Nouveau ministre français des AE : quand la presse marocaine joue les vierges effarouchées

Nouveau ministre français des AE : quand la presse marocaine joue les vierges effarouchées
Par Nabil Semyane | 18 Mai 2017 | 16:05

Une certaine presse marocaine, ne se donne aucune limite pour assumer son rôle de caisse de résonance du Makhzen. Y compris celle de l'indécence (il n'y pas d'autres mot) qui consiste à s'ingérer dns ce qui relève de la stricte souveraineté d'un pays. En l'occurrence, la France dont le ministre des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, ne semble pas du tout convenir à cette presse aux ordres.

Le journal YaBiladi, pour ne pas le citer, dans son édition de mercredi s'insurge presque de l'arrivée de l'ex-ministre de la Défense au Quoi d'Orsay, lui reprochant "sa proximité avec l'Algérie". 

YaBiladi rappelle que Jean Yves Le Drian "a constamment exprimé des positions en faveur du voisin de l’Est, notamment sur le dossier malien. Il s’est toujours prononcé pour une mise à l’écart du royaume dans le règlement de cette crise."

«Nous n’avons pas à avoir une discussion sur ce sujet avec tel ou tel. Il y a une médiation algérienne, nous l’appuyons», avait répondu sèchement et très justement Jean Yves le Drian, alors ministre de la Défense, à un journaliste de JeuneAfrique qui l'interrogeait sur un possible rôle de Rabat dans la crise malienne. 

Mais de quelle mise à l'écart parle ce journal dont les propos trahissent tout simplement une ignorance crasse du signataire de l'article, car le Maroc n'est pas en capacité diplomatique ni militaire d'intervenir sur le dossier malien pris en charge magistralement par la diplomatie algérienne, avec à la clé l'accord d'Alger.

Le souci de la diplomatie Algérienne a toujours été guidé par la volonté de créer les conditions d'un dialogue inclusif pour sauver l'intégrité territoriale du Mali et le règlement de la crise de légitimité politique. 

"Partage du pouvoir, mais pas du territoire", nous rappelait justement le ministre des Affaires maghrébines, Abdekader Messahel.

Ce qui est loin d'être le cas pour la diplomatie marocaine qui a heureusement échoué à attiser les divisions dans ce pays, juste pour entretenir une tension permanente sur la frontière sud de l'Algérie.

Le journal marocain s'est, néanmoins, félicité que « le ministre des Affaires étrangères, un temps occupé par Laurent Fabius (16 mai 2012-11 février 2016), et celui de l’Intérieur chapeauté par Manuel Valls (16 mai 2012-31 mars 2014), sont parvenus à contrebalancer la proximité de Jean-Yves Le Drian avec le pouvoir Algérien."

Mais avec Jean Yves le Drian taxé "de pro-Algérie", prévient YaBiladi, « le royaume a intérêt à agir vite avant que les choses ne dégénèrent, d’autant que les relations entre le Maroc et le nouveau chef de la diplomatie française s’annoncent tendues."

Peut-être que le président Emmanuel Macron aurait dû faire valider par Rabat, le choix du nouveau locataire du Quai d'Orsay pour être en accord avec les attentes de journaux comme YaBiladi, que nous invitons, par ailleurs et amicalement, à prendre de la hauteur. A en finir avec ces chipoteries de vieilles mégères avec notre pays et accepter une bonne fois pour toute que l'Algérie est un acteur majeur dans la région et son point de vue compte. Comme compte pour du beurre les points de vue des autres qui jouent à la "grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf." A bon entendeur!

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