Les avocats de Khaled Drareni dénoncent un «coup dur à la justice algérienne»

Les avocats de Khaled Drareni dénoncent  un «coup dur à la justice algérienne»
Par Hakim Megati | 15 Septembre 2020 | 14:59

 Les membres du collectif des avocats du journaliste Khaled Drareni, condamné aujourd’hui à deux ans de prison ferme,  en deuxième instance par la  Cour d’Alger, étaient tout feu tout flamme au sortir de l’audience. Certains d’entre eux étaient particulièrement choqués au point de tenir des propos décapants à l’égard de la justice et du pouvoir.  

A l’image du bien connu Abdelghani Badi qui n’a pas mâché ses mots devants les nombreux journalistes qui lui demandaient  le verdict contre Khaled Drareni. 

«Pour nous ce verdict choquant. C’est un verdict qui institue un Etat qui ne respecte pas la loi, un Etat qui ne respecte pas la presse et un Etat qui ne respecte pas les libertés fondamentales» peste Abdelghani Badi.

L’avocat en veut pour preuve qu’au «moment où ils font la promotion d’une nouvelle constitution, ils foulent aux pieds les libertés pourtant garanties par cette même constitution».

Le  très médiatique défenseur des  journalistes et des activistes prisonniers du Hirak était tellement outré qu’il s’est laissé aller à des commentaires politiques acides sur la situation des libertés en Algérie.     

« Avec ce genre de décisions, il est impossible d’instaurer un Etat fort. Aujourd’hui  nous sommes tous en danger. Les journalistes sont en danger, les avocats sont en danger et les libertés sont en danger. Bref toute l’Algérie est en danger», explose Abdelghani Badi, visiblement hors de lui.

Pour lui, la condamnation de Khaled Drareni à deux ans de prison confirme «l’instrumentalisation» de la justice. «Nous avons eu la preuve aujourd’hui  des  interférences politiques dans le travail de  la justice» qui étaient perceptibles dés le début de cette affaire».

De son coté l’avocat et le militant des droits de l’homme, Mustapha Bouchachi, a estimé que ce verdict  constitue «un coup dur pour la justice Algérienne ».

«Nous sommes sous le choc, suite à cette condamnation qui est  un coup dur pour la justice algérienne avant qu’elle soit un coup pour Khaled Drareni» assène-t-il.

Et d’ajouter : «Khaled Drareni n’a commis aucun crime, il a juste exercé son travail  de journaliste par la couverture du mouvement populaire » donc ce verdict « n’a aucune base juridique».

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