus de transparence dans ses comptes. Cinquièmement, le soutien du  développement  par une administration centrale et locale rénovée, ( e-administration) et une lutte contre la bureaucratisation centrale et locale par une rationalisation des choix budgétaires tant des entreprises (réévaluation permanente, surcouts)  notamment l'administration et les services collectifs dont les modes de gestion datent  encore du début des années 1970 et établir un tableau de la  valeur relié aux réseaux internationaux pour lutter contre les surfacturations, devient urgent   Cela passe nécessairement par la mutation  progressive  des services collectifs, qui  deviennent de plus en plus créateur de valeur ajoutée  (éducation, santé, télécommunication,  transport, infrastructure) en introduisant les paramètres marchands pour tester de leur efficacité, tout en  encourageant la mixité pour améliorer les prestations fournies aux consommateurs. Sixièmement, sous réserve d'objectifs socio-économiques précis datés dans le temps, l’Algérie doit s’orienter  vers une réelle décentralisation autour de pôles régionaux, devant revoir le fonctionnement des wilayas et des APC mutant les  collectivités locales providences en collectivités locales managers créateur de richesses  et citoyenne afin de rapprocher  l'Etat du citoyen.  L’Algérie , sous  réserve de définir d’une manière précise les missions, doit également s’orienter vers une nouvelle organisation institutionnelle gouvernementale par  la création de grands Ministères surtout ceux  de l'économie( combinant les finances et le commerce)  et de l'éducation, le savoir pivot du développement du XXIème siècle, regroupant le  primaire, secondaire, supérieur et la formation professionnelle)  , avec des Secrétaires d'Etat techniques et ce afin d'éviter les télescopages  et dynamiser les secteurs santé, travaux publics-transport,  énergie, agriculture/eau, tourisme, nouvelles technologues où l'Algérie peut avoir des  avantages comparatifs. Au niveau micro-économique , il s’agit revoir  les politiques  les schémas d’organisation des entreprises , dépassées et d'imaginer une nouvelle politique  non  globale, mais  de l'entreprise  non calquée sur les anciennes organisations hiérarchiques bureaucratiques mais  sur la souplesse des organisations basées sur les réseaux , la décentralisation des décisions économiques, la gestion  prévisionnelle des compétences, le travail en groupes, tenant compte des nouvelles technologies. Septièmement, différée depuis des décennies, enjeux énormes du pouvoir assis sur la rente, il devient urgent la réforme  du   système financier dont  les banques, (cœur des réformes) et la dynamisation de la bourse des valeurs,  dynamiser d'une manière cohérente, le partenariat public/privé, les ouvertures de capital ,  la privatisation en évitant le bradage du patrimoine national, ainsi que la règle des 49/51% qui a été utilisée pour des  enrichissements illicites de la part de certains oligarchies rentières sans contribuer à la création de valeur ajoutée ayant utilisé les prêts des banques publiques..Huitièmement, Il faut impérativement ,  possédant d’importantes potentialités tant humaines que financières, intégrer  la diaspora qui à l'instar d'autres pays peut permettre de contribuer au développement national Par ailleurs, il  n’y a jamais eu une véritable politique de l’emploi cohérente créatrice de valeur ajoutée durable mais des distributions de postes tirées par la dépense publique via la rente.des hydrocarbures  devant  définir  une nouvelle politique fonction du développement des entreprises créateur de richesses, si l'on, veut éviter l'implosion des caisses  de retraite, dont le fonctionnement doit être revu,  devant lever toutes les contraintes d'environnement- bureaucratie, système financier, système socio-éducatif non adapté, le foncier,   ne créant pas  d'emplois par  décrets,  renvoyant à une nouvelle politique de formation adaptée aux nouvelles technologies, conciliant flexibilité et  sécurité, devant faire un bilan sans complaisance de tous organismes  chargé de l'emploi et devant les regrouper en un centre unique pour plus de cohérence. La justice sociale, les économistes parlent d’équité, n’est pas antinomique avec l’efficacité économique : donc  réduire les inégalités sociales par une nouvelle politique des subventions ciblées intra socio professionnelle et intra-régionale   et  revoir le système fiscal par la combinaison de l'équité verticale  et une lutte contre la corruption à ne pas confondre avec acte de gestion pour ne pas pénaliser les managers  et les initiatives créatrices

