Les gardes communaux réclament un statut et une reconnaissance
«L’armée» bleue de la garde communale va monter demain dimanche vers le siège de la présidence de la république pour tenir un sit-in. Les Gardes communaux n’ont pas apprécié à leur juste valeur l’effort fait par les pouvoirs publics pour satisfaire leurs doléances, au demeurant très coûteuse, pour le trésor public. Après avoir imposé un rassemblement et un marche depuis la place des martyrs jusqu’au palais Zighoud Youcef (APN) le 7 mars dernier, les éléments de ce corps comptant prés de 100.000 agents ont décidé d’observer un sit-in demain devant la présidence.
Et ce n’est pas faute de n’avoir rien obtenu de la fameuse commission mixte de prise en charge de leurs revendications. Mais, apparemment, nos hommes en bleu veulent plus maintenant que l’Etat a délié les cordons de la bourse. «Toutes les mesures prises par cette commission à savoir le départ en retraite, les primes, les logements, et l’intégration du corps des gardes communaux ne nous ont pas convaincus », glisse un agent de ce corps sous le couvert de l’anonymat. Aussi notre agent précise que la commission leur a signifié que l’intégration du corps des gardes communaux dans les effectifs de l’armée relève «des prérogatives du Président de la République et du Premier ministre».
Mais en examinant les acquis sociaux de ce corps on se rend compte, qu’il n’ont pas été aussi lésé que cela. Loin s’en faut. A propos de la revendication portant sur le départ à la retraite anticipée, il a été décidé en effet que le garde communal doit être âgé de 45 ans et de cumuler 15 années de service, l’Etat se chargeant de lui ajouter cinq années. Suivant ce schéma, le garde communal devrait bénéficier de la retraite anticipée à hauteur de la moitié de son salaire. Cela étant dit, au-delà des acquis qui ne semblent pas trop les satisfaire, les gardes communaux n’apprécient pas non plus que la «carte» attestant que l’agent a lutté contre le terrorisme soit transformée en «simple certificat de gratitude». Au chapitre du logement, le département de Ould Kablia leur promis le règlement du problème par l’installation d’une «commission» au niveau de chaque wilaya.
Demander plus pour avoir moins…
Quand à la prime dite de «rendement» et la prime de risque, elles ont été augmentées à hauteur de 10% avec effet rétroactif à partir de 2008. Au volet disciplinaire, la commission mixte du ministère a rendu son verdict concernant les personnes radiées et qui sont passées devant la commission de discipline. C’est à la justice de trancher sur leur éventuel acquittement. Quant aux personne suspendues, la commission a jugé qu’elle ne pourra intervenir tant que les concernés ne seraient pas encore traduit devant la commission de discipline a été recommandée par la commission. Mais ces efforts des pouvoirs publics n’ont pas trouvé grâce aux yeux des gardes communaux qui promettent de rendre leur «réponse» devant la présidence. C’est donc un autre bras de fer qui se profile à l’horizon puisque ce corps ne compte pas baisser les bras. Il faut rappeler que Dahou Ould Kablia avait déclaré le 10 mars dernier que les autorités vont proposer «des solutions (…) à la hauteur des efforts et des sacrifices qu’ils ont consentis». Mais ces mesures pourtant non négligeables ne semblent pas emballer ces milliers d’agents qui réclament un «statut et une reconnaissance». Ainsi, après le rassemblement du 7 mars dernier devant l’APN en forçant même des cordons de police, les hommes bleus, veulent aller plus haut pour chercher une prise en charge totale de leurs doléances. Mais est ce possible ?


