Said Sadi suggère au mouvement citoyen de se structurer en prévision de la phase de transition

Said Sadi suggère au mouvement citoyen de se structurer en prévision de la phase de transition
Par Nabil Semyane | 15 Mai 2019 | 12:24

Depuis le début du mouvement citoyen, le Dr Said Sadi, à l’instar de nombreux intellectuels et politiques, accompagne et éclaire le mouvement citoyen par des réflexions et des analyses. Dans une nouvelle contribution mise en ligne mercredi sur sa page Facebook, sous le titre « divergences, ruptures et perspectives », il estime que la dynamique citoyenne, au bout de douze vendredis de manifestations, est parvenue à la limite objective de sa phase d’affirmation pour passer à celle de sa structuration.  

« Les médecins appellent cela la phase d’état. Quand tous les signes précurseurs d’une affection sont installés et constatés, le diagnostic d’une maladie est aisé. On peut alors penser à envisager un traitement. Nous y sommes. », écrit-il à ce propos

Puis de rappeler  au passage que « Pendant les premières semaines qui ont suivi la démission forcée de l’ex chef de l’Etat, un certain nombre d’Algériens ont voulu se persuader que les responsables de l’armée, initialement fervent partisan du cinquième mandat, allaient revenir à de meilleures dispositions au regard de la force de la demande de changement exprimée par la rue algérienne à travers tout le pays. »

Et d’arriver à ce constat qu’au bout de presque trois mois d’existence Armée et mouvement citoyen sont sur « des trajectoires contradictoires », l’institution militaire, à travers son état-major travaillant « à travers l’activation de l’article 102 à la transmission clanique d’un pouvoir autocratique », lorsque « le mouvement citoyen demande le départ du système pour instaurer un régime démocratique. Ces dernières semaines, la rupture se voit dans les contenus, les méthodes et les objectifs des deux vis-à-vis. ».

Il s’agit donc pour l’ancien président du RCD de voir le mouvement se projeter dans la prochaine phase de transition pour penser ses mécanismes et les hommes et les femmes qui doivent l’assumer, le temps d’asseoir les fondements de l’Algérie nouvelle.       

Naturellement, la question n’est pas d’exclure un citoyen ou un militant de quelque étape que ce soit. Il est néanmoins impérieux de bien s’entendre sur ce que transition veut dire dans l’Algérie aujourd’hui. Cette phase est déterminante pour la naissance d’un ordre républicain démocratique. Cela a été déjà dit, mais il n’est pas superflu de le rappeler. A quelques détails près, les organes et mécanismes dédiés à la transition font largement consensus. Présidence collégiale, directoire de la conférence de transition, commission indépendante d’organisation des élections, assemblée chargée d’élaborer la constitution précédée de la prescription des préalables démocratiques… »

Rappelant que ceux qui seront en charge de cette transition doivent « s’y consacrer exclusivement »  en prenant l’engagement de ne briguer aucune investiture ultérieure, il souligne néanmoins  que ces derniers   « devront, naturellement, adhérer eux-mêmes aux valeurs démocratiques universelles et le proclamer. » 

Pour ce qui est des modalités de désignation des membres devant gérer les différentes instances de cette période, plusieurs formules existent, selon Said Sadi. A savoir, par exemple le « vote électronique », comme suggéré par le Think tank Nabni, l’organisation des élections régionales, selon les six wilayas historiques, des assemblées régionales et, au besoin, même des primaires.  

Le dialogue étant refusé, les compromis étant peu probables, l’Algérie réelle qui s’affirme à longueur de semaine doit maintenant se prendre en charge. » estime Said Sadi  pour qui  « La question n’est pas de savoir si l’échéance électorale du 4 juillet va échouer mais de prévenir les coûts de son échec. »

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