Les partis politiques dans leur quasi-totalité ont connu des dissidences internes au lendemain des élections législatives. Ambitions personnelles déçues, divergences idéologiques, manipulation des services : ce sont autant de ressorts de ces dissidences qui ont été mercredi soir au centre de la thématique des débats organisés en soirée de Ramadhan par le quotidien Algérie News.
Deux universitaires et deux chefs de partis politiques ont été invités pour débattre de la problématique. Les quatre intervenants sont d’accord pour affirmer que le phénomène n’a rien de particulier pour l’Algérie, le considérant comme le propre de toute la démocratie où le pluralisme politique est consacré et où les citoyens jouissant de leurs droits civiques ont la possibilité de créer des partis politiques.
Le politologue Abdelaziz Djerrad , qui minorise implicitement ces dissidences constate que l’identité partisane et idéologique de nos partis politiques n’est pas totalement établie. D’où selon lui les difficultés qu’il ya pour des universitaires à établir une classification. L’universitaire évoque aussi le déficit de crédit dont souffrent les partis politiques et "le regard ironique" que le citoyen porte sur eux.
Pour sa part, le sociologue Zoubir Arous a relevé qu’avant l’ouverture démocratique, il existait une sorte de rapport d’allégeance entre le chef du parti et les militants. L’ouverture politique et la fin de l’activité dans la clandestinité ont constitué un véritable appel d’air pour l’explosion du paysage politique qui ne cesse se s’élargir à mesure qu’il ya des dissidences organiques.
Djamal Ben Abdeslam, président du Front de l’Algérie Nouvelle, lui-même produit d’une dissidence contre Djaballah, trouve que ce sont les pratiques au sein des partis , notamment absence de débats, esprit de cour, tribalisme, qui poussent souvent certains cadres dirigeants à créer leur propore parti politique. Pour lui les dissidents se divisent en trois catégories : ceux qui créent leur partis, ceux qui renoncent définitivement à l’activité politique et ceux qui préfèrent s’accommoder de la situation interne au sein de leur formation.
Sofiane Djillali, président du nouveau parti Jil Djadid fait porter le chapeau de cette dissidence au pouvoir pour destabiliser les partis politiques, notamment ceux qui ne s’inscrivent pas dans son orbite.Il voit ausssi dans la fermeture du champ politique une autre bonne raison qui explique le phénomène des ruptures dans certains partis politiques. Pour autant, l’ex numéro deux du PRA reste assez optimiste en avançant que les nouvelles générations sauront dépasser ce qu’il qualifie d’ "obstacles", pour proposer des projets cohérents qui seraient des alternatives au pouvoir « biologiquement » parvenu à ses limites.


