Les rencontres secrètes avec Said Bouteflika et le général Toufik sèment la Fitna chez les islamistes

Les rencontres secrètes avec  Said Bouteflika et le général Toufik sèment la Fitna chez les islamistes
Par Hakim Megatli | 14 Mai 2019 | 15:23

C’est la Fitna au sein de la mouvance islamiste censée faire cause commune en ces temps d’incertitudes !

En effet, les déclarations du chef du MSP, Abderrazak Makri, selon lesquelles il a rencontré le frère de l’ex Président, Said Bouteflika, pour lui présenter l’initiative politique de son parti ont inspiré des commentaires acidulés du bras droit d’Abdallah Djaballah.

Le député Lakhdar Benkhelaf voit à travers ces rencontres «secrètes» des dirigeants du MSP avec les gens de l’ancien pouvoir, une «preuve» de leurs accointances douteuses surtout que ses partenaires au sein de l’opposition ne sont pas informés, comme il l’a écrit sur sa page Facebook.

Il n’en fallait pas plus pour faire bondir le chef du groupe parlementaire du MSP, Nasser Hamdadouche, pour lui rendre la monnaie de sa pièce.

Dans un post sur sa page Facebook, le député du MSP a renvoyé l’accusation à Lakhdar Benkhelaf en lui rappelant que les dirigeants du parti Adala sont des invités habitués des tables de Said Bouteflika, de Sellal voire aussi du général Toufik, et avec les compliments du…cheikh Djaballah.

«Je rappelle à M. Benkhelaf que ces rencontres et ces contacts qu’ont eus les responsables du MSP avec des hauts responsables de l’Etat sont annoncés et officiels».

En revanche, les cadres du parti «Adala» font ce genre de rencontres avec des «forces extraconstitutionnelles» en secret et avec la bénédiction de Djaballah qui plus est, sans informer ni les partis de l’opposition ni l’opinion publique», assène Nasser Hamdadouche. Et d’enfoncer le clou : «Vous avez même rencontré un représentant de Noureddine Bedoui avant la formation de son gouvernement en plein Hirak ! » 

Avec les compliments du Cheikh !

Nasser Hamdadouche justifie dans son post le fait que le MSP ait été amené à discuter avec ceux qu’on appelle aujourd’hui les «forces extra constitutionnelles», par le «pouvoir de fait» qui imposait selon lui de présenter le projet politique de son parti «aux tenants du pouvoirs, aux partis, et aux médias».

Lakhdar Benkhelaf saisit au vol ces accusations et répond au quart de tour dans un autre post décapant sur sa page Facebook ce mardi.

« Je réitère que les dirigeants du front Adala n’ont jamais négocié avec qui que ce soit au sein du pouvoir que ce soit de manière directe ou indirecte. Et moi personnellement je n’ai jamais rencontré le frère de l’ex Président, qui est le chef de bande et que je ne le connais pas contrairement aux accusations du nommé M. Hamdadouche. Sauf si Said Bouteflika lui-même qui vous a raconté ce mensonge que vous ne pouvez prouver quoi que vous fassiez M. l’imam ! »

Lakhdar Benkhelaf rappelle qu’Abdallah Djaballah a déjà «nié» toute rencontre et «tout contact» avec le général Toufik.

Cela étant dit, ces accusations et contre accusations autour des activités «secrètes», à l’ombre d’une ligne d’opposition de façade de ces deux partis islamistes, a de quoi entretenir la Fitna dans les rangs de cette mouvance qui s’est entendue pour ne pas s’entendre. 

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