L’ex PDG de Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour se met au service du concurrent américain Exxon Mobil !

Par Hakim Megati | 13 Février 2020 | 14:31

L’ancien PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, limogé voilà seulement une année (avril 2019) n’a pas trop chômé.

Il vient en effet d’offrir ses «loyaux» services au géant américain Exxon Mobil, historiquement lié aux faucons de la Maison blanche à l’instar de l’ex patron d’Haliburton, Dick Cheney ou encore son ex patron Rex Tillerson, le premier secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de Donald Trump…

C’est du moins ce que révèle le très sérieux journal français « MédiaPart », sous la plume d'Albert Farhat,  citant des «informations parvenues de sources sûres».

« Selon des informations parvenues de sources sûres, pour service rendu, l’ex président directeur général de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, installé à Marseille, vient d’obtenir un contrat de travail pour une durée de deux ans, auprès de la société pétrolière et gazière américaine Exxon Mobil » lit-on mardi sur Média Part.

Il y est précisé que le contrat de travail de l’ex patron de Sonatrach qui a pris effet à partir du 1 janvier 2020, «avait été accordé par le président directeur général Darren Woods d’Exxon Mobil, sur «intervention express de l’ex ministre de l’énergie Chakib Khelil auprès du lobby américain du pétrole et notamment de son ami, l’ex vice-président américain et ex président directeur général de Haliburton, Dick Cheney».

Chakib Khelil installés définitivement aux states depuis le début du Hirak et le déclenchement de la lutte contre les corrompus aurait  donc intercédé auprès de son ami Dick Cheney pour que son poulain Ould Kaddour Abdelmoumen soit recruté à Exxon Mobil

Mais au-delà de ce précieux coup de main de Khelil, Abdelmouméne Ould Kaddour qui a été nommé à la tête de Sonatrach en 2017 et limogé en 2019  pour racheter la fameuse raffinerie d’Augusta en Italie qui appartenait justement à Exxon Mobil et qui cherchait à s’en débarrasser depuis 2015 !

Devoir de réserve…

Vieille de 70 ans selon les estimations, le rachat de cette raffinerie basée en Sicile au sud de l’Italie, par Sonatrach, est une très mauvaise affaire surtout qu’elle a coûté la bagatelle de 700 millions de dollars !

Mediapart rapporte que ce prix a été jugé «surpayé» par la célèbre revue française «pétro stratégie».

L’actuel ministre de l’industrie, Ferhat Ait Ali était l’un des plus farouches opposants à cette transaction «foireuse» qui s’apparente disait il, à un cadeau offert à la multinationale américaine.

C’est à peu près ce que le sens de la question que pose Mediapart après ce sulfureux  recrutement d’Abdelmalek Ould Kaddour.

Ce contrat de travail accordé par la société Exxon-Mobil à Ould Kaddour est-il «juste une reconnaissance de ses « multiples compétences » ou bien un gage de reconnaissance pour l’avoir débarrassé de la ferraille d’Augusta ?».

Pour de nombreux observateurs, la réponse parait bien évidente. Mais il y a une autre question beaucoup plus délicate : Ould Kaddour a-t-il moralement et légalement le droit de s’engager dans le staff d’une multinationale concurrente, une année seulement  après avoir quitté Sonatrach avec, on s’en doute, des flashs disques, des données, des projets et des projections ? En clair, où est le respect du devoir de réserve dû aux fonctions supérieures notamment celles qui touchent à la sécurité nationale ?