Alors qu'un conseil des ministres est convoqué pour demain jeudi, les responsables officiels font mine de s'ébrouer, de s'extirper de la léthargie imposée par les dernières émeutes.
Hormis le volubile ministre de l'intérieur qui s'est imposé porte-parole du gouvernement, un silence assourdissant a caractérisé la classe dirigeante qui a semblé tétanisée et incapable de prendre la moindre initiative.
Aujourd'hui, les présidents des deux chambres parlementaires sortent eux aussi de leur hibernation - volontaire ou contrainte - et se répandent en propos abscons enduits de miel. Le président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Ziari, a souligné "l'importance d'ouvrir des canaux de dialogue et de coordination effective etélargie en vue de rapprocher les points de vues dans le traitement des questions posées".
Vous n'avez pas tout compris? Attendez la suite. "La prise de conscience de l'importance du dialogue et de son impact positif sur le rapprochement des points de vuesdans le traitement des questions posées, nous incite à l'adopter en tant que démarche à suivre en toutes circonstances", a indiqué M. Ziari dans une allocution prononcée à la clôture des travaux de la session d'automne du Parlement.
Son alter ego le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, lui, a surpassé son collègue de l'APN en matière de langue de bois et de démagogie. On croirait lire une déclaration d'une kasma FLN des années 70 fustigeant l'impérialisme américain tout en demandant au peuple de resserrer les rangs et d'être vigilants.
Bensallah appelle l'ensemble des citoyens à faire face à toutes les m"anœuvres visant la stabilité du pays et sa dynamique de développement, soulignant la nécessité de tirer les enseignements des événements "que nous avons vécus et qui se passent autour de nous".
Evoquant les événements qui se sont produits en janvier dernier, bien évidemment avec un mois de retard, Bensalah a exhorté, dans cette allocution prononcée à la clôture de la session parlementaire d'automne, "les jeunes à éviter la destruction de ce qui a été bâti grâce à l'effort et aux sacrifices des algériennes et desalgériens", estimant que "le moment est plutôt à la construction et non à la destruction".
Il a, dans ce sens, appelé à "donner l'exemple" à travers "le resserrement des rangs, particulièrement en ce moment précis", pour "réaliser le progrès escompté et renforcer la stabilité du pays". Ouf c'est terminé.