3.-Le développement passe nécessairement par la résolution de la crise politique : pour  une élection présidentielle transparente dans  les meilleurs  délais 

Concernant la situation actuelle, l 'Algérie souffre actuellement d'une  crise de gouvernance et non d'une crise financière. Mais cette crise de gouvernance risque de se transformer  dans deux   années  en crise financière, économique et politique avec l'épuisement des réserves de change. Avec un  endettement extérieur faible,  une  rigueur budgétaire, une meilleure gouvernance, un changement de cap de la politique économique actuelle, avec un baril entre 60/65 dollars, l'Algérie peut sens sortir.. Le défi de l'Algérie 2019/2025/2030 est de soit   réussir les réformes qui seront douloureuses à court terme mais porteuses d'espoir à moyen et long terme pour  ou rester   en statut quo en  retardant  les  réformes  structurelles , ce qui  conduira inéluctablement à la  régression et la marginalisation du pays.  Sans la résolution de la crise politique, il ne faut pas être utopique, pas de développement pour l'Algérie du fait de la faiblesse  tant de l’investissement national qu’international créateur de valeur ajoutée, la dépense publique avec la chute des recettes de Sonatrach ayant montré ses limites. L’élection présidentielle devra être transparente, devra reposant sur  trois axes : une commission de surveillance des élections totalement transparente indépendante de l’exécutif et des actuels élus centraux et locaux, la révision du fichier et du code  électoral  afin que les pratiques du passé (fraude massive) ne se renouvelle pasIl s’agit impérativement    d’aller rapidement vers une élection présidentielle dans des délais raisonnables mais avec comme condition qu’elle soit transparente, loin des pratiques  occultes du passé qui a vu la majorité de la population bouder les urnes à plus de 70/75% lors des dernières élections législatives en tenant compte des bulletins nuls, traduisant le divorce Etat-citoyens. Cela implique forcément  comme cela  a été  retenu en conseil des ministres  du 9/09/2019 la révision du fichier et code  électoral, la création d’une instance indépendante  de supervision des élections où ni l’exécutif  (gouvernement- surtout  le ministère de l'intérieur  et les Walis ), ni les députés/sénateurs et représentants des APC actuels dénoncés par Al Hirak ,  ne seront   parties prenantes, appartenant aux candidats  et à la société civile de désigner ses représentants. L’on devra être attentif tant à sa composante nationale qu’à travers ses réseaux des 48 wilayas, des personnalités morales et neutres.  L’administration centrale et  locale  n’ayant jamais été neutre  du fait de ses pratiques occultes datant depuis l’indépendance politique et pas seulement durant la période actuelle, l’actuel gouvernement composé en majorité d’anciens hauts fonctionnaires impliqués directement dans la gestion du passé et donc responsable de la situation actuelle,  dont  s’est fait l’écho   la presse qui seraient  impliqués pour certains de malversations ou de trafic dans les élections passées ( voir accusation du   RND ministère intérieur pour avoir favorisé le FLN pour la wilaya de Tlemcen) non démentis par les intéressés est rejeté massivement par  la population, qui l’assimile à tort ou à raison du fait de sa composante  à la fraude.  Un nouveau gouvernement  de techniciens  « neutre »,  est nécessaire, compromis   entre le pouvoir, l’opposition et Al Hirak, tant pour crédibiliser l’action  de la justice  que pour  favoriser la réussite du dialogue.  Le président de l’Etat actuel par intérim continuant à assurer le fonctionnement de l’Etat sans s’immiscer dans les élections afin d’éviter la déstabilisation de l’institution suprême du pays. Seul un président légitime   peut  amender la constitution et mener les profondes réformes tant politiques qu’économiques pour arrimer l’Algérie  au nouveau monde,  en faire un pays émergent et elle en a les potentialités, élu sur la base d’un programme transparent, incluant les revendications légitimes d’Al Hirak. Les axes directeurs devraient être  la  refondation des institutions et du  système politique( reconnaissance de l’opposition), la restructuration du système partisan et de la société civile loin de toute injonction administrative,  l’ Etat de droit  et bonne gouvernance centrale et locale ( (décentralisation avec cinq pôles régionaux voir propositions concrètes A. Mebtoul www.google.2004), la   lutte contre la corruption, la dé-bureaucratisation , la bonne gestion des institutions(  grands ministères homogènes)  des