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Affaire des réfugiés syriens bloqués à Figuig : Amnesty International fustige le Maroc

08-06-2017 14:26  Nourredine B

 «En refusant aux réfugiés syriens la possibilité d'entreren contact avec le HCR, les autorités marocaines bafouent leurs obligationsinternationales. Ces personnes ont fui des massacres et des bombardements enSyrie et sont venues chercher la sécurité dans un autre pays ; les autoritésmarocaines doivent leur accorder le droit de demander l'asile».

Le propos, vindicatif à souhait, est de Heba Morayef, directrice desrecherches pour l'Afrique du Nord à Amnesty International.

Elle enfonce le clou dans les pieds du Maroc, pris en flagrantdélit d’exploitation de la détresse humaine de par le blocage dans sesterritoires d’un groupe de 25 réfugiés syriens dans une zone désertique à et «enles privant de la possibilité de demander l'asile et de recevoir une aidehumanitaire d'urgence» charge encore Amnesty International dans un rapportrendu public jeudi.

Rappelant que ce groupe de syriens, où figurent dix enfants,est bloqué depuis deux mois, le rapport cite le HCR qui s'est dit, le 30 maipassé déjà, « profondément préoccupé par ladétérioration rapidedes conditions pour ce groupe de réfugiés vulnérables».

S’étalant dans le détail, le document relève dans ce sensque deux des Syriens bloqués souffraient d'hypertension et un autre d'unemaladie rénale, «mais», est-il souligné, «les autoritésmarocaines ne leur ont offert aucun soin et ne leur ont pas permis derencontrer les médecins qui accompagnaient les organisations marocaines de défensedes droits humains qui ont tenté de se rendre sur place»

Et d’ajouter que les réfugiés dormaient dans des abris defortune, «ne les protègent guère des insolations dans une région où lestempératures peuvent atteindre 45 degrés, ni de la menace des attaques de serpents».

Par ailleurs, AI a battu en brèche la thèse marocainesoutenant que les réfugiés ne se trouvaient pas sur son territoire, en recourantà l’examen des données cartographiques et les images satellites publiquementdisponibles, pour confirmer à partir des données GPS qu'ils se trouvaient bienen territoire marocain.

Il convient de rappeler que la situation de ces réfugiésempire davantage, notamment après la levée, hier, par l’Algérie du dispositifspécial d’accueil mis en place, estimant «le HCR n’a pas été en mesured’aboutir à une solution» comme soulignépar le porte-parole du MAE,Abdelaziz Benali Chérif, dans son communique mercredi.

En tout état de cause, le Maroc est de nouveau pointé dudoigt en matière des droits de l’homme  et Heba Morayef n’va pas du dos de la cuillère :  «Lesautorités marocaines ne doivent pas mettre en danger la vie des réfugiés en leslaissant piégés à la frontière dans des conditions difficiles et sans aidehumanitaire. Elles doivent immédiatement leur permettre d'entrer dans le payset d'exercer leur droit de demander l'asile auprès du bureau compétent du HCRau Maroc».a-t-elle prévenu



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