Ahmed Ouyahia offre Fertial à Ali Haddad et le syndicat d’Asmidal monte au créneau

Ahmed Ouyahia offre Fertial à Ali Haddad et le syndicat d’Asmidal monte au créneau
Par Amel Benabi | 23 Septembre 2018 | 12:26

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a-t-il offert  à son ami Ali Haddad sur un plateau d’argent, Fertial, une  entreprise algéro-espagnole, appartenant à 60% à Villar Mir et 40%  à Asmidal spécialisée dans la production des engrais et des fertilisants et filiale de Sontrach ? Il y a tout lieu de le penser quand on examine la correspondance adressée au syndicat d’Asmidal que préside Smain Kouadria par le président du conseil d’administration de Fertial, Javier  Goni del Cacho, l’invitant à assister à la réunion devant statuter définitivement sur la cession des actions de «GVM» , c’est-à-dire les parts de l’Etat au profit du groupe ETRHB.

Selon cette missive envoyée depuis Madrid, Ali Haddad insiste pour que l’opération soit bouclée urgemment avant le 30 septembre 2018, c’est-à-dire dans une semaine. Le président du Conseil d’administration, l’espagnol  Javier Goni del Cacho, précise à ses interlocuteurs du syndicat que Ali Haddad a reçu de la part du Premier ministre Ahmed Ouyahia, la lettre de renoncement de l’Etat à exercer son droit de préemption le 27 août dernier. Un précieux document qui sera remis lors de la réunion du conseil d’admnistration, «séance tenante» lit-on.

Autrement dit, l’Etat renonce inexplicablement à son droit mais aussi devoir de racheter une entreprise solvable qu’il a pourtant redressée financièrement et rénovée ses équipements. C’est une décision assez bizarre de vendre à un privé une entreprise en bonne santé financière qui plus est, avec des risques d’avoir des licenciements à l’avenir.

Par ailleurs, le responsable du syndicat et député du Parti des Travailleurs (PT), Smain Kouadria, s’interroge sur la décision du Premier ministre d’offrir ce «cadeau»  à Ali Haddad alors que le président de la république «est seul habilité», d’après lui, à trancher sur les privatisations des entreprises publiques. Il en veut d’autant plus que le président Bouteflika avait invalidé la décision de la tripartite (gouvernement-patronat et UGTA) concernant le partenariat public-privé qui ouvrait la voie au bradage du patrimoine public de l’Etat au profit de «l’oligarchie».

Il y a lieu par ailleurs de souligner l’impatience curieuse de Ali Haddad à boucler la reprise de Fertial avant le 30 septembre. Il convient de noter que le gouvernement a souvent exercé son droit de préemption quand il s’agit des entreprises pérennes et parfois même de moindre importance comme ce fut le cas pour le rachat avorté d’Issad Rebrab de l’usine de production de pneumatiques du groupe francais Michelin. 

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