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Retrait de Chadli Bendjedid de la scène politique : le témoignage de Miloud Brahimi

07-10-2012 17:13  Abbès Zineb

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur le retrait de Chadli Bendjedid  de la scène politique. «Coup d’état à blanc» ? Départ sous la contrainte des généraux ? Retrait volontaire ? Autant de pistes avancées.

Et en attendant la sortie en librairie des mémoires du président défunt, dans lesquelles les lecteurs trouveront certainement sa version des faits, l’avocat Miloud Brahimi lève un coin du voile sur les ressorts de ce départ, dans un témoignage livré aujourd’hui sur les ondes de la radio chaine III.

«Je crois que je suis la première personne à avoir revu le président après sa démission, deux mois plus tard. Il m'avait dit des choses qui se sont révélées justes par la suite", a-t-il témoigné. Et de poursuivre : "Au moment où l'on pensait qu'il avait été +débarqué+ par l'armée, il m'a dit qu'il avait démissionné de son propre chef", suite à l'interruption du processus électoral. Pour Me Brahimi, "Chadli ne voulait pas se déjuger et avait estimé devoir se retirer par devoir patriotique".

En effet, le président Chadli Bendjedid, initiateur du pluralisme politique, s’était engagé solennellement à respecter le verdict des urnes lors des législatives de 1991, sans jamais avoir pensé un instant que le FIS allait rafler la mise au premier tour. Il est vrai qu’avant de s’engager dans le processus électoral, les rapports des services de sécurité qui lui parvenaient étaient rassurants.

Surpris par l’issue de ce premier tour, il a préféré, ajoute encore Miloud Brahimi, se retirer plutôt que laisser se poursuivre une élection qu’une bonne partie de la société algérienne et les institutions de l’Etat, notamment l’armée, refusaient. "Il a assumé ses fonctions et sa mission de président de la République et n'était pas un politicien amoureux du pouvoir", rapporte encore Miloud Brahimi.

Ce dernier évoquera aussi l’intérêt de l’ex-président pour la question des droits de l’homme. "L'histoire retiendra que c'est sous l'ère de Chadli Bendjedid que les ligues des droits de l'homme, à commencer par celle que je présidais, ont commencé à être reconnues", a indiqué Me Brahimi, soulignant que l'ancien chef de l'Etat, était "extrêmement sensible à la question des droits de l'homme".

Au sujet des évènements d’octobre qui le pousseront a entreprendre une ouverture politique, avec la consécration du pluralisme dans la constitution de 1989, l’avocat rapporte aussi que Chadli était en désaccord avec ceux qui qualifiaient les douloureux évènements de «complot».

A la demande de la LADDH, dont il était le premier président, Brahimi révèle que le président Chadli avait procédé à "la libération de centaines, voire des milliers de jeunes arrêtées lors de ces évènements et qui allaient être jugés et condamnés à de lourdes peines de prison". Pour le président de la LADDH, "l'histoire retiendra que Chadli Bendjedid a été le premier chef d'Etat (algérien) à avoir condamné publiquement la torture car, il y a eu la torture pendant les évènements d'octobre".



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