Les partis islamistes radicalisent leurs positions sur le bilan de Bouteflika et son projet de révision constitutionnelle

Les partis islamistes radicalisent leurs positions sur le bilan de Bouteflika et son projet de révision constitutionnelle
Par Mourad Arbani | 23 Novembre 2013 | 22:29

Les partis islamistes radicalisent de plus en plus leur ton contre le bilan du président Abdelaziz Bouteflika et son projet de révision constitutionnelle tout en laissant planer le menace de boycotter la présidentielle 2014. Nous en saurons peut être un peu plus, dimanche, à l’occasion de la conférence qu’animera Abderrazak Mokri au siège du mouvement de la société pour la paix (MSP).

Cependant, à l’occasion du meeting animé aujourd’hui à Médéa, Mokri n’est pas allé par quatre chemins pour dénoncer le bilan de Bouteflika, au moment où, justement, son Premier ministre et les partis et organisations satellites du pouvoir lui fond la « promo ». Pour le chef du MSP, l’Algérie a besoin d’un véritable plan de "sauvetage" économique pour la faire sortir de la "zone de turbulences" dans laquelle elle se trouve.

Faisant des prévisions pessimistes, il considère que "la situation sur le plan économique est très critique, il faut s’attendre à des jours difficiles, car tous les indicateurs macro-économiques sont au rouge et, par conséquent, il y a urgence à mettre en place un plan de sauvetage en mesure d’éloigner le pays du spectre d’un retour à l’endettement".

Pour Mokri, l’avenir du pays s’annonce "sombre et porteur de grands risques pour la stabilité et l’indépendance du pays, eu égard aux mauvaises performances économiques, cumulées au cours des quinze dernières années". Poursuivant son réquisitoire, Mokri trouve que les politiques économiques suivies, à ce jour, "n’ont pas réussi à mettre en place une véritable économie, indépendante de la rente pétrolière".

Puis d’avancer un chiffre, sans préciser néanmoins sa source : 600 milliards de dollars. C’est le montant englouti dans les différents programmes quinquennaux ont eu, selon lui un "impact réduit" sur notre économie. Il a exprimé, en outre, sa crainte de voir l’Algérie "sombrer à nouveau dans le spectre de l’endettement", au vu de l’énorme déséquilibre de notre balance commerciale, dont l’excédent a reculé, cette année, à 9 milliards de dollars, "alors que les importations sont en nette évolution" a-t-il souligné.

Au plan politique le chef du MSP réitère son rejet d’un quatrième mandat pour le président Bouteflika et invite les formations politiques qui y travaillent à "revoir leur position", car, résume t-il "le pays ne peut pas se permettre d’autres erreurs qui hypothèqueraient à jamais son avenir et son indépendance.

Djahid Younsi, secrétaire général du mouvement national Islah, n’en pense pas moins. Il se dit opposé à l’idée de la création d’un poste de vice-président dans le cadre de la révision de la Constitution. Un tel amendement, a-t-il justifié va consacrer « le monopole du pouvoir". Le parti de Djahid Younsi rejette « catégoriquement » cette option appelant la classe politique en Algérie à s'engager pour l'alternance.

Au sujet de la prochaine élection présidentielle, il appelle le pouvoir "à garantir une élection présidentielle intègre et transparente en créant les conditions fondamentales d'une approche basée sur le dialogue national et l'entente politique sur les questions nationales d'importance". Dans cette optique, Djahid Younsi a révélé que son parti comptait présenter prochainement "une charte démocratique" à tous les candidats à la présidentielle abstraction faite de ce qui se passe actuellement sur la scène politique, ajoutant que "le plus important est de jeter les bases d'un État de droit, de liberté et de démocratie".

Cette charte, précise t-il « fait obligation aux acteurs politiques de respecter les fondamentaux de l'action politique" en ce sens qu'elle "s'appuie sur une seule revendication, à savoir, garantir la vie démocratique dans le pays ». Enfin, Djahid Younsi s’interrogera sur la pertinence des visites de Sellal dans les wilayas, l’accusant indirectement de faire campagne pour le président Bouteflika avec l’argent de l’État.

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