Maroc : Les populations du Rif ne décolèrent pas et maintiennent leur mobilisation

Maroc : Les populations du Rif ne décolèrent pas et maintiennent leur mobilisation
Par Lila Ghali | 19 Mai 2017 | 08:22

Les populations du Rif dans le Nord du Maroc poursuivent leur protestation pour dénoncer la  "corruption" de l'Etat et dénoncer "la militarisation" de leur région. En effet, des milliers de personnes se sont, une nouvelle fois, rassemblées, hier soir, dans la ville de la région du Rif,  El-Hoceïma. Ils scandaient des slogans hostiles aux autorités  marocaines. Ces scènes de protestations ont été largement partagées et relayées sur les réseaux sociaux pour casser ainsi le black-out imposé par le royaume au sujet de cette protestation 

Les manifestants scandaient des cris de "Vive le Rif" ou"non à la militarisation". Sur une banderole brandie par les manifestants  est écrit " Etes-vous un gouvernement ou un gang?". D'autres brandissaient des drapeaux aux couleurs amazighes. Le rassemblement a été précédé d'une marche  

Le leader du mouvement, Nasser  Zefzafi a pris la parole sur la place principale de la ville d'El-Hoceïma pour rappeler le caractère pacifique de leur protestation et les principales revendications tout en dénonçant la "corruption" de l'exécutif et des  politiciens locaux, les "mafias" locales, "l'esprit de répression" de l'Etat et  de ses services de renseignement qui "manipulent les institutions", la  "présence massive" des militaires dans la ville, le "sous-développement" de la  région, le nouveau gouvernement islamiste et d'autres griefs retenus contre les autorités locales.

Il a, une nouvelle fois, saisi l'occasion pour rejeter les accusations de séparatisme lancées contre le mouvement de protestation des populations du Rif, exigé la "libération" de militants de sa mouvance  et la "démilitarisation" de la province.

Le rassemblement s'est déroulé sans incident, et s'est dispersé vers 22H00  locale (21H00 GMT), selon des sources locales.    

Selon les  autorités locales, les protestataires étaient près de 5.000, dont la moitié était des mineurs  et une majorité venait de l'extérieur de la ville et même de la province. Alors que les initiateurs du mouvement parlent de 200.000 manifestants.

D'importants renforts des forces de l'ordre ces derniers  jours dans et autour de la ville

Pour rappel, la région du Rif, réputée frondeuse et conservatrice, la province  d'El-Hoceïma est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort fin  octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à  ordures.    

L'incident avait suscité l'indignation dans le pays, qui a pris la forme à  Al-Hoceïma d'un mouvement plus social et politique.

Mené par un groupe  d'activistes locaux, le "hirak" (la mouvance) pose de nombreuses revendications  pour le développement du Rif, qu'il estime marginalisé.    

L'Etat de son côté met en avant les importants efforts financiers consentis  ces dernières années, et a multiplié les annonces en faveur de l'économie  locale.  Le ton s'est néanmoins durci ces dernières semaines.

Via les réseaux  sociaux, les activistes du "hirak" ont multiplié les paroles de défiance et les  harangues contre la "répression" du pouvoir, tandis que l'exécutif a dénoncé  les "intox" des militants et annoncé une prochaine riposte judiciaire.  

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