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L’histoire vraie de Salim Halali: Quand la Mosquée de Paris sauvait des juifs

C’est une page méconnue de la deuxième guerre mondiale. Une page aujourd’hui dévoilée par le film « Les Hommes libres » du réalisateur franco-marocain Ismael Ferroukhi avec les acteurs Tahar Rahim (Algérien) et Michael Lonsdale (Français) . Le long métrage raconte comment, pendant l’Occupation, la mosquée de Paris a sauvé de la déportation de nombreux juifs.

Younes est un jeune Algérien. En 1942, il vient travailler à Paris afin d’envoyer de l’argent au pays et décide de faire du marché noir. Mais un jour, il est arrêté par la police française. Les autorités lui proposent alors de conclure un marché : elles le laissent faire son petit commerce mais en échange il doit aller à la mosquée de Paris pour espionner. La police soupçonne le recteur Si Kaddour Ben Ghabrit, de délivrer de faux-papiers à des juifs et à des résistants. Younes accepte. Mais très vite, il se lie d’amitié avec un chanteur originaire de Souk Ahras, Salim Halali, juif en réalité.

Salim Halali avait la nostalgie de son pays

Le réalisateur Ismael Ferroukhi s’est emparé d’une histoire vraie, celle de Salim Halali. Afin de le sauver d’une mort certaine, la mosquée de Paris lui donna le nom de Salim Halali qu’il a fini par adopter définitivement. Simon Chamoun, de son vrai nom, fut un grand nom de la musique arabo-andalouse.

Mort en 2005 à Valauris, dans le sud de la France, Salim Halali s’était tout le long de ses dernières années confié à son médecin, le jeune docteur Abdallah Khémis originaire comme lui aussi de Souk Ahras, lui révélant une nostalgie douloureuse du pays qui n’a jamais cessé de se faire sentir.

Il a même confié à ce docteur qu’il avait fait don de tous ses droits d’auteur aux handicapés d’Algérie et offert à l’ambassade d’Algérie à Paris un tapis de « grande valeur » selon ses propres termes qui nous ont été rapportés par le docteur Abdallah Khémis. Ce médecin qui exerce à l’hôpital Larcher à Nice se pose encore des questions sur le devenir de ces dons.

Salim Halali a connu une grande carrière après-guerre, suscitant même, d’aucun disent, l’admiration de l’Egyptienne Oum Kalthoum. Mais le parcours de ce jeune artiste, sauvé de la déportation par de faux papiers faisant de lui un musulman, n’est pas le seul aspect réaliste du long-métrage.

Comment le recteur de la Mosquée de Paris a-t-il fourni de faux papiers aux juifs pendant l’Occupation? C’est le sujet d’un film, «Les Hommes libres»(en salles ce 28 septembre 2011).

S’inspirant d’un article du «Nouvel Observateur», Ismaël Ferroukhi a mis au jour, avec l’aide de l’historien Benjamin Stora, cette histoire gommée. C’est toute l’originalité de ce film sensible et courageux: s’inspirant d’événements authentiques, «les Hommes libres» retrace l’itinéraire de gens considérés comme des sous-humains. Ces travailleurs immigrés, souvent illettrés, toujours maltraités, constamment humiliés, ont eu une dignité que beaucoup de «bons Français» ont piétinée. Ils sont restés des hommes, simplement des hommes, mais hautement des hommes.