Un baril de pétrole à 70 dollars : Pas suffisant selon Ouyahia !

Un baril de pétrole à 70 dollars : Pas suffisant selon Ouyahia !
Par Amel Benabi | 20 Janvier 2018 | 21:35

La hausse substantielle des cours du pétrole sur les marchés internationaux ces derniers jours où il caracole entre 67 et 70 dollars, n’enflamme pas pour autant le premier ministre. Pour Ahmed Ouyahia, qui était interrogé ce samedi sur l’opportunité de lancer la planche à billets, la reprise des prix du brut «ne règlera pas le problème» du déficit du budget de l’Etat".

On pourrait soupçonner le Premier de vouloir justifier et défendre l’option du financement non conventionnel lancée depuis quelques mois pour financer le déficit budgétaire.

Mais à sa décharge, il donne également des indices qui ne sont pas faux. Il a tenu d’abord à faire savoir que le prix du baril est actuellement «trop volatil», et qu’il ne permet pas une projection financière optimiste pour le pays sur le court terme. Il la met sur le compte des problèmes «techniques et géostratégiques».

Il précise surtout que les besoins de financement du gouvernement sont de l’ordre de 1 800 milliards DA. Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre qui s’exprimait sous la casquette de chef du RND, a rappelé que la loi de finances de 2018 n’a décidé «aucune augmentation» qui aurait impacté le pouvoir d’achat des citoyens.

Les observateurs pourraient lui rétorquer que les prix des principaux produits de consommation ont déjà flambé et que les effets inflationnistes de la planche à billets tant redoutés sont bien réels.

Ouyahia a vite expliqué que l’augmentation des prix à la pompe des carburants était «minime» et reste «en deçà» du prix réel, grâce au soutien réservé par l’Etat aux produits pétroliers.

Précisément, le Premier ministre assure que c’est le soutien des produits pétroliers qui grève le budget de l’Etat. La preuve par les chiffres : Le gasoil est importé à 81 DA le litre et cédé à 23 DA aux consommateurs, soit une part de 58 DA de soutien de la part de l’Etat, alors que l’essence coûte réellement 88 DA le litre, alors qu’elle se vend à la pompe à 24 DA, soit un soutien de l’Etat évalué à 46 DA par litre.

Et à défaut d’appliquer la vérité des prix insupportables pour les ménages, Ahmed Ouyahia, pense que le financement non conventionnel, reste la «seule possibilité» offerte pour stopper la dépression budgétaire d’ici à cinq ans.  

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