Algérie 1

Icon Collap
...

Une nouvelle Assemblée pour de nouveaux défis politiques

12-05-2012 18:10  Abbès Zineb

La nouvelle Assemblée qui sera officiellement installée juste après la validation des résultats par le Conseil constitutionnel, désormais présidé par Tayeb Belaïz, aura une toute autre configuration comparée à la sortante. D’abord en termes de nombre de députés qui passera de 389 à 462.

Mais la nouveauté sera la présence féminine avec désormais 145 femmes, en vertu de la nouvelle loi qui impose aux partis un tiers de femmes. C’est une avancée considérable. Outre la composante humaine, il y a le rapport de force politique avec un glissement de force largement en faveur du courant nationaliste républicain dont la colonne vertébrale sera le FLN avec ses 220 sièges.

Avec les nombreux indépendants qui vont retrouver certainement la maison mère, le FLN pourrait largement avoir la majorité absolue de 232 députés pour gouverner seul. Mais ce ne semble pas être l’objectif de ce parti qui veut jouer au bon prince. Bien au contraire son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, avait appelé, juste après la proclamation des résultats  à une large coalition nationale au sein du gouvernement et du parlement.

La deuxième force politique, qui arrive très loin derrière, c’est le RND d’Ahmed Ouyahia dont le poids électoral s’érode de consultation en consultation. De parti avec une majorité absolue en 1997, date de sa création pour suppléer au FLN usé par l’exercice du pouvoir, il est réduit aujourd’hui à une force d’appoint avec 69 sièges.

Victoire du courant dit nationaliste démocrate

Ces deux formations, qui constituent les deux pieds du système, appartiennent au courant dit nationaliste démocrate. Ce courant a vu son poids se renforcer à la faveur de ces législatives. Car le FFS, comme le PT, comme le FNA de Moussa Touati et le MPA de Amara Benyounes se revendiquent eux aussi du courant nationaliste républicain.

« Même si je n’ai pas gagné beaucoup de sièges, je me félicite que les nationalistes républicains constituent la majorité écrasante de la future assemblée » , savourait vendredi Amara Benyounes sur la plateau de Nessma-TV. Et tous les autres petits partis et autres listes indépendantes font partie de ce courant nationaliste républicain, sur le plan des références idéologiques.

En définitive, cette nouvelle assemblée consacre de manière on ne peut plus éclatante la déroute des islamistes qui se retrouvent avec 59 sièges pour six formations politiques. Un score loin des prétentions d’Abou Djara qui se voyait durant la campagne électorale comme principale force politique pour permettre au « Printemps arabe » de fleurir aussi en Algérie.

Avec un tel résultat, les islamistes seront contraints eux aussi à servir de force d’appoint sans réel pouvoir. Et c’est important en prévision de la révision constitutionnelle qu’ils souhaitaient repeindre en vert. L’Alliance verte retournera t-elle au gouvernement d’union nationale, après que le MSP l’ait quitté (d’un pied seulement) pour rentrer tardivement dans l’opposition ?

Abou Djara, qui ne veut certainement pas rompre avec les privilèges du pouvoir, a laissé entendre un tel cas de figure. « Pour nous, la stabilité de l’Algérie est au dessus des calculs partisans » avait-il concédé lors de son passage sur Nessma TV. En somme une nouvelle Assemblée avec un nouveau rapport de forces pour de nouveaux défis politiques.

 

 



Voir tous les articles de la catégorie "Actualité"