Il compte s’y appuyer pour maintenir la paix sociale : logement, le nerf de la guerre de Tebboune

Il compte s’y appuyer pour maintenir la paix sociale : logement, le nerf de la guerre de Tebboune
Par Amel Benabi | 18 Juin 2017 | 16:57

Qui mieux que le nouveau Premier ministre, par ailleurs ancien ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune, pour connaître la sensibilité du logement et la valeur ajoutée politique que l’on pourrait tirer des opérations de distribution ? 

C’est fort de cette conviction que le Premier ministre a enfilé son «bleu du travail» pour relancer les chantiers du logement à l’arrêt à cause d’un insondable problème de payement des entreprises de réalisation. Mine de rien, la situation qui mettait plus d’un millier d’entreprises du bâtiment en danger de faillite, et des centaines de milliers de travailleurs au chômage, a connu son dénouement.

Tebboune connaît bien le secteur de l’Habitat au point de se permettre de gronder publiquement son ex collègue des finances, Hadji Bab Aami coupable de bloquer l’argent devant servir à payer les entrepreneurs du bâtiment et les dirigeants du CPA. 

Depuis, tous les contentieux sont réglés. Abdelmadjid Tebboune entre temps promu Premier ministre, s’est fendu d’une instruction appelant tous les intervenants à faire en sorte de débloquer la situation pour toutes les formes de logements, dont l’intégralité des programmes AADL estimé à 470.000 unités mais aussi les logements publics participatifs (LPP).

Cette instruction s’est déjà traduite par la signature d’une convention cadre, jeudi, entre le ministère de l’Habitat, le Crédit populaire d’Algérie (CPA) et la Caisse nationale du logement (CNL) pour le financement du programme de 120.000 logements de type location-vente AADL pour un montant de près de 329 milliards de DA. 

Aujourd’hui même, M. Boualem Djebbar, président de l’association des banques et des établissements financiers (ABEF) a annoncé lors de son passage à la radio chaine III, qu’une enveloppe de 130 milliards de dinars sera versée par le banques, «avant fin juin», pour payer les créances détenues par les entreprises de bâtiment nationale et étrangères.   

Déblocage de la situation 

Cette somme qui va permettre de payer, particulièrement les entreprises chargées des programmes AADL et LPP, constituent une bouffée d’oxygène pour les entreprises, nationales et étrangères, en charge de la réalisation des programmes de logement inscrits dans la politique de l’habitat du président Bouteflika, visant « à régler définitivement la crise du logement et éradiquer les bidonvilles.»

Le Premier ministre a donc réussi à désamorcer une grave crise du secteur du bâtiment en injectant de l’argent frais dans les caisses des entreprises réalisatrices. Il a, par la même occasion, redonné espoir aux dizaines de milliers de demandeurs de logements en relançant tous les chantiers à l’arrêt et même ouvert d’autres. 

Politiquement, c’est une excellente stratégie de début à la veille de la présentation du plan d’action de son gouvernement devant l’APN. 

Abdelmadjid Tebboune aura réussi à prouver que le paiement des arrières des entreprises du bâtiment n’a rien à voir avec un soi disant manque d’argent. 


Voir toutes les actualités