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Les gardes communaux se disent en sit-in ouvert

07-03-2011 16:26  Abbès Zineb

Environ deux mille  gardes communaux, venus de plusieurs wilayas ont réussi à passer les barrages filtrants, pour se regrouper lundi à Alger, en face du siège de l’Assemblée et dénoncer ce qu’ils qualifient d’ « ingratitude » des pouvoirs publics à leur égard et annonçant un sit-in ouvert jusqu'à satisfaction de leurs revendications socioprofessionnelles.

Dans une lettre adressée au président de la République, les protestataires demandent notamment une augmentation de salaires avec effet rétroactif à partir de 2008, à l'instar des autres corps de sécurité. Ils ont également exprimé leur refus de la décision du ministère de l'Intérieur et des collectivités locales concernant leur redéploiement, appelant à l'officialisation du corps et à la promulgation de son statut.

Ces gardes communaux, qui durant les années de violence terroristes ont été une force d’appoint aux services de sécurité dans la lutte contre le terrorisme dans les zones montagneuses et les villages situés en périphérie des villes sont venus exprimer leur rejet de la récente décision du ministère de l’intérieur de dissoudre leur corps au motif qu’il n’a plus sa raison d’exister, « dés lors que la sécurité est rétablie », selon les justifications du ministère de l’intérieur.

« Au moment où l’Algérie était en danger d’effondrement, nous avions répondu spontanément à l’appel du devoir pour combattre les terroristes dans les villages et protéger les populations civiles contre les exactions des groupes armés et maintenant on veut se débarrasser de nous comme des objets inutiles, se révolte Kaci Oulhadj, garde communal depuis 1997 à Bouira un des bastion du terrorisme, c’est du mépris pour la mémoire de nos collègues morts en combat et c’est de l’ingratitude à notre égard ».

Le rassemblement d’Alger, précédé par des actions de protestations au niveau local, se veut comme le point d’orgue de la mobilisation de ce corps composé de 93.000 membres selon les chiffres obtenus sur palce, sans compter les « Patriotes » et les Groupes de légitimes défenses (GLD), des civils en armes faisant office d’auxiliaires des troupes engagées dans la lutte contre le terrorisme. Depuis la mise sur pied de ce corps en 1994, en plein montée en puissance des actions terroristes sous l’égide du GIA, pas moins de 4.400 gardes communaux sont morts en combat, selon des chiffres non officiels recueillis sur le lieu de la manifestation.

A l’origine du coup de sang des gardes communaux, une décision du ministère de l’intérieur qui avait décidé le mois de décembre 2010 la dissolution du corps tout en proposant aux gardes communaux qui ont moins de 50 ans de se convertir en agents de sécurité dans les entreprises publiques, en agents d’entretient dans les entreprises locales et la retraite pour ceux qui ont plus de 50 ans. Les gardes communaux qui viennent de créer leur organisation, (Organisation nationale des combattants du terrorisme) refusent cette offre et revendiquent « une indemnité forfaitaire » pour l’ensemble des éléments du corps, une « retraite décente » pour ceux qui rendent leurs armes et des « emplois dignes » pour ceux qui ne sont pas en âge de prendre leur retraite.

Le ministère de l’intérieur Dahou Ould Kablia, après avoir reçu une délégation de gardes communaux, fin février, avait annoncé le « retrait provisoire » de son projet et donc la maintient du statut quo en attendant une solution définitive au problème qui constitue une sorte de mauvaise conscience pour les pouvoirs publics.



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