Remaniement du gouvernement : le président Tebboune à la recherche d'un nouveau souffle aux réformes économiques

Remaniement du gouvernement : le président Tebboune à la recherche d'un nouveau souffle aux réformes économiques
Par Nabil Semyane | 24 Juin 2020 | 13:35

Le président Tebboune a pris les observateurs de court, en procédant mardi  à un remaniement du Gouvernement Djerrad I, sans que ce changement ne soit précédé par les habituelles spéculations et fuites  sur les partants et les arrivants ; une preuve que, pour le coup, l’information est bien verrouillée au niveau de la présidence de la République.   

S’agissant du gabarit de ce nouveau gouvernement, force est d’observer son caractère pléthorique, en étant composé de  41 membres, dont 32 ministres, six ministres délégués et deux secrétaires d’Etat ; ce qui, à priori, semble en porte à faux avec la politique de rigueur budgétaire qui exige, au contraire, une équipe plus  ramassée, avec jumelage de certains départements dans des grands ministères.

En dehors de sa composante pléthorique, on constate que les ministères de souveraineté (Intérieur, Affaires étrangères, Justice) n’ont pas changé de titulaires.

En fait, à travers le remaniement, on croit percevoir chez le couple exécutif, (président et Premier ministre) un souci de créer une nouvelle dynamique dans les départements en prise avec la réalité économique du pays qui, faut-il le rappeler,  est en plein crise, exacerbée par la pandémie du Coronavirus.

Signe majeur de cette volonté : le limogeage d’ Abderahmane Raouya, le premier argentier du pays qui est remplacé par un financier dont on dit qu’il est « moins orthodoxe », Aymen Benabderahmane, Gouverneur de la Banque d’Algérie.

Chérif  Omari, ministre de l’Agriculture et du Développement, rural qui était dans le gouvernement Bedoui, est remplacé par Abdelhamid Hamdane.

Hacène Mermouri dont le cas relève d’une erreur de casting,  est logiquement remercié pour être remplacé par Mohamed Hamidou  dans le secteur du Tourisme et de l’Artisanat,  appelé  à jouer un rôle de moteur de croissance, dans le cadre de la transiition économique.

Le professeur Chitour quitte le portefeuille de l’Enseignement supérieur, au profit de Abdelbaqui Benziane, pour se voir proposer un nouveau Département, celui de « La transition énergétique et des  Energies  renouvelables ».

C’est le domaine de prédilection du Pr Chitour, qui a écrit de nombreux ouvrages sur la problématique, mais son départ de l’Enseignement supérieur semble lié à ses relations conflictuelles avec les syndicats du secteur et ses déclarations clivantes, loin de la langue de bois aseptisée et stéréotypée des ministres.

Le  constat est valable aussi pour Mohamed Arkab qui perd le très puissant maroquin de l’Energie, au profit d’un revenant et enfant du secteur, Abdelmadjid Attar, et se voit relégué au ministère des Mines, découplé des Industries, qui reste sous la coupe de Ferhat Ait Ali Braham.

Visiblement Mohamed Arkab, malgré toute sa bonne volonté, n’a pas le profil idoine pour piloter un secteur aussi stratégique que les hydrocarbures, en plein crise énergétique mondiale qui touche frontalement l'Algérie.

La création du porte-feuille de ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la prospective, confié à l’économiste Mohamed Chérif Belmihoub,  celui des micro- entreprises qui revient à  Nassim Diafat et celui de l’économie de la Connaissance  et des starts-up, affecté Yacine El Mahdi Ouahid traduisent la volonté du président Tebboune, de faire de ces secteurs des vecteurs de croissance dans le cadre du changement du paradigme économique.

Ce gouvernement Djerrad II  a six mois devant lui pour faire ses preuves, car après les législatives anticipées, prévues, probablement,  pour le début de l'année prochaine, les cartes seront rebattues.

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