Faut-il prêter au FMI ?

Par Khidr Ali | 23/04/2012 | 17:25

Le fonds monétaire international (FMI) a officiellement sollicité le soutien de l’Algérie au «renforcement de ses capacités de prêt» ou plus prosaïquement, l’aider à financer d’autres pays en crise. C’est le ministre des Finances M. Karim Djoudi qui en a fait l’annonce aujourd’hui. «La demande a été faite par le FMI à l’Algérie en tant que pays doté d’excédents financiers pour accroître les ressources de l’institution de Bretton Woods afin de lui permettre d’accorder des prêts aux pays qui en ont besoin».

Notre grand argentier qui a affiché un ton plutôt fier en annonçant la (mauvaise) nouvelle en marge de la réunion du FMI et de la Banque mondiale à Washington, n’a pas jugé utile de donner une réponse claire de l’Algérie à cette demande. Il s’est contenté de souligner que l’Algérie allait «étudier et évaluer les conditions dans lesquelles cette demande sera proposée dans les détails».

Pour Karim Djoudi l’Algérie «a besoin de savoir si le FMI envisage de réaliser cette opération de renforcement de ses capacités financières à partir de demandes de prêts ou de dépôts rémunérés, ainsi que le rendement qu’il compte proposer». Le ministre précise que «c’est à partir de ces conditions que nous donnerons la réponse. Pour le moment, nous ne disposons pas encore des éléments relatifs aux conditions de cette initiative propose par le FMI».

Mais tout en restant dans le vague et attendant les considérations techniques liées au retour sur investissements de cette l’opération, le ministre des finances a en réalité signifié un niet diplomatique au fond monétaire international.

Le oui, mais de l’Algérie

Il a en effet souligné que la gestion «prudente» des réserves algériennes de change qui culminent à 182,2 milliards de dollars repose sur trois critères à savoir : la préservation de la valeur du capital, la couverture contre les risques de change par le maintien notamment d’un portefeuille diversifié, et leurs liquidités, c’est-à-dire qu’elles peuvent être retirées à tout moment».

En d’autres termes, si l’offre de prêt du FMI ne satisfait pas à ces exigences prudentielles, le gouvernement algérien va sans doute opposer une fin de non recevoir. Pour autant, Karim Djoudi a annoncé que l’Algérie fera connaître sa position à cette demande avant la prochaine assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale, prévue en octobre à Tokyo.

Mais au-delà de ces exigences somme toutes techniques, l’Algérie a de sérieux motifs pour ne pas prêter de l’argent au FMI. Ces motifs sont à chercher sur le terrain diplomatique ou plus précisément géopolitique. Le fond monétaire international veut en effet emprunter chez les pays riche comme l’Algérie, pour renflouer les caisses vides de certains parmis les pays occidentaux dont les économies ont été foudroyées par la crise.

Les milliards de dollars algériens qui font saliver d’envie

Mais pire encore, les milliards de dollars qui seront récoltés auprès des pays débordant de liquidités comme l’Algérie va servir aussi et surtout à financer le «printemps arabe» et les autres opérations de déstabilisation de certains pays de la région MENA et de l’Afrique. De fait, les réserves de change algériennes seraient donc mises à contribution pour financer des opérations diplomatiquement impopulaires pour le gouvernement et le peuple algérien.

Cet argent pourrait même aider à financer les dissidences dans certains pays voire même la poursuite de la colonisation sauvage en Palestine. La quête du FMI est donc loin d’être une solidarité humanitaire pour quelques peuples affamés d’Afrique et d’ailleurs.

Tête de pont du capitalisme international, et chantre de la dérégulation, le FMI reste une institution redoutable dont les intérêts sont à des années lumière des intérêt des pays émergents comme l’Algérie. Passons sur le fait que la valeur de la rémunération de tels prêts est quasiment anecdotique par rapport à l’usage qui serait fait de cet argent. Signe que le FMI n’est qu’un club de riche, le G20 s’est engagé vendredi à Washington à lui accorder plus de 430 milliards de dollars de ressources supplémentaires.

Un fonds dont ces pays les plus riches au monde en tireront les principaux dividendes. Mais le matelas de devises amassé par l’Algérie qui lui permet de ne pas être à la merci des créanciers comme en 1994 avec le plan d’ajustement structurel que l’on sait, fait saliver d’envie. Dans son dernier rapport publié samedi, le FMI a estimé que l’Algérie clôturerait l’année 2012 avec des réserves de change officielles de 205,2 milliards de dollars. Une mauvaise publicité qui en dit long sur les desseins de ceux qui dictent les conduites à tenir dans cette institution.



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