Mebtoul fustige les "graves accusations" de Louisa Hanoune

Mebtoul fustige les "graves accusations" de Louisa Hanoune
Par Lila Ghali | 20 Février 2015 | 23:55

Le professeur Abderrahmane Mebtoul, économiste de renom, a fait parvenir à notre rédaction, sa réaction après les déclarations faites à notre confrère El Watan par la secrétaire générale du parti des travailleurs (PT) madame Louisa Hanoune.

Qualifiant ces déclarations de "graves accusations contre la présidence de la république, le gouvernement, le parlement et le secteur privé", ", le professeur Mebtoul en sept points, rappelle les principaux passages de l'interview pour finir par appeler les mis en cause à réagir.

1- Louisa Hanoune secrétaire générale du parti des travailleurs, qui lors de la dernière élection présidentielle d’avril 2014, selon les décomptes du Ministère de l’intérieur a eu 154. 912 voix, soit 1,37% par rapport aux votants et 0,67% par rapport aux inscrits, vient dans une interview donnée au quotidien El Watan en date du 19 février 2015 de s’attaquer avec une rare violence au pouvoir actuel, dépassant les attaques de l’opposition, et portant des accusations d’une extrême gravité.

2- La première accusassions porte sur la présidence de la république et notamment du plus haut magistrat de l’État, le président de la République qu’elle accuse de ne pas avoir rempli ses engagements contrairement à ses promesses électorales. Elle va plus loin, comparant  la situation actuelle  avec celle du fin de règne du président égyptien Moubarak, accusant donc les proches du cercle présidentiel d’avoir le pouvoir réel qui accentuerait la déliquescence de l’État.

3- Elle accuse les membres du gouvernement d’être un gouvernement de « copains », excepté le Ministre de l’Énergie qui serait selon elle un des rares patriotes, alors que la majorité des ministres sont des incompétents, aux ordres d’hommes d’affaires, et dont le but est de brader l’économie nationale. Ils seraient également nuisibles aux intérêts de l’Algérie, accusant ouvertement l’actuel ministre de l’industrie.

4- Elle accuse ouvertement le président du FCE, forum du chef des entreprises, et par ricochet tous les membres du FCE, d’être, elle n’utilise pas ses mots directement, mais indirectement de «  voleurs », tendant à influencer les décisions  économiques du gouvernement. Comme elle a accusé dans un passé récent la décision de la banque d’Algérie de favoriser le transfert illicite de capitaux en autorisant les privés algériens à investir à l’étranger, bien que la circulaire parle de "fonds propres".

5- Selon la déclaration de la secrétaire général du PT, actuellement, il n’y aurait pas d’institutions fonctionnant normalement, de véritable parlement qui est aux ordres ( les élections passées ayant été trafiquées selon elle), pas une véritable justice également qui est aux ordres, et que l’Algérie serait au bord de l’explosion.

6- Elle demande un remaniement gouvernemental pour mettre de l’ordre selon les axes de son parti : renforcer le secteur d’État dans tous les domaines, rompre les accords d'associations avec l'Union européenne ainsi que de rejeter l'adhésion de l'Algérie à l’OMC et de combattre l’impérialisme américain et européen notamment français. 

7- Selon nos informations, tant au niveau national qu’international, ces  accusions sont d’une extrême gravité. Elles  portent atteinte à l’image de l’Algérie tant au niveau interne qu’international, au moment où ont cours des tensions géostratégiques au niveau de la région. Certes le dialogue productif  contradictoire doit primer, nul n’ayant le monopole de la vérité et du nationalisme. Mais pour éclairer l’opinion publique désemparée par de telles accusations publiques, les mis en cause se doivent de réagir notamment la présidence, les ministres du gouvernement, le parlement des deux chambres et l’ensemble des organisations patronales du  secteur privé. Il y va de la crédibilité  de l’Algérie.

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