Comme il fallait s’y attendre les partis islamistes, grands perdants des législatives du 10 mai ont sévèrement critiqué le rapport de la mission européenne d’observation.
Un mot revient comme un leitmotiv dans leurs déclarations au quotidien Al Khabar : « deal ». Entendre entre le pouvoir algérien et l’Union européenne.
Le porte parole du MSP, Farouk Tifour estime que « ce rapport a mélangé entre considérations politiques et intérêts économiques ». Ce dernier ajoute qu' "au sein de notre parti nous ne misons pas sur un rapport étranger pour juger du crédit des élections, c’est le peuple algérien qui donne la crédibilité ou pas à ces élections ».
Farouk Tifour poursuit sa critique, estimant que ce rapport « ne peut pas occulter des aspects négatifs qui ont émaillé ces élections ». Puis de rappeler qu’il y a eu un engagement de transparence et de régularité pour ces élections" mais nous avons découvert trop de failles dans la loi électorale qui ne traduit pas du coup la volonté du peuple algérien".
Même tonalité dans les propos de Mohamed Hadibi, le chargé de la communication d'Ennahda. "Le contenu du rapport était prévisible, il ne nous surprend pas car nous savons que les missions d’observations étrangères viennent avec des agendas qui leurs sont propres » dit-il.
Le rapport de la mission européenne d’observation "est basé sur les intérêts politiques et économiques des pays occidentaux et non sur l'évaluation des réalités politiques et économiques » ajoute M.Hadibi pour qui ce rapport constitue « un coup pour le changement démocratique en Algérie".
L’aisance financière de l’Algérie n’est pas étrangère à « la complaisance de ce rapport » poursuit le responsable d'Ennahda.
Djamal Ben Abdeslam, président d’ Al Djazaïr Al Djadida, un autre parti islamiste partage la même analyse. Pour nous, ce rapport est un non-événement et son contenu traduit un deal politique et économique entre l’Union européenne et les autorités algériennes".
Pour lui, "le pouvoir a échoué et cherche maintenant à imposer sa survie par des deals douteux à l’intérieur et à l’extérieur du pays". "La démocratie et les libertés en Algérie n’intéressent pas l’Union européenne qui cherche ses intérêts économiques" a-t-il ajouté.
Moussa Touati partage explicitement l’observation des partis islamistes en affirmant que « la crédibilité des élections, c’est le peuple qui la donne et non les observateurs du parlement européen qui a des intérêts économiques et tout ce que ce parlement dit de positif a une contrepartie économique".
Le RCD n’en pense pas moins. "Le parti maintient sa position et accuse l’Union européenne d’apporter de l’oxygène à un des régimes les plus fermés de la rive sud de la Méditerranée", estime le porte-parole de ce parti.
Finalement la seule appréciation positive du rapport de la MEO est celle du RND et cela va de soi. Pour le porte-parole Miloud Chorfi, le rapport "est un témoignage éclatant sur les efforts fournis par les autorités algériennes pour assurer une régularité et une transparence des élections, en vertu des engagements du président de la République".


