La hache de guerre reste maîtresse des lieux au FLN où la direction actuelle, à sa tête Belkhadem, et les redresseurs conduits par l’intrépide Mohamed Seghir Kara, continuent de se crêper le chignon.
L’université d’été, ouverte lundi à Tipaza été l’occasion pour les frères ennemis de s’envoyer encore des mots doux. Les redresseurs qui ont cru comprendre que Belkhadem est tombé en disgrâce auprès de Bouteflika, après avoir perdu son titre de représentant personnel du chef de l’Etat ont cherché à lui porter l’estocade.
D’abord en lui faisant porter le chapeau de l’échec du FLN à avoir la haute main sur le gouvernement Sellal. Puis en essayant de provoquer une sorte d’effet boomerang de ses déclarations contre le général Khaled Nezzar. Certains journaux, au fait des coulisses du pouvoir, ont même rapporté que le président Bouteflika était "très irrité" par les déclarations de Belkhadem contre l’ex-homme fort de la grande muette.
Les redresseurs ont également sorti ce qu’il croient être l’arme de destruction massive, à savoir la liste des membres du CC qui ont décidé de rompre les ponts avec Belkhadem. Ce dernier, en animal politique rompu à la guerre des clans, a fait pendant quelques jours le dos rond, histoire de voir venir ses adversaires, avant de passer à la contre-offensive.
C’était à l’occasion de l’ouverture de cette université d’été où il a été tantôt menaçant, tantôt ironique avec ses adversaires. Même s’il s’est gardé de s’exprimer sur le revers du FLN dans la formation du gouvernement, en affirmant que c’est là une affaire du président de la République, il fait observer que le travail de l’exécutif est soumis au contrôle du législatif où le FLN est majoritaire.
Une façon pour le patron du FLN de dire à ses adversaires qu’en sa qualité de patron de la majorité parlementaire il peut à tout moment renverser la table.
Poursuivant sur sa lancée, il considère que ses adversaires ont échoué dans tous les combats qu’ils ont menés, en dépit des soutiens des médias et des chaines satellitaires.
"Ni pour les uns, ni contre les autres..."
C’est dans ce contexte de guerre des tranchées entre les deux parties qu’une nouvelle initiative de réconciliation vient d’être lancée. "Mouvement de la réconciliation et de la réforme" est son nom. Elle est portée par des membres du Comité central avec Ahmed Kada comme porte-parole. Ce dernier étant président des comités de soutien au président de la République.
"C’est une initiative de la base militante qui n’est ni pour les uns ni contre les autres ; son seul souci est de sortir le parti de la spirale des règlements de comptes qui menacent l’existence du parti".
Le mouvement de la réconciliation et de la réforme qui promet de donner plus de détails sur son initiative dans les jours qui viennent propose une sorte de trêve, le temps de permettre à la direction actuelle du parti de préparer les élections locales. Son communiqué dont Algérie 1 a obtenu une copie se veut aussi comme un appel "aux hommes sincères du parti pour intervenir et peser de leur poids pour sauver le FLN des affres de la division".
Sans être particulièrement tendres avec Belkhadem, les auteurs de l’initiative s’adressent à ses opposants en leur demandant de "mettre la main dans la main" pour renforcer les chances du parti à l’occasion des élections locales. Opposants conviés aussi à prendre part à la conférence des cadres du parti, qui se déroulera prochainement "à l’effet de déterminer la stratégie électorale du parti pour les élections locales".
Quelles sont les chances de voir cette énième tentative de réconciliation aboutir ? Très minces. Si Belkhadem ne se prononce pas, les redresseurs la rejettent d’ores et déjà , accusant ses animateurs d’appliquer "un agenda du SG du FLN". Alors, initiative mort-née ?


