Aid El Adha : Coronavirus, canicule, coupures d’électricité et d’eau au menu de la fête !

 Aid El Adha : Coronavirus, canicule, coupures d’électricité et d’eau au menu de la fête !
Par Nabil Semyane | 01 Aout 2020 | 14:35

Les algériens ont célébré hier l’Aid El Adha. Mais quelle célébration ! Bien singulière par rapport aux années précédentes. Car en plus du Coronavirus, qui s’est invité cette année et avec lequel les algériens commencent  à apprendre à vivre avec, la canicule était également au rendez-vous, vendredi.

Sur l’ensemble du territoire, le thermomètre est monté très haut et très vite, avec des pointes de chaleur  tutoyant les 43 degrés Celsius, au nord du pays. Quant au sud, c’est déjà l’enfer de Dieu, depuis plusieurs semaines.

 Et la vague va persister quelques jours encore, avertit samedi Météo Algérie,  qui parle de « plusieurs wilayas placées en vigilance orange ».

Comme si la pandémie et la chaleur suffocante n’étaient pas de trop, l’eau et l’électricité ont joué leur partition pour bien corser l’ambiance. La veille de l’Aid, plusieurs quartiers de la capitale ont connu des coupures d’électricité, provoquant un black out pendant une bonne partie de la nuit.

Colère des citoyens

Mais pas qu’à Alger et ses environs. Dans d’autres wilayas aussi, à en juger par la colère des citoyens qui a submergé la Toile. « La veille de l’Aid, ils coupent l’électricité, c’est criminel ! » , s’étrangle  Souhila, dans la wilaya de Chlef. "C'est totalement inconcevable" répond en écho Hamid de Annaba. Panne provoquée par la surconsommation, avec des climatiseurs qui ont tourné à plein régime, jeudi soir ou délestage volontaire  de la part de la Sonelgaz ?

 Les hypothèses ont foisonné sur Facebook. Mais pas un mot des responsables de Sonelgaz.

Dans plusieurs wilayas, l'eau a manqué aussi dans la nuit de jeudi et une bonne partie de vendredi. Les robinets ont déversé des quantités de vent, comme dans les années 80, une triste époque immortalisée à jamais  par le tube satirique « Dja Lma ! » qui promet de revenir au sommet du hit parade, cet été. Qu’à Dieu ne plaise !

Certes, comme promis, la veille, la SEAL a mobilisé sa flotte de camions citernes pour sillonner les quartiers de la capital et distribuer aux foyers le précieux liquide. C’est insuffisant. Mais c’est tout de même un acte à mettre au crédit du ministère des Ressources en Eau.

D’ailleurs, sur sa page Facebook, le ministre Arezki Berraki a « salué les travailleurs du secteur pour leur mobilisation », ajoutant qu’ « ils sont la fierté du pays ».

Le primat de la religion sur la science

Malgré ce cocktail : maladie, chaleur, panne sèche, les algériens, dans une large majorité, ont tué le mouton, la foi chevillée au cœur, ayant pris le dessus sur la crainte de chopper le virus. Finalement, les médecins qui ont appelé à faire l’impasse sur le sacrifice rituel, en souvenir de Sidna aIbrahim El Khalil, auront prêché dans le désert ! Le primat de la religion sur la science.

Ceci dit, le nombre de moutons tués est un peu moindre que par le passé, parole et foi d’un boucher algérois : « D’habitude, je mobilise jusqu’à cinq équipes pour la découpe et on commence de six heures du matin jusqu’à minuit, cette année, c’est un peu moins », s’exprime t-il samedi sur les ondes de la radio, précisant que le prix « est de 25.000  dinars pour un mouton moyen et 30.00 dinars pour une grosse bête », sauf que ces prix ne reflètent pas la réalité, car souvent les prix avaient dépassé largement ceux avancés par ce boucher .

Samedi, lendemain de l’Aid, l’heure est nettoyage et malgré  la pénurie d’eau, les traces de sang ont disparu du paysage alors que le chassé-croisé des véhicules de Netcom n’a pas cessé dans les avenues d’Alger depuis le lever du jour pour l’enlèvement  des ordures.

« En jour ordinaire on procède à  l’enlèvement d’une moyenne de 1.000 tonnes d’ordures par jour, mais à l’occasion des fêtes, ça passe du simple au triple, avec une moyenne de  3.000 tonnes/jour d’ordures à enlever », explique samedi sur les ondes de la radio nationale la directrice de l’information de Netcom qui déplore « l’incivisme des citoyens  qui  jettent anarchiquement leurs déchets un peu partout ».

La même responsable prévient que son entreprise « ne va pas traiter les toisons », comme par le passé.  Qu’en faire alors ? Pourtant dans certains pays ces toisons sont récupérées dans les tanneries pour leur laine et leur peau. Mais chez nous restent-t-ils des tanneries ?

L’Aid El Adha  2020 est  donc passé. Samedi est un autre jour. Reste à savoir si les algériens, au moment du sacrifice du mouton et lors de leurs déplacements familiaux,  ont bien ou mal  observé les mesures barrières. Réponse dans deux semaines maximum. C’est la période qu’il faut pour l’incubation du virus. En attendant, croisons les doigts ! 

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