Ferhat Mehenni persiste et signe pour sa force «secrète» de sécurité en Kabylie

 Ferhat Mehenni persiste et signe pour sa force «secrète» de sécurité en Kabylie
Par Rafik Benasseur | 12 Juin 2018 | 19:45

Le chef autoproclamé de ce qu’on appelle le Gouvernement Provisoire de Kabylie (GPK), Ferhat Mehenni, ne semble pas ébranlé par l’onde de choc provoquée par son appel à mettre en place une «force de contrainte» en remplacement de la police nationale en Kabylie.

Il est même allé loin cette fois-ci en expliquant que ce corps de sécurité allait être créé «secrètement» et agir aussi dans la clandestinité. Rien que cela ! Ferhat Mehenni était en effet revenu hier soir via la chaine de TV du MAK (Taqvatylit TV) sur son premier appel du 7 juin depuis Londres pour lever les équivoques.

En l’occurrence, le chef du MAK n’a pas laissé l’ombre d’un doute quant à ses intentions de foncer tête baissée quitte à ce qu’il y ait des exactions «inévitables», a-t-il reconnu lui même. Concrètement, Ferhat Mehenni  maintient donc son funeste projet d’armer des jeunes kabyles pour «assurer la dignité à nos villages».

Pour ce faire, il dit avoir créé une commission chargée de préparer les modalités de mise en sur pied de cette force de sécurité, qui prend les contours à la fois de la police, d’un service de renseignement voire d’une organisation terroriste.

En effet, le président du mouvement indépendantiste a expliqué que la mission de cette force de sécurité est de «protéger la population contre toute agression (...) et de toute incursion des forces de sécurité (Algérienne s’entend) dans nos villages pour interpeller les militants ou les sympathisants du MAK ».

Ferhat Mehenni s’est certes défendu d’avoir appelé les kabyles à prendre les armes. «Je n’ai pas appelé les Kabyles à prendre les armes. Je n’aurais pas eu peur de le dire. Mais je n’ai pas cette idée dans ma tête, ni celle de faire couler du sang. Pour que notre peuple et sa parole soient respectés, il faut qu’il y ait une autorité sur laquelle il doit s’appuyer.»

Mais pas pour longtemps a-t-il averti : «Si demain, il y a des troubles, nous aurons avec quoi nous défendre. Nous n’accepterons pas que nous soyons dominés par les islamistes ou par d’autres forces armées. Alors, nous nous préparons à cette situation dès maintenant, puisque l’embrasement de l’Algérie est inéluctable», a-t-il soutenu, reprenant à son compte la célèbre formule de feu Réda Malek sur le terrorisme «la peur doit changer de camp».

C’est dire, tout compte fait, que Ferhat Mehenni qui se pavane dans les salons de l’Occident et d'Israël, n’a pas vraiment renié son appel à  la jeunesse kabyle à prendre les armes. C’est juste qu’il a cette fois usé de circonvolutions ; bien que le caractère «clandestin» de sa force  de sécurité en dise long sur ses horribles intentions.

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