Grogne sociale : Le gouvernement reprend la main

 Grogne sociale   : Le gouvernement reprend la main
Par Amel Benabi | 13 Février 2018 | 18:14

Le gouvernement qui donnait la nette impression d’être débordé sur tous les côtés par les syndicats autonomes de la santé et de l’éducation, en grève depuis des semaines, semble reprendre graduellement la situation en  main. Le fait est que les langues se délient et le ton se fait se plus en plus menaçant à l’égard des grévistes.

Après l’initiative du ministre du Travail qui a « convoqué » les représentants de tous les syndicats  autonomes de la fonction publique et les a mis en garde contre les conséquences de leurs actions sur le pays, son collègue de l’intérieur a pris lui aussi la parole aujourd’hui pour apporter du sien. Profitant de l’inauguration du salon international de la sécurité routière au siège de la SAFEX, Noureddine Bedoui a appelé les protestataires a privilégier le dialogue mais a brandi la menace si nécessaire pour  «préserver la stabilité».

«Cette stabilité, que nous devons à la politique de réconciliation du président Bouteflika, beaucoup de parties nous l’envient, c’est la raison pour laquelle je demande aux citoyens d’en prendre conscience et de bien mesurer son importance », souligne  Noureddine Bedoui sur un ton clairement ferme.

«Attention à l’utilisation de la tension sociale !  Car d’aucuns veulent porter atteinte à la stabilité et au calme de l’Algérie ; laissez-nous utiliser les forces de sécurité pour la défense du pays mais les lois de la république sont au- dessus de tous et  s’appliqueront en toute rigueur pour défendre cette stabilité et éviter au pays le retour à un passé douloureux», met en garde le premier policier du pays.  

La veille, ce fut le président de l’APN, Said Bouhadja qui a tenté une médiation en recevant une délégation des médecins résidents à son bureau à l’hémicycle. Bien qu’il ait expliqué qu’il n’avait pas de prérogatives pour régler les problèmes posés, Bouhadja a sans doute voulu faire baisser un peu la tension à travers son geste. Mais il semble que le gouvernement ait décidé de se montrer plus ferme face aux initiateurs de ces mouvements sociaux qui commencent à en faire trop.

Plus de fermeté

En effet, le même Bouhadja s’est montré moins engagé aujourd’hui en glissant qu’il ne pouvait pas se substituer aux ministres concernés par ces conflits. Les chefs des groupes parlementaires des partis de l’alliance présidentielle, sans doute missionnés par leurs directions, sont montés au créneau pour appeler le gouvernement à ne pas céder au «chantage» des grévistes. Les groupe parlementaires du  FLN, du RND, du TAJ,  du MPA et les indépendants ont dans un communiqué rendu public aujourd’hui réitéré leurs soutiens aux positions du gouvernement en estimant que «les mouvements qui secouent certains secteurs ont pris une orientation injustifiée, bien que l’exercice du droit syndical soit garanti par la Constitution».

Ils appellent également les grévistes à faire preuve de «sagesse, à mettre un terme à la grève ouverte, à rejoindre leurs postes, pour l’intérêt des élèves et des malades et, à faire prévaloir le dialogue pour la satisfaction de leurs revendications légitimes».

Comme on le voit bien, il y a une sorte de redéploiement des autorités et des forces qui gravitent autour d’elles dans le souci évident de reprendre la main, et pourquoi pas, amener les protestataires  à de meilleurs sentiments ou alors les discréditer aux yeux de l’opinion publique. Sans doute que le gouvernement s’est rendu compte qu’il s’est trompé de stratégie en envoyant seuls au charbon Benghabrit et Hasbellaoui qui ont échoué à gérer la situation. Mais la question reste entière : va-t- il réussir à éteindre ces foyers de tensions  qui sentent très mauvais ?  

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