Alger quadrillée en prévision d’un vendredi qui s’annonce décisif

Par Hakim Megatli | 11 Juillet 2019 | 20:24

La capitale est sous haute surveillance policière à la veille du 21ème vendredi de la protestation populaire. Quasiment tous les accès vers Alger sont filtrés avant d’être sûrement fermés dès ce soir.

Des renforts des forces combinées des CNS et de la gendarmerie nationales sont visibles partout. Les fourgons jalonnent plusieurs endroits à l’intérieur et à l’extérieur de la ville.

Un impressionnant déploiement qui en dit long sur les intentions des autorités à presser lourdement les manifestants et réduire autant que faire se peut leur présence demain histoire de tuer le Hirak.

Ce redoutable dispositif de sécurité mis en place à Alger constitue une mise en pratique du discours musclé du chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, à l’occasion du 5 juillet dans lequel il avait mis en garde voire menacé les manifestants.      

Mercredi, le patron de l’ANP est allé jusqu’à traiter les manifestants qui scandent «Etat civil et non militaire» de «traitres» qui seraient manipulés de l’extérieur.

Particulièrement ciblé par les clameurs des foules, Gaid Salah a répondu avec véhémence et menacé ceux qui ne partagent pas son approche de règlement de la crise qu’il na pas hésité a qualifier  de «traitres», tout en brandissant contre eux le glaive de la Justice.          

«(…) Des idées empoisonnées qui leur ont été dictées par des cercles hostiles à l'Algérie et à ses institutions constitutionnelles. Des cercles qui vouent une haine inavouée envers l'Armée Nationale Populaire», affirmé Gaid Salah en parlant de ses milliers de contempteurs qui le ciblait depuis des semaines.

Des sources informées ont confié à Algerie1 que les autorités vont tenter d’étouffer le Hirak demain à Alger quitte à user de grands moyens.

En plus du renforcement des barrages routiers dans les axes menant vers la capitale, on s’attend aussi à des «fouilles au corps et des confiscations de téléphone portables des manifestants» ainsi que l’interdiction d’accès aux places symboliques d’Alger comme la place Audin, les rues Didouche et Hassiba ainsi que l’esplanade de la grande poste.

De même les pakings de Bézier (Tafourah) et celui situé à côté du port, sur la route moutonnière, seront fermés pour les automobilistes-manifestants qui réussiraient à dépasser les barrages routiers en provenance des autres wilayas. 

C’est dire que les manifestations de demain seront un test grandeur nature sur la poursuite du Hirak notamment dans la capitale qui est l’épicentre de la protestation populaire depuis le 22 février.