Attentats de Bombay: Le Pakistan rejette les accusations de l’Inde
Le Pakistan a rejeté jeudi les récentes accusations de l’Inde selon lesquelles des acteurs étatiques pakistanais ont joué un rôle dans l’organisation des attentats de Bombay en 2008, qui firent 166 morts et provoquèrent le gel du processus de paix entre les deux pays.
Je rejette très fermement toute insinuation sur une implication des agences étatiques dans des actes terroristes en Inde, a déclaré le secrétaire pakistanais aux Affaires étrangères, Jalil Abbas Jilani, interrogé par des journalistes après des discussions avec son homologue indien, Ranjan Mathai.
Les deux hommes se sont rencontrés à New Delhi pour deux jours de discussions visant à poursuivre leur fragile dialogue de paix, timidement remis sur les rails en février 2011.
Ce n’est pas la première fois que l’Inde accuse le Pakistan d’avoir été impliqué dans ces sanglants attentats, perpétrés par un commando de dix hommes lourdement armés et basés au Pakistan. Mais l’arrestation le 21 juin d’un suspect présumé clé dans l’organisation des attentats a créé un nouveau climat de tension.
Le ministre indien de l’Intérieur, P. Chidambaram, a affirmé la semaine dernière que l’interrogatoire du suspect, Sayed Zabiuddin Ansari, un Indien membre du groupe islamiste basé au Pakistan Lashkar-e-Taïba (LeT), confirmait les accusations de l’Inde concernant une implication de l’Etat pakistanais.
Ansari, aussi connu sous le nom d’Abu Hamza, a reconnu avoir aidé à coordonner les attentats depuis un poste de commande situé à Karachi (sud du Pakistan). Pour l’Inde, ses aveux confirment l’implication d’éléments étatiques pakistanais.
M. Chidambaram a de nouveau assuré mercredi qu’il n’était plus possible de nier que même si les attentats se sont produits à Bombay, il y avait une salle de contrôle au Pakistan avant et pendant les attentats. Sans support de l’Etat, la salle de contrôle n’aurait pas pu être installée, a-t-il dit.
Les services de renseignement pakistanais (ISI) sont souvent accusés de collusion avec des groupes extrémistes islamistes tels que le LeT, voire de les instrumentaliser à des fins stratégiques. Le Pakistan, qui ne cesse de démentir ces allégations, a poursuivi en justice sept personnes pour leur rôle présumé dans les attentats, mais leurs procès, qui ont débuté en 2009, ont été maintes fois reportés.
Ranjan Mathai a de nouveau exhorté jeudi le Pakistan à traduire en justice les responsables des attentats, ce qui serait, a-t-il dit, la plus grande mesure entre toutes permettant de bâtir la confiance mutuelle. (AFP)
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