Election présidentielle : la semaine cruciale où tout se décidera

Election présidentielle : la semaine  cruciale où tout se décidera
Par Hakim Megatli | 10 Janvier 2019 | 14:39

Nous entrons aujourd’hui dans la semaine cruciale où tout devrait s’éclaircir s’agissant de l’élection présidentielle, sa date exacte et ses implications techniques et politiques.

Comme nous l'avions annoncé précédemment dans une de nos éditions, conformément à la Constitution, le premier magistrat du pays devrait en effet convoquer le corps électoral durant cette semaine. Il donnera ainsi le coup d’envoi du processus qui sera couronné au mois d’avril, par l’élection ou la réélection d’un président de la république.     

Théoriquement, cet acte constitutionnel devrait intervenir durant cette semaine considérant que le scrutin présidentiel est censé avoir lieu entre le 10 et le 19 avril prochain soit 90 jours avant.

Il se pourrait même que le président fasse coïncider symboliquement son appel solennel avec le nouvel an Amazigh, Yennayer 2969, qui sera célébré samedi. Qui sait ?

Quoi qu’il en soit, il semble acquis que les prochains jours seront décisifs. Et, premier «dommage» collatéral, l’histoire de la prétendue révision de la constitution ou encore de l’institution d’un poste de Vice-président, seront rangées dans la rubrique de simples faits …divertissants.

On saura alors avec une certitude mathématique que le calendrier électoral sera scrupuleusement respecté et que l’élection se déroulera bel et bien au mois d’avril. Et exit la prorogation du mandat présidentiel et son corollaire le report du scrutin.   

Cela offrira assurément plus de visibilités et fera tomber comme des fruits pas mûrs des «commérages» médiatiques qui échafaudent des scénarii, souvent invraisemblables, rarement sérieux et jamais sourcés.

Pour autant, on ne saura pas forcément si le président Bouteflika sera oui ou non partant pour un cinquième mandat.

 Le fin mot de l’histoire ou de l’Histoire

 La constitution ne l’oblige pas en effet à annoncer sa candidature aussitôt après la convocation du corps électoral. Il en aura encore un mois pour maintenir le suspense et déboussoler ses contempteurs.

Tout indique certes que le président Bouteflika est parti pour rester malgré son état de santé. Les violentes charges successives du MDN contre le général Ali Ghediri qui a osé lui «conseiller» de renoncer et les bombardements à l’artillerie lourde de Gaid Salah, prouvent que le 5ème mandat est dans les «tuyaux».

Et à ceux qui doutent encore, le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel  a rappelé mercredi devant des représentants de la communauté nationale établie au Danemark où il effectue une visite de travail, que l’Algérie est «un pays stable grâce au leadership clairvoyant du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika».

De fait, et à moins d’être de fieffés naïfs, ce sont là autant de messages subliminaux envoyés aux algériens, à savoir qu’on ne change pas un «président qui gagne» et que la «Istmrariya» (continuité) serait une suite «logique» avant qu’elle ne soit un «devoir moral».

Il va sans dire que les déclarations d’allégeance des partis politiques, des associations, des personnalités et sans doute après des présidents des clubs de foot, ne relèvent pas de la coquetterie politique.

Mais, parce qu‘il y aura toujours un mais, il reste toujours le scénario d’un message d’adieu du président Bouteflika.

Il est capable d’effectuer une double inauguration grandiose de la Grande Mosquée d’Alger et de la nouvelle aérogare et remercier le peuple pour sa confiance renouvelée, et s’offrir un retrait avec les grands honneurs.

Aussi improbable qu’elle puisse paraitre, cette hypothèse n’en est pas moins envisageable dans une perspective d’un choix personnel par le président Bouteflika de son successeur qui sera évidemment adoubé par les autres centres de décision.

Cette possibilité à l’avantage de mettre l’opposition et les candidats potentiels en mode veille au moins jusqu’au mois de février. Ils n’auront alors plus le temps de présenter un candidat crédible ou de peser sur la succession. Et le «système» réussira son coup…sans coup férir.

Attendons donc la fin de cette semaine où tout, ou presque, se décidera. Le président Bouteflika et son entourage sont plus que jamais maitres du jeu. Et, les «opposants» qui n’ont aucune prise sur les évènements, n’auront rien d‘autres à faire que de s’opposer par… des communiqués.   

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