Salafisme et Wahabbisme : Le rappel à l’ordre du président Bouteflika

 Salafisme et Wahabbisme : Le rappel à l’ordre du président Bouteflika
Par Amel Benabi | 17 Avril 2018 | 10:57

La réaction était quelque peu en retard. Mieux vaut tard que jamais cependant. Le président de la république, Abdelaziz Bouteflika a profité de l’occasion que lui offrait la célébration de la journée du savoir, «Youm îlm», pour une sorte de rappel à l’ordre aux  adeptes du salafisme et du wahabbisme qui bombent le torse ces derniers temps au point de réinstaller un climat de peur qui rappelle celui des années 90.

Dans son message, le chef de l’Etat, même s’il n’a pas cité expressément ces deux mouvements les a clairement désigné du doigt. «L’unité du peuple algérien sunnite est confrontée, aujourd’hui, à des idées, qui nous sont complètement étrangères et à d’effrayantes thèses religieuses qui ont été, dans un passé très proche, source de Fitna et pourraient encore l’être si elles ne sont pas appréhendées avec clairvoyance», a-t-il asséné.

La cible du président est évidente. Les représentants patentés du Salafo-wahabbisme en Algérie qui écument les chaines de télévisions et les réseaux sociaux où ils répandent leurs idées moyenâgeuses, en prennent pour leur audace. Plus particulièrement, c’est le fameux cheikh Mohamed Ferkous, adoubé par les muftis des Al Saoud qui est visé par la mise en garde présidentielle.

Ce dernier s’était distingué dans sa lettre mensuelle sur son site internet par des propos d’une rare gravité en mettant en doute le référent religieux de l’Algérie (Malékite) et déniant aux frères musulmans et aux soufis l’appartenance à la Sunna. Ce fut un propos très osé qui a choqué l’opinion mais qui a sûrement fait plaisir à ses mentors à Ryad.

Oui aux Zaouias, non à Ferkous…

C’est dire que la mise au point du président et ses rappels utiles quant aux fondamentaux religieux de l’Algérie a valeur de mise en garde que notre pays ne saurait tolérer ce genre d’exégèses servies avec arrogance à un peuple qui n’a pas totalement pansé ses blessures de la Fitna des années 90. Le chef de l’Etat en a profité pour insister sur le rôle central des Zaouïas qui enseignent l’islam populaire,  prêchant la modération et le juste milieu. Le président de la république a ainsi souligné que le rôle des zaouïas «qui ont été et demeurent une composante au service de notre religion et de la cohésion de notre société ».

Cette précision s’adresse directement à Mohamed Ferkous et ses acolytes qui s’attaquent régulièrement à ces écoles traditionnelles d’enseignement du Coran qui s’éloignent de l’extrémisme et des idées inquiétantes qui sèment le trouble et la haine entre algériens. Le président Bouteflika a donc clairement choisi son camp et a remis les tenants de ces courants dangereux qui usent des moyens de communication modernes qu’offre la mondialisation pour diffuser leur venin sur internet, à leur place.

«L’avènement de la mondialisation et des moyens de communication modernes ainsi que certains événements ayant secoué le monde musulman et nouvelles idées, ô combien étrangères au peuple algérien, ont graduellement ébranlé notre cohésion idéologique et intellectuelle au point d’affecter la stabilité de l’Algérie et de la faire basculer dans l’enfer du terrorisme et des affres de la tragédie nationale », rappelle utilement Bouteflika. Une façon de siffler la fin de ce jeu dangereux auquel se livrent les extrémistes de tous bords pour de sulfureux objectifs. 

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