L'avocat d'Ahmed Ouyahia: " L'histoire rendra justice à mon client, comme elle l'a fait pour Messali Hadj et Ben Bella"

L'avocat d'Ahmed Ouyahia: " L'histoire rendra justice à mon client, comme elle l'a fait pour Messali Hadj et Ben Bella"
Par Nabil Semyane | 14 Janvier 2021 | 15:37

Le procès en appel des personnes impliquées dans l'affaire dite "du montage automobile" et le "financement  illégal de la campagne électorale " de l'ex-président Bouteflika, marque jeudi un nouveau tournant avec le début des plaidoiries.

C'est Kraouda Amine, avocat de l'ex-premier ministre Ahmed Ouyahia, qui est monté à la barre en premier pour une longue plaidoirie placée sur le registre de l'émotionnel, rejetant les charges de corruption retenues contre son client qui suivait les péripéties du procès à partir de la prison de Abadla, à Béchar.

Evoquant l'affaire des fameux lingots d'or, qui a fait ces derniers jours  le miel des journalistes et des partis politiques, notamment ceux qui ont la dent tenace conte l'ex chef du Gouvernement, Amine Kraouda  a soutenu qu'il "n'y a pas de corruption sans corrupteur ; l'accusation portée contre mon client exige des arguments  pour lui donner un fondement. Où est la relation de cause à effet ? Où est la corruption ? Mon client, lorsqu'il était en responsabilité était quasiment en prison, car il était entouré par des services de sécurité et des garde-corps".

Maitre Kraouda a dénoncé la campagne médiatique orchestrée autour de cette affaire des ligots d'or en lançant, colérique,: "ça suffit les scandales !" Puis  de renchérir "On a ramené un homme menottes au poings pour assister à l'enterrement de son frère pour en faire un événement médiatique, quel triste spectacle qui  n'est pas à l'honneur de notre pays ! "

Revenant encore sur l'affaire des lingots d'or, qui risque de peser lourd dans le verdict final,  l'avocat met en avant l'état psychologique de l'ex premier ministre incarcéré à la prison d'Abdala à Béchar, en expliquant qu''il n'aurait jamais pu faire ce genre de déclarations s'il était à Alger".

Et l'avocat de conclure sa longue plaidoirie en soutenant, avec force effets de manches, que "Ahmed Ouyahia ne fait pas partie de la +Issaba+, l''Histoire lui rendra justice, comme elle l'avait fait pour Messali Hadj et Ben Bella"

Pour rappel, le procureur à requis, mardi,  contre Ahmed Ouyahia 15 ans de prison ferme et un million de dinars d'amende. 

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