Invité du Forum de Liberté : Said Sadi s’en prend à Gaid Salah et appelle l’armée à se «réinventer»

Invité du Forum de Liberté : Said Sadi s’en prend à Gaid Salah et appelle l’armée à se «réinventer»
Par Nabil Semyane | 13 Mars 2019 | 12:27

L’ancien président du RCD Said Sadi, visiblement en quête d'une place politique dans ce qui se joue actuellement sur la scène,  n’a pas mâché ses mots aujourd’hui mercredi contre le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, dont il a pointé des interventions «hésitantes, maladroites ou contradictoires».

Lors de son passage au forum du journal Liberté, Said Sadi estime qu’une «page se tourne» pour le pays tout entier y compris pour l’armée.

«L’armée algérienne comme tous ceux qu’interpelle ce mouvement est elle aussi appelée à se réinventer et doit être le reflet d’un peuple jeune, moderne et maintenant sûr de ses droits », a-t-il déclaré.

Auparavant, Sadi s’est dit surpris par les déclarations du chef d’état-major de l’armée sur le peuple qui manifeste dans toute l’Algérie.

«J’ai entendu récemment des paroles qui heurtent la conscience citoyenne et blessent chaque patriote. Ce n’est pas à l’armée de porter des jugements sur le peuple ou d’en être fière mais au peuple d’être fière de son armée, faut-il encore qu’elle le mérite», a-t-il asséné.

Pour lui ces commentaires de Gaid Salah témoignent des «rapports de forces internes qui agitent le sérail et qui prennent en otage la Nation», plaidant que cela cesse pour le bien du peuple et de l’armée.

Quid des manifestations populaires ? Said Sadi semblait impressionné par la grande mobilisation populaire et  souhaite qu’elle se poursuive par des marches et des grèves mais qu’il faille étudier les «modalités appropriées»

«Peu de peuples sont capables de réaliser ce qu’accomplit actuellement le peuple algérien (…). Au regard de ce que j’observe dans la ferveur de cette jeunesse, nous sommes en mesure d’inventer et d’accomplir ce que d’autres peuples de la région n’ont pas su réaliser », pense Said Sadi.

Pour autant l’ex leader du RCD est convaincu que Bouteflika ne partira pas facilement. «(…) pour des raisons subjectives et objectives il (le président Bouteflika NDLR) ne partira pas sans un rapport de force qui le contraint à l’abdication», affirme-t-il.

Sadi en veut pour preuve «qu’il vient lui-même (Bouteflika ndlr) de faire une fois de plus la démonstration de son addiction au pouvoir.

C’est pour cela que, d’après lui, «la pression doit être maintenue et renforcée jusqu’à son départ d’autant plus que l’Armée donne à penser que pour l’instant, elle   privilégie son soutien à l’homme et à son clan plutôt que la fidélité au peuple».


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