entreprises, la  valorisation du savoir,  une nouvelle politique économique tant énergétique (subventions ciblées et Mix énergétique) qu’hors hydrocarbures par la  refonte de tout le  système financier,(douane, fiscalité, domaine , banques  et revoir la règle des 49/51%) ,de l’école du primaire au supérieur  se fondant sur les ,nouvelles technologies et l’intelligence artificielle, du couple eau et foncier/agricole/industriel, de la santé ,une nouvelle politique de l’emploi pour éviter l’implosion des caisses de retraite,  une nouvelle  politique des affaires  étrangères et de la sécurité , en réseaux, tenant compte  des nouveaux enjeux du monde Il  est donc  impératif  de résoudre rapidement la crise politique  avant la fin de l’année 2019 ou tout  au plus le premier trimestre 2020, pour éviter à l’Algérie l’épuisement de ses réserves de change fin 2021, début 2022  , avec  une très grave crise économique et sociale qui aura comme incidence , du fait des tensions géostratégiques au niveau de la région, la  déstabilisation à la fois du pays  avec des impacts négatifs  sur la région méditerranéenne et africaine ( voir mes interviews American Herald Tribune USA août 2018 et Africa Presse Paris mars 2019 ). Aussi, sans la résolution de la crise politique, il ne faut pas être utopique, pas de développement pour l'Algérie. L’élection présidentielle devra être transparente sinon il y a risque de reconduire l’échec du 04 juillet 2019 ce qui porterait un coup fatal au crédit tant national qu’international de l’Algérie que nul ne souhaite. C’est que l’Algérie  sera ce que les Algériennes et les Algériens voudront qu’elle soit, loin de toutes immiscions étrangères. Car avec la corruption combinée à la détérioration du climat des affaires, selon la majorité des rapports internationaux, il est utopique de parler d’une véritable relance économique. Sans l’amélioration de la gouvernance locale et centrale comme j’ai eu à le démontrer dans une interview à l’American Herald Tribune,(aout 2018)  il ne faut pas s’attendre à une lutte durable contre la corruption. Cela suppose une nouvelle régulation, de nouvelles institutions et une   grande moralité de ceux qui dirigent la Cité. Sinon les discours équivalent à des slogans creux et  il ne faut pas s’attendre à une dynamisation de la production et des exportations hors hydrocarbures Ces pratiques condamnables qui portent atteinte à la sécurité nationale et au développement futur du pays, existant des liens entre trafic de devises, de drogue et terrorisme ( voir intervention du Pr Abderrahmane Mebtoul  « l’Algérie face aux trafics et au terrorisme   au niveau de la  région sahélienne »-  Ministère de la défense nationale -Institut  de Documentation, d’Evaluation et  de  Prospective trafic des frontières et la sécurité au Sahel 27 mars 2018-).  Si l’Algérie veut dépasser la crise multidimensionnelle à laquelle elle est confrontée au sein d’un monde turbulent et instable préfigurant d’importants bouleversements géostratégique, le futur défi de l’Algérie, elle a les potentialités de sortie de crise, et elles sont énormes, sera d’avoir une visibilité dans la démarche des reformes structurelles indispensables conciliant efficacité économique et une très profonde justice sociale, avec une nouvelle architecture institutionnelle reposant sur de véritables contre-pouvoirs démocratiques. L’Algérie  a  besoin d'une nouvelle stratégie, loin des slogans creux populistes et de surcroit démagogiques et démobilisateurs, oubliant que le monde avec la révolution des télécommunications est devenu une maison en verre. Le ciment de la cohésion politique et sociale passe par  la CONFIANCE pour sécuriser son  avenir,  de s'éloigner  des aléas de la mentalité rentière,  de réhabiliter le travail et l’intelligence, de rassembler tous ses enfants  et   toutes  les forces  politiques, économiques et sociales, évitant la division sur des sujets secondaires. Cela implique  la .refondation de l'Etat et la moralisation de la société algérienne et  ce afin d’éviter la cessation de paiement fin 2021 au plus tard  le premier trimestre 2022, conduisant le pays vers une  dépendance politique  et économique avec le retour au FMI –

Références – voir nos contributions www.algerie1.com 2017/2019

Professeur des universités, docteur d’Etat (1974) –membre de plusieurs organisations internationales -  expert international Dr Abderrahmane Mebtoul ancien haut magistrat (Premier conseiller) et directeur général des études économiques à la Cour des Comptes 1980/1983 – ademmebtoul@gmail.com


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