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Le FFS orphelin de son «zaim»

Le Front des Forces Socialistes (FFS) perd au fil des mois le grand capital sympathie dont il bénéficiait de la part de tous les observateurs politiques. Ce parti qui forçait le respect des partisans et des adversaires en raison de la constance de son discours et son refus de toute compromission, est plus que jamais émoussé.

Le FFS de «Dda Lho», ressemble aujourd’hui à une équipe de foot habituée à jouer les premiers rôles qui se retrouve à jouer pour éviter la relégation. Ironie du sort, le plus vieux parti d’opposition en Algérie n’a pu «survivre» politiquement à son chef charismatique, Hocine Ait Ahmed forcé par l’âge à se retirer de toute activité.

Pour avoir façonné ce parti à son image et son combat, Ait Ahmed a peut être condamné le FFS sinon à disparaître du moins à ne plus faire partie des formations politiques qui comptent en Algérie. Il était l’animateur par excellence du pluralisme politique en Algérie. Il symbolisait une opposition radicale dans sa vision mais profondément patriote dans sa portée. Le FFS et son zaim incontestable étaient quasiment devenus des mythes dans le paysage politique algérien.

Le démon du pouvoir devient ange

Son attitude intraitable vis-à-vis de toute compromission avec les régimes successifs lui a valu d’être assimilée à une véritable institution, voire une école pour qui voulait téter les mamelles de l’algérianité. Le slogan : «Une Algérie libre et heureuse», a fait du FFS un parti modèle et une école de formation de militants sincères absolument incorruptibles.

Mais les temps ont changé et le parti avec. Le grand zaim Hocine Ait Ahmed a pris des rides et son parti le FFS a pris un coup de vieux. En décidant de se retirer des affaires du parti durant le dernier congrès auquel il n’avait pas assisté, Ait Ahmed avait peut être signé ce jour là, la fin du FFS tel qu’on le connaissait. Plus rien ne sera comme avant. Le vieux front n’ayant plus les moyens de sa politique, fait de la politique selon ses moyens…

Présidentielle ? On verra !

Ne disposant pas d’une personnalité aussi charismatique que son illustre fondateur, le FFS navigue à vue au point de perdre sa boussole politique. Le fait est qu’il n’a même pas été capable d’élire un président pour remplacer Ait Ahmed, tant il n’ y a pas grand monde à l’avenue Souidaini Boudjemâa. On a alors opté pour, ironie de l’histoire, à la formule soviétique d’un présidium chargé de décider des orientations du parti. Et compte tenu des profils choisis pour cette structure qui sert de cabinet noir, le FFS peine à s’exprimer sur n’importe quelle question.

Pas facile en effet d’arriver à un consensus au sein de cette honorable présidence collégiale qui plus est, est composé de personnalités connues pour leurs mollesse à l’image de l’ex premier secrétaire Ali Laskri ou encore Mohand Amokrane Chérifi. On comprend mieux pourquoi le dernier conseil national du FFS a décidé de ne pas…décider de la position à adopter pour le prochaine présidentielle.

A la place, le conseil national du FFS à préféré botter en touche en donnant son feu vert pour la tenue d’une journée sur les transitions démocratiques le 18 janvier 2014 au siège national du parti, à Alger… Pendant ce temps, toute une fédération, (et quelle fédération celle de Bejaia !) a démissionné avec fracas pour protester contre la «désorientation» du parti.