Parlement : voilà pourquoi et comment Slimane Chenine est catapulté au perchoir de l’APN

 Parlement : voilà pourquoi  et comment Slimane Chenine  est catapulté au perchoir  de l’APN
Par Hakim Megatli | 11 Juillet 2019 | 15:07

L’élection inattendue de Slimane Chenine, député d’un petit parti d’Abdelkader Bengrina, le mouvement El Bina El watani, affilié à l’alliance des partis islamiste baptisée, «Ennahda, El-Adala et El-Bina», a surpris plus d’un observateur. Et pour cause !

Avec seulement 15 sièges à l’Assemblée Populaire nationale sur  un total de 462, l’élection de l’ex chargé de communication de feu Mahfoud Nahnah du temps de Hamas, aurait été  impossible à  obtenir.

En plus du calcul arithmétique qui n’autorise pas d’envisager un tel triomphe, il faut souligner que Slimane Chenine est issu d’une alliance islamiste qui ne cadre pas, théoriquement et politiquement, avec la ligne de conduite de l’ex alliance présidentielle qui écrase outrageusement la concurrence à l’APN.

Or, les députés de cette dernière ont curieusement donné leur voix au candidat Chenine au lieu d’adouber un des leurs qu’ils pouvaient aisément placer au perchoir.

Le PFLN, le RND, le MPA et le TAJ ont en effet accordé leur onction à Slimane Chenine dans une discipline aussi étonnante que détonante et pour la première fois depuis l’élection de la première assemblée pluraliste en 1997.

Mieux encore, le RND a même décidé de retirer son candidat, Lakhdar Sidi Athmane et instruit ses élus de voter en faveur de celui de l’alliance El Adala, Ennahda, El Bina.

Connaissant l’allergie du parti d’Ahmed Ouyahia aujourd’hui en prison pour la mouvance islamiste, il est pour le moins bizarre qu’il offre le poste de troisième personnage de l’Etat à l’un de ses représentants.

«L’intérêt national et la stabilité de l’institution parlementaire» invoqués par ce parti pour justifier son surprenant alignement paraissent bine spécieux.

Le constat vaut aussi pour son alter ego, le PFLN dont le secrétaire général, Mohamed Djemai brûlait d’envie de monter au perchoir.

Quant au MPA et le TAJ mais aussi le Front El Moustakbel de Belaid Abdelaziz, leurs soutiens à Slimane Chenine ne fait que confirmer qu’il y a eu bien une instruction venue d’en haut.

L’ex parti unique n’a jamais laissé le prestigieux perchoir du palais Zighoud à un élu d’un autre parti depuis qu’il l’a ravi au RND de Bensalah.

De fait, rien ne pourrait  justifier et expliquer l’ascension fulgurante de Slimane Chenine mis à part un calcul politique du nouveau régime destiné à élargir sa base sociale en «recrutant» auprès de la mouvance islamiste et fortifier ainsi son socle doctrinal.

Du renfort islamiste BCBG au nouveau pouvoir

Cette alliance islamo-conservatrice scellée à l’APN est en quelque sorte un trophée de guerre que le nouveau pouvoir pourra exhiber pour donner de la substance au slogan de la «Badissia, novembria».

Une façon de souder les rangs de cette large alliance d’appareils pour produire le même discours et surtout défendre les mêmes options politiques à venir dont le chef d’état-major et le président Bensalah en ont données des avant goûts.

L’intronisation de Slimane Chenine a en effet un prix. Ce sera du donnant-donnant. L’alliance à laquelle il appartient a dû signer l’acte d’allégeance à toutes les options politiques du pouvoir.

Dans sa première déclaration, le nouveau président der l’APN n’a d’ailleurs pas manqué d’adresser ses salutations au commandement de l’armée et son «accompagnement du peuple».

Le parti d’Abdelkader Bengrina, n’a pas boudé son plaisir en se félicitant de ce «plébiscite»  de Slimane Chenine tout en soulignant le «grand mérite de l’armée nation ale populaire dans les acquis du Hirak» que «nul  ne peut nier».

Ce parti a par ailleurs déclaré sa «disponibilité à souscrire à toute option visant à sauvegarder les intérêts supérieurs de la nation».

Cela étant dit, Slimane Chenine n’est pas vraiment un islamiste à proprement parler. Ses positions et son parcours bien connus prouvent en tous cas qu’il n’a pas vraiment l’ADN de Djaballah et encore moins celui des frères musulmans.

Ses frères ennemis du MSP ne lui ont d’ailleurs pas donné leur baraka. Sans doute qu’Abderrazak Makri a flairé le coup fourré contre son parti qui pourrait se retrouver hors circuit après avoir tenté un mariage de raison avec Said Bouteflika. 

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