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Sellal en diplomate à Malte pour se mesurer à François Hollande

02-10-2012 18:50  La rédaction

Le Premier ministre M. Abdelmalek Sellal va faire vendredi prochain à Malte ses premiers pas sur le terrain diplomatique, même s’il a déjà servi comme ambassadeur en Bulgarie. Et pour une première en tant que Premier ministre, M. Sellal hérite d’un gros morceau puisqu'il va trouver en face de lui le président français François Hollande.

A l’occasion de la réunion du sommet des 5+5 dans la capitale maltaise La Villette, qui regroupera les chefs d’Etats et de gouvernements d’Espagne, de France, d’Italie, de Malte, du Portugal + ceux d’Algérie, de Libye, du Maroc, de la Mauritanie et de la Tunisie, Abdelmalek Sellal de jouer dans une catégorie supérieure en tant que représentant du chef de l’Etat.

Et en marge de ce sommet, le Premier ministre aura lui aussi une rencontre au sommet avec le président français. Les sujets à aborder ne manquent pas pour ce tête-à-tête algéro-français.

A commencer par la visite prévue «avant la fin de l’année» de François Hollande en Algérie. Une visite qui porte le sceau de l’espoir puisque Hollande aura à cœur d’effacer le lourd héritage de son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui a plongé les relations entre Paris et Alger dans un profond coma durant son quinquennat. Un règne marqué des rapports souvent heurtés rarement apaisés avec l’Algérie.

François Hollande qui connait bien l’Algérie et comprend ses attentes, semble bien parti pour jeter de nouveaux jalons d’une coopération entre les deux pays fondés sur le respect mutuel et les intérêts bien compris de chacun.

Baptême de feu pour Sellal

Dans la lettre qu’il a adressé au président de la République à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, François Hollande a montré une nette disponibilité à rompre avec l’état d’esprit de son impopulaire prédécesseur. "Il y a place désormais pour un regard lucide et responsable de la France sur son passé colonial en Algérie, 50 ans après son indépendance".

Ou encore : «En ce 50ème anniversaire de la naissance de la République algérienne démocratique et populaire, les Français s'associent à l'émotion de tous les Algériens» écrit Hollande. Des paroles pleines de bon sens qui ont été bien accueillies par les Algériens habitués à recevoir des provocations de la part de Sarkozy.

Cette rencontre de Malte va donc servir d’ultime «round d’observation» pour Hollande avant d’effectuer sa visite dont le format pourrait être précisément arrêté (visite d’Etat, officielle…).

Le rendez-vous constitue la toute première rencontre entre le président français avec un haut responsable algérien. Et M. Sellal est sans doute porteur d’un message du président Bouteflika qu’il va transmettre à son homologue français.

Solder le (mauvais) compte de Sarkozy

François Hollande qui tient visiblement à réussir son «retour» à Alger en tant que président, a déjà envoyé plusieurs ministres pour déblayer le terrain des discussions et bien sûr tâter le terrain. Et à tout seigneur tout honneur, c’est à la franco-algérienne Yamina Benguigui, chargée de la francophonie qu’a échu l’honneur d’ouvrir ce bal diplomatique. Tout un symbole !

La ministre du commerce international, Nicole Bricq a marché récemment sur ses pas. Toutes les deux se sont extasiées sur ce qui rassemble les Algériens et les Français au-delà de leurs querelles mémorielles.

C’est apparemment le message que voudrait transmettre François Hollande qui entend normaliser ses relations avec un pays avec lequel il a des liens affectifs qu’il ne cache pas. C’est à ce titre qu’il tient à solder le (mauvais) compte de Sarkozy en venant en Algérie en ami et non pas en ennemi.

«J'ai bien entendu votre appel, le 8 mai dernier, à une lecture objective de l'histoire, loin des guerres de mémoire et des enjeux conjoncturels», a écrit François Hollande. Et d’ajouter que «Français et Algériens partagent une même responsabilité, celle de se dire la vérité».

Un message capté cinq sur cinq à Alger en attendant les actes. Mais Hollande a promis à Bouteflika dans sa lettre: «Nous aurons bientôt l'occasion de traiter ces sujets de vive voix». Vendredi prochain, il le fera en avant-première avec Abdelmalek Sellal.



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