Chauffages à gaz : les décès au monoxyde de carbone dus à un défaut d’entretien des appareils

Par Abbès Zineb | 09 Janvier 2019 | 13:18

C’est presque un rituel, avec l’arrivée du grand froid arrivent aussi des drames familiaux provoqués par les appareils de chauffage défectueux, notamment dans l’intérieur du pays où des dizaines de personnes meurent chaque année par inhalation du monoxyde de carbone.

Mais est-ce que réellement les appareils commercialisés en Algérie, qui sont pointés du doigt, sont-ils si défectueux ?

Ce n’est pas le point de vue du Directeur général du contrôle économique et de la répression de la fraude au ministère du Commerce. Selon Abderahmane Benhazil, interrogé mercredi par l’APS, les appareils de chauffage à gaz commercialisés sur le marché national "sont conformes aux exigences de sécurité", ajoutant que les décès par inhalation du monoxyde de carbone sont dus à des problèmes d'installation et d'entretien.

Les contrôles effectués en 2018, par les services de ce ministère, et ce, en amont de la commercialisation de ces produits sur le marché national ont montré, qu'à l'exception de deux appareils, les autres "ont été jugés conformes aux exigences de sécurité" telles que définies par l'arrêté ministériel de 2016 fixant les exigences de sécurité pour les appareils à gaz combustible domestiques, souligne ce responsable.

Concernant ces deux appareils interdits à lacommercialisation, l'un, qui a été fabriqué localement, comportait un défaut de notice d'utilisation et d'entretien, tandis que le second, qui avait été importé, avait été jugé non conforme et bloqué au niveau des services portuaires, précise le même responsable.

Abderahmanbe Bernhazil a  fait savoir qu'en 2017, les services du ministère du Commerce avaient relevé que 6% des produits contrôlés étaient non conformes, contre 61% en 2014 et 85% en 2013.

Pour les produits importés, les appareils de chauffage non conformes font systématiquement l'objet de blocage aux frontières, alors que les appareils produits localement et non conformes sont bloqués au niveau des unités de production avec l'obligation des fabricants concernés de prendre en charge commercialiser.

"Avec le dispositif de contrôle maintenu d'année en année, nous avons pu régler de manière définitive la question de non conformité des appareils de chauffage, et ce, aussi bien pour les produits locaux que ceux importés", poursuit M. Benhazil qui observe que le phénomène de non conformité de ces appareils a été fortement réduit depuis 2016.

Les contrôles de conformité de ces appareils de chauffage s'effectuent sur 18 paramètres dont la capacité d'adaptation de l'appareil aux différents types de gaz, la robustesse du produit, l'étanchéité du circuit du gaz au niveau de l'appareil, les injecteurs et les organes de préréglages, le dispositif d'allumage et la régulation de la pression ainsi que la présence d'une notice d'utilisation et d'entretien.

Certains essais peuvent s'effectuer in situ au niveau des ports et usines alors que d'autres sont réalisés au niveau des laboratoires d'essai du ministère du Commerce. Dans ce sens, le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes soutient que les accidents d'intoxication au monoxyde de carbone sont dus à des problèmes d'installation et d'entretien de ces appareils.

A ce propos, il relève qu'un grand nombre d'utilisateurs de ces appareils recourent à des installateurs non agréés qui proposent des prix bas. Aussi, l'entretien annuel par des professionnels des appareils est également "un point essentiel qui n'est pas assez pris en considération par les utilisateurs", regrette-t-il. "Ce sont deux reflexes qui font défaut chez des usagers et qui peuvent provoquer ce type d'accidents", déplore le même responsable.